Un protocole d’accord sur la formation et le développement de l’entrepreneuriat à Rodrigues a été signé hier entre l’Assemblée régionale et le ministère du Business, des Entreprises et des Coopératives, en présence du ministre de tutelle Jim Seetaram.
Pour le chef commissaire Serge Clair, ce protocole d’accord permettra de faire sortir les Rodriguais de la routine et de changer la « mentalité d’assistés » en vue de créer une révolution. Il a demandé à ne pas faire comme cette jeune universitaire qui lui avait déclaré : « Mo pa pou vinn Rodrigues pou vinn sal mo lame. »
Serge Clair a aussi souhaité qu’une branche de Rodrigues Trade and Marketing Ltd s’implante à Maurice afin qu’il y ait un stock des produits rodriguais dans les boutiques. Il a aussi annoncé que l’île se lancera dans l’élevage des vaches laitières et la production de fromage et de yaourt.
Selon Franchette Gaspard Pierre-Louis, chef commissaire adjointe et commissaire de l’entrepreneuriat, cet accord avec le ministère marque un grand pas dans la collaboration entre Maurice et Rodrigues. Elle a tenu à saluer la détermination et l’engagement du ministre Jim Seetaram envers l’île.
Mme Pierre-Louis a par ailleurs annoncé qu’une coopérative de jeunes a déjà été créée et que le gouvernement regional mettra à leur disposition des terres agricoles. La commissaire de l’entrepreneuriat a aussi fait état de la création de cinq sociétés coopératives regroupant 50 femmes. De même, elle souhaite que cet accord permettra la tenue de formation poussée à Rodrigues afin de favoriser une nouvelle génération d’entrepreneurs.
Franchette Gaspard Pierre-Louis dit constater une manque de personnes resources à Rodrigues. Une maison de l’entreprise sera créée dans l’île prochainement, a-t-elle précisé. Objectif : avoir un secteur privé solide et éviter la dépendance sur l’État et la migration vers Maurice.
D’autre part, Jim Seetaram a lors de sa mission effectué une visite à l’entreprise Limon d’Or à Maréchal. Il a ainsi appris que 60 % des 400 tonnes de limon produits chaque année se perdent car ils pourrissent. Il y a également l’exploitation des commerçants qui achètent des limons à un prix dérisoire. Un comité sera institué pour s’occuper de ce problème, a-t-il dit.
Le Limon d’Or regroupe une cinquantaine de femmes qui ont cessé de pêcher des ourites et se sont regroupées au sein de cinq coopératives. Le National Institute for Cooperative Entrepreneurship ouvrira par ailleurs prochainement une antenne à Maurice.