Photo d'illustration

La sentinelle qui s’est fait dérober son revolver de service alors qu’elle assurait la garde au domicile du vice-président de la République, Eddy Boissézon, dans la nuit de dimanche à lundi est revenue sur sa déposition initiale. L’officier avance en effet qu’il « se reposait » dans sa voiture lorsque deux malfrats l’ont attaqué. Ce constable, qui compte une vingtaine d’années de service au sein de la police, a ainsi indiqué qu’il aurait pris place sur le siège avant de sa voiture et avait laissé les fenêtres ouvertes. A un moment donné, il se serait assoupi et c’est alors que les voleurs auraient ouvert la portière et l’auraient roué de coups avant de lui voler l’arme à feu, chargé de cinq balles.

Le policier dit avoir été « surpris » par cette attaque, laquelle aurait duré selon lui moins d’une minute. Et d’ajouter que comme il faisait noir, il n’aura pu se défendre correctement. Quoi qu’il en soit, les deux hommes ont ensuite pris la fuite alors que la sentinelle tentait d’appeler des secours.

Le policier a participé à un exercice de reconstitution des faits mardi, où il a expliqué aux enquêteurs de la CID de la Western Division les différentes étapes du vol. Pour rappel, dans sa déposition initiale, l’homme avait allégué que les individus l’avaient agressé alors qu’il avait le dos tourné. Version qu’il dit aujourd’hui avoir donnée par peur de faire l’objet de sanctions disciplinaires car, selon les procédures, il devait se trouver dans la cour du vice-président de la République, et non dans son véhicule. Et de préciser avoir choisi de rester dans sa voiture car craignant « d’attraper le coronavirus », les lieux étant fréquentés par d’autres policiers de garde.

Ses explications n’ont toutefois pas totalement convaincu les policiers en charge de l’enquête. Ces derniers ont ainsi décidé de fouiller la maison de l’officier de police, sans rien retrouvé de suspect. Ils ont également visionné les caméras de surveillance du voisinage, de même que celles de la Safe City. Là encore sans résultat, la CID ne relevant aucune présence le 13 avril vers 2h45, soit peu après l’heure du vol. Autre fait étrange : les images des caméras n’auront pas non plus révélé d’activité suspecte rue Farquhar, où réside Eddy Boissézon, pas plus que dans les principales artères de Quatre-Bornes, et alors que la sentinelle a déclaré que les voleurs, qui étaient cagoulés, avaient pris la fuite à pied.
Les enquêteurs ont aussi relevé d’autres faits troublants, comme le fait que seul le revolver de service du constable a été dérobé, alors que ce dernier avait aussi de l’argent et un téléphone portable. Sans compter que le policier de garde a été incapable de donner une bonne description physique de ses assaillants et qu’il ne portait aucune blessure externe, alors qu’il affirme avoir reçu « un violent coup » à la tête. Seul point concordant : le fait que le Scene of Crime Office ait prélevé des morceaux de vitres brisées dans sa voiture, ce qui confirmerait ainsi l’hypothèse qu’il aurait bien été attaqué.

A ce stade, le policier de garde ce jour-là n’a pas été inquiété. La CID compte néanmoins l’interroger de nouveau prochainement. Entre-temps, des récidivistes de la région de Quatre-Bornes ont été entendus. Mais tous avaient des alibis solides pour la nuit de dimanche à lundi.