Du 1er au 8 octobre s’est tenu un festival inédit à Antananarivo, Madagascar conjuguant deux manifestations : le « Labdihy », laboratoire d’écriture chorégraphique initiée en 2001 par le chorégraphe malgache Ariry de la compagnie « Rary » et le chorégraphe mauricien Jean-Renat Anamah de?la compagnie?DanseCité ; et le Festival de danse « Voambola, qui mêle danse contemporaine et urbaine. L’objectif étant d’améliorer le niveau des chorégraphes malgaches dans le domaine de la danse contemporaine (en favorisant les rencontres internationales) mais aussi de sensibiliser le public à la pratique de l’art. Lors de cette récente édition tenue à l’espace Fofikri, compagnies de danses, danseurs et chorégraphes professionnels malgaches et mauriciens, dont Ginaud?Nicolas?Clarice,?de?la compagnie?SR?Dance,?sélectionné pour?présenter ses projets artistiques et laisser?libre?cours?à?leur?talent.
Labdihnamy, qui signifie « laboratoire pour la danse »,?est?une?plateforme?de rencontres et d’échanges?chorégraphiques?pour les grands noms de la danse?contemporaine?de la Grande île et de?la?région?Océan?Indien.?Le?Festival?«Voambolana?-?Labdihy» a quant à lui été initié?par?deux?compagnies?de?danse?émérites malgaches:?la?compagnie?DihyArivelo?pour?«?Voambolana?»?et?la?compagnie?Rary?pour?«?Labdihy?».?Associer ces deux manifestations permet de joindre?leur?force?et?leur?créativité?pour?une?promotion?plus?épanouie?de?l’art?de?la?danse?auprès?d’un?plus?large public. Mais aussi dans l’optique?de?développer?et?d’enrichir?les?formes?chorégraphiques?existantes et de?pousser la recherche à son maximum, grâce aux expériences de chacun.
Cette année, lors de ce festival qui a créé l’émerveillement non seulement à?travers?la?danse, mais aussi à travers une?programmation?bien?garnie?où?exposition autour?de?la?danse?contemporaine,?spectacles?et conférences étaient?à?découvrir, Jean-Renat Anamah de?la compagnie?DanseCité a présenté la pièce chorégraphique « Hide & Seek », création déjà dévoilée à l’IFM de Madagascar en 2016. Les allures et gestuelles de « Hide & Seek » sont inspirées du séga. «Cela fait un moment déjà que je suis revenu aux sources dans mes recherches chorégraphiques, et cela tout naturellement, dû à mon appartenance culturelle. Le séga, notre héritage, n’a été que le moteur gestuel et philosophique de ma démarche. La danse contemporaine est un support au séga, elle lui donne une identité», dit le chorégraphe. Ainsi, depuis quatre ans, Jean-Renat Anamah mène ses recherches avec l’aide de Caroline Deodat qui fait une maîtrise en Lettre à Paris autour de l’histoire du séga. «Cette recherche n’a fait que s’agrandir par nombre de rencontres et d’expériences à Maurice et dans l’océan Indien», dit-il.
Ainsi, c’est lors d’un échange-workshop à Maurice que Jean-Renat Anamah décide de s’associer à la compagnie Rary pour créer le projet artistique « Labdihy ». «En juin 2017, j’ai reçu la compagnie « Rary  » à mon école pour un « échange -Workshop », qui a vu la sélection du danseur Ginaud Clarice pour m’accompagner à l’édition de Labdihy. Cette deuxième étape de Labdihy a été la suite du « Pont  » entre Maurice et Madagascar. En août 2016, j’avais été invité par la compagnie « Rary » à son festival de danse 3 2 1, où j’avais présenté mon solo « Les P’tites mains « mais aussi mené une cocréation avec 4 autres chorégraphes malgaches: Sai-h Raminasoa, Geraldine Leong Sang, Harivola Rakatondrasoa, Judith Olivia Manantenasoa. En trois jours a été mise sur la scène de L’IFM de Madagascar la création « Hide & Seek  » — dénonciation des fausses promesses du pouvoir envers les artistes», dit-il.
Un pont artistique entre les deux îles
À ses pairs, le Mauricien y a partagé ses expériences, tout en découvrant le niveau des autres danseurs. «Pour moi ce fut un gros challenge d’aller à la rencontre de ces magnifiques chorégraphes/danseurs emplis de qualités techniques et artistiques. Je devais nourrir davantage une création en recherche et animer des « Master-Classes ». Je me suis retrouvé engagé dans de la philosophie, réflexion poussée sur les divers éléments, propres à donner propos à une pièce dansée. Les quatre autres chorégraphes étaient débordants de pensées et d’outillages chorégraphiques et ont mis en exergue mes propres capacités. Je me suis surpassé dans des « Master-classes  » pour encadrer, donner utilité de mes qualités techniques à 40 danseurs professionnels.»
Aujourd’hui, cette expérience d’échange à Voambolana?-?Labdihy, a confirmé les motivations des artistes d’agrandir le pont artistique entre Maurice et Madagascar. L’enchaînement du « workshop- recherche autour du séga vers le contemporain » a déjà commencé à l’école de danse de Jean-Renat Anamat à Beau-Bassin avec Caroline Deodat avec comme accompagnateur musicien -Yoan Leste à la ravanne et percussion.