Le banquet d’État au Swami Vivekananda International Convention Centre à Pailles, offert lundi par le Premier ministre Navin Ramgoolam en l’honneur du président de la République de l’Inde Pranab Mukherjee, a été l’occasion pour les deux hommes de souligner les « liens uniques » entre l’Inde et Maurice. M. Mukherjee est l’invité d’honneur aux célébrations marquant les 45 ans de l’accession de Maurice à l’indépendance.
« Les liens qui unissent nos deux pays vont au-delà de la culture », a avancé Navin Ramgoolam dans son discours de circonstance lors du banquet d’État organisé lundi au Swami Vivekananda International Convention Centre à Pailles en l’honneur du président de l’Inde Pranab Mukherjee, invité d’honneur aux célébrations marquant les 45 ans de l’accession de Maurice à l’indépendance.
Pour prouver ses dires, le Premier ministre a d’abord évoqué la toute première visite du Mahatma Gandhi à Maurice au début du siècle, de retour d’Afrique du Sud et en route pour l’Inde. « Il a été si attristé par notre sort qu’il a envoyé un jeune avocat en la personne de Manilall Doctor pour nous apprendre à nous défendre », a-t-il raconté.
Autre évocation historique des relations entre l’Inde et Maurice, selon le Premier ministre : la décision de sir Seewoosagur Ramgoolam de choisir la date du 12 mars, jour du début de la Marche du Sel de Gandhi durant sa lutte contre les Britanniques, comme jour de l’accession de Maurice à l’indépendance. Il n’a pas manqué de rappeler les liens que SSR avait, durant ses années d’études à Londres, avec les tribuns indiens qui luttaient contre le colonialisme anglais. « Votre présence, aujourd’hui à Maurice, Excellence, est le renouvellement de ces relations incassables entre l’Inde et Maurice, car l’Inde a toujours soutenu Maurice dans sa lutte pour la liberté », a-t-il ajouté.
Les liens entre nos deux pays, a soutenu Navin Ramgoolam, vont au-delà de l’histoire : « Nous ne sommes pas unis uniquement par notre héritage commun, mais aussi par nos valeurs communes de liberté, de justice et d’égalité », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a promis en retour « l’indéfectible soutien » de Maurice à l’Inde, surtout dans le cadre de l’élection de la Grande péninsule à un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. « Il est inconcevable que la plus grande démocratie au monde n’ait pas un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Rien ne justifie une telle aberration. Ce qui est contraire aux principes démocratiques que l’Organisation des Nations unies représente », a-t-il soutenu.
Navin Ramgoolam a ensuite élaboré, entre autres, sur le soutien de l’Inde à Maurice dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime. « Nous partageons les préoccupations de l’Inde dans ces domaines ! », a-t-il souligné.
Prenant ensuite la parole, le président Mukherjee a abondé dans le même sens que le Premier ministre mauricien. « Maurice et l’Inde partagent une relation unique », a-t-il lancé.
S’il a évoqué les similitudes dans la lutte des deux pays pour leur indépendance, Pranab Mukherjee a insisté que celle-ci ne se faisait pas en isolation. « Notre lutte pour l’indépendance était liée à celle contre le colonialisme dans le monde entier », a-t-il affirmé. Et de rappeler que l’ancien Premier ministre Indira Gandhi a affirmé que cette lutte prendrait fin seulement quand les derniers vestiges du colonialisme auront disparu.
Le président indien n’a pas manqué non plus de rendre hommage aux tribuns et de rappeler ce qui unit les deux pays. Il a aussi évoqué les défis dans les relations Inde-Maurice : le commerce, le terrorisme, la piraterie maritime, les abus des droits humains, tout en parlant des avancées mutuelles dans l’avenir de l’éducation, des TICs, des énergies renouvelables et des échanges culturels, entre autres.
« Ce que Maurice a accompli en 45 d’indépendance est un exemple de la victoire des principes que l’Inde chérit : la démocratie, l’état de droit, la liberté d’expression, la tolérance, l’harmonie sociale et l’entrepreneuriat humain », s’est félicité Pranab Mukherjee.