La situation est devenue chaotique dans le secteur de la vente des voitures reconditionnées. Afin d’assainir une situation qui perdure depuis quelque temps, de nouvelles mesures seront bientôt mises en vigueur pour stopper les mauvaises pratiques.
Le ministère de l’Industrie met les bouchées doubles suite aux nombreux cas rapportés par le public concernant l’achat des voitures de seconde main. Après des consultations avec ceux concernés lors d’un point de presse tenu vendredi après-midi à son bureau, le ministre de l’Industrie, Ashit Gungah, a annoncé cinq mesures à partir du 1er juillet prochain. Pour que ces mesures soient imposées, des amendements de la Consumer Protection Control Of Imports Regulations Act de 1999 et de l’Importation of Sale of Second Hand Vehicle Regulation de 2004 seront revus. Dorénavant, tous les numéros de châssis devront être au complet et le Vehicle Identification Number (VIN) permettra à tout propriétaire de voiture d’avoir l’historique de son véhicule. Ashit Gungah devait faire part de ses inquiétudes concernant les numéros de châssis incomplets pour les véhicules de seconde main.
Les Auction Sheets devront désormais être en anglais, tout comme le grading. Ce grading, selon le ministre, doit également figurer sur le Preshipment Inspection Certificate (PSI). Pour Ashit Gungah, il était obligatoire de prendre des mesures strictes pour qu’il y ait un meilleur contrôle de la situation. Parmi les autres mesures radicales, est inclus le fait qu’aucun nouveau permis ne sera délivré aux nouveaux importateurs de véhicules pour les deux ans à venir au minimum. Actuellement, 91 entreprises importent des véhicules et elles sont obligées d’importer au moins dix véhicules par an. Leurs garanties bancaires passent de Rs 2 millions à Rs 5 millions.
Une période moratoire de six mois est donnée aux importateurs avant que les nouveaux règlements ne se soient effectifs. Le premier changement qu’apporte le ministère concerne le nombre d’années du véhicule. « Nous révisons l’âge maximal de tous les véhicules importés, pour la sécurité et le confort des utilisateurs », indique le ministre. Désormais, les importateurs devront uniquement importer des voitures et des dual purpose vehicles âgés de 18 mois à trois ans. Le first registration des vans et des autobus ne devra pas dépasser trois ans, contre cinq ans et huit ans respectivement dans le passé. Les autres véhicules transportant des marchandises, eux, ne devront pas dépasser cinq ans. S’agissant des motocyclettes, aucun changement n’est prévu pour leur importation.
Les agences d’inspection, qui ont la responsabilité de livrer un PSI pour indiquer la provenance des véhicules, devront signer un accord avec le ministère de l’Industrie pour que des informations authentiques soient données. « Au cas contraire, elles seront radiées de la liste des agences d’inspection », annonce le ministre. Ces agences devront aussi soumettre une garantie bancaire de USD 100 000 en faveur du gouvernement mauricien. Cette somme, dit Ashit Gungah, permettra de prendre les actions nécessaires dans le cas où les agences commettraient une erreur. Le ministre avance que pour donner plus de satisfaction aux clients, d’autres certificats seront maintenant demandés, notamment un Road Worthiness Certificate ainsi qu’un historique complet du véhicule depuis sa mise en route. Les importateurs devront aussi produire des certificats authentiques pour prouver la provenance des véhicules.
La garantie offerte sur les véhicules de seconde main par les importateurs, elle, passe désormais de six mois à un an. Concernant les pièces détachées, les importateurs seront obligés de déclarer leur temps de garantie. Dans la même veine, désormais les importateurs devront offrir un service après-vente et auront à soit posséder un garage, soit s’affilier à un. Une fois les amendements aux lois appliqués, une personne désirant acquérir un véhicule devra obligatoirement passer par un importateur enregistré au ministère de l’Industrie.
Cette kyrielle de mesures s’annonce de bon aloi pour le public car une récente enquête du ministère a démontré une cinquantaine de plaintes venant de personnes ayant eu recours à un opérateur ou importateur de voitures.