Le mauricien, Fabien Cornélius , 19 ans, a brillé lors des auditions à l’aveugle de la prestigieuse émission télévisée The Voice, version française , diffusée sur TF 1, hier soir, samedi. Lors de son interprétation parfaitement maîtrisée, il  a réussi à convaincre la chanteuse Jennifer de le choisir pour la prochaine étape. Nous le suivrons avec un grand  intérêt lors de sa prochaine prestation.
 
Scope lui avait consacré un article dans son édition du 20 août 2014 dont nous publions l’intégralité pour mieux le connaître.
 
À seulement 18 ans, il épate déjà avec sa maturité vocale et son affinité pour la musique soul. Ses deux récents clips Unaware et Let’s get it on, réalisés dans le cadre du concours de chant Imazik, font le buzz. Fabien Cornélius est l’une de ces petites perles locales, qui de temps en temps sortent de nulle part et nous en met plein les oreilles.
On a affaire à une voix qui se situe quelque part entre Marvin Gaye et Allen Stone. Il emprunta au premier son sens du groove et au second son teint de soul moderne. Bien qu’il ait l’air d’un nouveau venu, cet adolescent aux traits de jazzman américain des fifties a quelques cartouches en réserve. Depuis quelques années, Fabien publie en ligne des reprises qu’il enregistre dans sa chambre muni d’une vieille guitare sèche et d’une simple webcam. « Je reprenais des titres de Tairo en acoustique et les publiais sur Youtube. Je ne m’attendais pas à un tel succès en ligne, et les gens en redemandaient. Mais ça, c’était avant que je découvre cet univers magnifique qu’est la soul », explique le jeune chanteur.
 
Challenge
De son vrai nom Fabien Ramlinga, il s’est taillé une solide réputation dans les couloirs des collèges New Eton et La Confiance où il entame actuellement sa dernière année.« J’ai l’habitude de ne fréquenter que les grands. Même en forme 2, je m’associais souvent avec des élèves plus âgés. Ils emmenaient leurs guitares à l’école et je leur lançais à chaque fois des défis : m’accompagner sur tel ou tel morceau… jusqu’au jour où je me suis lancé le défi d’apprendre à jouer de cet instrument. » C’est ainsi qu’il s’inscrit pour des cours de guitare à l’école de musique Arpège et se fait connaître davantage dans son collège. « J’ai eu un petit avant-goût cruel du monde impitoyable de la musique assez tôt lors des premières Fêtes de la Musique. Si tu n’es pas excellent dès le départ, on ne te laisse pas chanter ». La roue a certainement tourné pour le jeune homme.
 
Réalisation
Son entrée à Arpège engendre d’autres opportunités, dont un passage à la Réunion pour un évènement de la CJSOI en 2010. « Je me souviens d’une conversation avec l’organisateur de l’évènement qui était présent. Je lui ai dit en plaisantant : quand jouerai-je sur une grande scène moi aussi ? Il m’a fait monter et c’était une des plus belles expériences que j’ai connues. » Sa carrière de chanteur prend un tournant lorsqu’il s’éloigne des morceaux dont il était si habitué pour une compétition organisée par Pepsi. « Il fallait que je quitte l’univers des chansons commerciales reggae ou RnB et que je découvre d’autres horizons. » C’est alors qu’il a un coup de coeur pour les légendes comme Nina Simone, Seal, Stevie Wonder et Marvin Gaye. « Moi qui voulais me parfaire à la guitare, je me suis retrouvé à étaler mes talents de chanteur », rigole Fabien.
 
Making of
Après quelques prestations dans des concerts de fancy-fairs et d’autres petites scènes, Fabien rêve alors de réaliser une vidéo professionnelle. C’est grâce à une connaissance de longue date chez ImaFilm Productions qu’il obtiendra la possibilité de le faire. « On a parlé, ils ont visionné mes clips en ligne, et ont accepté de faire une vidéo live . C’est ainsi que l’idée de promouvoir d’autres artistes à travers un concours leur est venue. » À peine quelques heures après la mise en ligne, la vidéo de Fabien reprenant Unaware d’Allen Stone fait fureur. « Je peux dire que pour la première fois, j’ai eu le tracte. Les multiples prises et les projecteurs, c’est un autre niveau. Loin de mes délires amateurs « , admet-il. Suivant le succès de la première vidéo, on lui propose d’en faire une deuxième, également un carton, et puis une troisième qui sera bientôt dévoilée. Une nouvelle star est née.
 
…Not for applause
Au fil des années, Fabien fut approché par plusieurs groupes, et quelques boîtes de production, mais il n’a jamais voulu se faire de l’argent à travers la musique. Son motto : « Play for a cause, not for applause » (jouer pour une cause et non pour la gloire). « La seule fois où j’ai joué pour des sous, c’était lors d’une collecte de fonds dans l’enceinte du collège. Des petits nouveaux étaient les seuls à déposer des sous dans ma casquette mais je n’allais pas prendre leur argent de poche quand même ! «  Son but ultime est de pouvoir un jour faire un mélange entre la musique orientale et la soul : aller un peu plus loin que ce que fait Triton, son idole locale. « J’ai toujours eu peur de présenter mes compositions originales. Il y a du travail à faire au niveau de mes textes, je n’ai pas l’intention de faire des reprises éternellement. »
 
Priorités
« Mo mama fini dir mwa : pa krwar akoz to p vinn popiler to pou kontign fer klip avan lexamin HSC ! « ,rigole Fabien. S’il y a quelqu’un à qui la nouvelle star ne peut dire non, c’est bien sa mère. Vivant sous le toit de cette dernière avec son frère à Plaisance, Fabien doit constamment jongler entre études et musique. « Évidemment, ma mère ira voir mes vidéos et me félicitera : pas trop, mais juste assez pour que je garde les pieds sur terre. Car depuis que mon père nous a quittés, elle a toujours assumé les rôles des deux parents, et je ne veux pas la décevoir. C’est un peu pourquoi je ne me suis pas investi à cent pour cent dans la musique jusqu’à présent. » On ne peut cependant pas échapper à sa destinée et celle de Fabien semble déjà tracée. En attendant, le public peut découvrir et apprécier ce jeune talent sorti de nulle part via la page Facebook : fabien.cornelius.