Poursuivi en Cour intermédiaire, devant le magistrat Azam Neerooa, pour vol avec violence sur la personne de Ravi Munuruth et possession de biens obtenus illégalement, Stéphano Aza a été acquitté. Lors de son arrestation de l’accusé, il avait été identifié par la victime de par sa taille, une preuve que le magistrat a trouvé peu fiable pour pouvoir le condamner.
Stéphano Aza était accusé de « Larceny whilst being armed with an offensive weapon under count 1 in breach of section 301 (1) and 305 (1) (a) of the Criminal Code as well as with “Possession of property obtained unlawfully” as alternative count under count 2 in breach of sections 40, 301 (1) and 305 (1) (a) of the Criminal Code ». Il avait plaidé non-coupable. Les faits se seraient produits le 18 octobre 2011, à la route Royale à Beau-Bassin. Ravi Munuruth, accompagné d’un helper, devait se rendre à une boutique pour délivrer des produits laitiers. Alors qu’il quittait la boutique après la livraison, un homme qui portait un casque intégral l’a poussé à l’intérieur de la boutique pour lui demander son argent. Ravi Munuruth ayant refusé d’obtempérer, l’agresseur lui a asséné des coups sur le dos avec la partie plate d’un sabre. Ravi Munuruth a soutenu qu’il a alors remis au malfrat l’argent qui se trouvait dans sa poche, un total de Rs 11 155. L’agresseur a ensuite accompagné sa victime près de son camion pour voir s’il n’avait pas un coffre-fort avec de l’argent. Voyant qu’il n’y avait rien, le voleur a alors pris la fuite sur sa motocyclette.
La victime a déclaré en cour que son helper et le boutiquier étaient présents lors du vol et que le boutiquier a crié « au voleur », ce qui a fait fuir l’agresseur. Ravi Munuruth a affirmé qu’il a identifié l’accusé le 29 novembre 2011 à la CID de Beau-Bassin et devait soutenir en cour que c’était bien la même personne. Cependant, le magistrat a relevé que la victime a affirmé en cour que le voleur portait un casque intégral, qui veut dire que ni lui ni les témoins n’ont pu voir son visage. Ravi Munuruth devait alors soutenir en cour qu’il a identifié l’accusé en se souvenant de sa taille, car il n’avait effectivement pu voir son visage. Lors de la parade d’identification, la victime a déclaré « mais sa dimounn la paret » en prenant en compte la taille de l’homme, qui selon lui était la même que celle de celui qui l’avait agressé et volé son argent. L’accusé a pour sa part nié avoir commis ce délit en déclarant qu’il était chez lui au moment des faits.
Le magistrat Neerooa devait alors se pencher sur la parade d’identification, la seule preuve de la poursuite, afin de donner son verdict. Il a trouvé que cet exercice comportait plusieurs lacunes et observe que les mots avancés par la victime lors de l’identification étaient « ambigus ». Ce dernier a déclaré « sa dimounn la paret » et a indiqué que selon lui cela voulait dire « li mem sa », mais le magistrat ne partage pas cet avis. Ce dernier a noté les doutes montrés par le boutiquier et le helper concernant l’identité du voleur et a trouvé que l’exercice d’identification est « potentially highly unsafe, unreliable and insecure ». Il a ainsi décidé d’acquitter Stéphano Aza.