La visite d’un ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères à l’île Maurice après 27 ans — la dernière visite de Michel Debré datant de 1969 et celle d’Alain Juppé de 1993 — a été plus que bénéfique pour la République. Jean-Yves Le Drian était à Maurice, jeudi, pour la signature de trois déclarations d’intention, nommément la création d’un réseau d’études françaises, l’aménagement d’une nouvelle piste d’atterrissage à Rodrigues et le développement de l’économie bleue. Sa venue s’inscrit dans un déplacement dans l’océan Indien comprenant Maurice, Madagascar et le Mozambique.

Une journée très chargée pour Jean-Yves Le Drian, qui a effectué sa toute première visite à Maurice. Après sa rencontre tôt le matin avec les dirigeants français et mauriciens d’entreprises, il était invité au Uniciti Hub à Pierrefonds. Une rencontre axée sur la création d’un réseau d’études françaises à Maurice, réunissant tous les représentants d’institutions publiques et privées du pays proposant des formations françaises. Une initiative qui s’inscrit dans le projet de faire de Maurice un “hub régional du savoir” et dans la même foulée d’attirer vers les institutions françaises un nouveau marché prometteur, celui de l’Asie. D’autant que les atouts linguistiques et sociopolitiques du pays demeurent des facteurs clés pour la réalisation et le succès de ce projet dans la région.

Jean-Yves Le Drian n’a pas caché son intérêt en écoutant les divers acteurs de l’enseignement supérieur à Maurice. “Je suis très heureux d’être avec vous et je suis très impressionné par ce que vous venez de présenter. La coopération universitaire et scientifique est un trait d’union indispensable et inestimable entre nos deux pays avec des projets de recherche en commun et avec la présence de nombreux étudiants mauriciens dans nos universités en France métropolitaine et à La Réunion.” Il a aussi rappelé que près de 450 étudiants mauriciens choisissent chaque année les universités françaises pour leur master ou doctorat, et que ces derniers “suscitent souvent le respect et l’admiration de leurs camarades et de leurs professeurs.”

“Projeter l’excellence de l’enseignement français”

Jean-Yves Le Drian a également rappelé les nombreux dispositifs de soutien mis en place par le gouvernement français pour accueillir les étudiants mauriciens, qui sont “les bienvenus. 35 Mauriciens bénéficient cette année de bourses du gouvernement français et 135 étudiants ont obtenu des bourses françaises diligentées par des universités, entre autres. Cela montre la dynamique qui existe entre universités françaises et mauriciennes.”

Jean-Yves Le Drian s’est aussi dit fier de voir que plusieurs établissements supérieurs français proposent désormais des formations et des diplômes en anglais et en français sur le sol mauricien. “Ce que vous voulons faire, et ce que nous faisons d’ailleurs en Tunisie, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, c’est projeter l’excellence de l’enseignement français au plus près des étudiants du continent Afrique. Pourquoi ? Pour promouvoir un certain modèle de formation intellectuelle et professionnelle dans lequel nous croyons et pour placer la jeunesse au centre de la relation nouvelle que nous voulons inventer avec l’Afrique. C’est le cadre fixé par le président Macron à Ouagadougou en 2017 et nous l’appliquons jusqu’ici dans l’océan indien. C’est un vrai changement de paradigme.”

Ainsi, grâce aux 60 cursus proposés par les 18 établissements français en partenariat avec huit institutions mauriciennes, ce réseau d’études qui est amené à s’épanouir s’aligne parfaitement avec l’objectif commun des gouvernements français et mauricien de faire de l’île un “hub régional pour la connaissance, grâce à ses atouts, dont le cadre bilingue, sa prospérité et sa stabilité.”

Attirer les                étudiants  indiens

Par ailleurs, Jean-Yves Le Drian a réitéré le souhait du gouvernement français d’attirer davantage d’étudiants indiens. “C’est un pari spectaculaire et innovant que nous lançons”, a-t-il dit. Selon lui, la création de ce campus France-Maurice est le “laboratoire d’une démarche globale d’investissement dans l’enseignement supérieur sur le continent africain que nous voulons initier”. La vice-Première ministre et ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Lutchoomun, a pour sa part rappelé les liens historiques entre les deux pays et a soutenu que ce nouveau réseau encouragera la recherche collaborative entre institutions. Elle a aussi souligné que cette initiative offrira une meilleure visibilité des institutions mauriciennes. “La mobilité des étudiants internationaux va s’accroître”, a-t-elle dit.

Thierry Sauzier, COO de Medine Ltd et du Uniciti Hub, a vivement salué la volonté des gouvernements français et mauricien de développer ce réseau et de continuer le rayonnement de l’excellence française. “Notre objectif principal a été de construire une ville autour de l’économie du savoir et plus particulièrement l’enseignement supérieur pour positionner l’île Maurice comme un pôle d’éducation. Aussi, les dividendes intellectuels de ce projet seront payés en Afrique et pour l’Afrique”, a-t-il dit. Expliquant comment est né le projet de Unicity Hub réunissant plusieurs grandes institutions françaises, Thierry Sauzier s’est dit fier d’avoir pu, avec le soutien du gouvernement, accueillir près de 300 étudiants depuis le démarrage du projet il y a trois ans. “À terme, nous espérons atteindre plus de 12 000 étudiants”, dit-il. Des étudiants bénéficiaires d’une formation d’excellence avec les compétences nécessaires pour “servir leur pays.”

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