L’ancien président de l’Association mauricienne de Volley-Ball (AMVB), Bharun Teeroovengadum, a rencontré la presse vendredi à l’hôtel St-Georges pour continuer son combat contre les dirigeants de la fédération et dénoncer les irrégularités qui portent préjudice au bon déroulement de la discipline. Après une période de trêve suite à une demande du ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden, l’ex-président de l’AMVB reprend son bâton de pèlerin pour réclamer que justice soit faite, lui qui était accompagné pour l’occasion de l’ancien entraîneur national et coach de l’Union 79 de Curepipe, Mario Lepois.
« Je tiens à lancer un appel à tous les clubs, entraîneurs et joueurs, qui ont envie de me rejoindre dans ma lutte contre les dirigeants de l’AMVB. Ils sont les bienvenus à ma cause », a lancé l’ex-président de l’AMVB avant de rentrer dans le vif du sujet. « Le ministre Yogida Sawmynaden m’avait demandé de faire une trêve pendant la période des Jeux des Îles de l’Océan Indien et qu’après ce rendez-vous, il allait mettre de l’ordre au sein de la fédération. Donc, je me suis mis en retrait. Maintenant, je reprends mon bâton de pèlerin », a-t-il fait ressortir. Ce dernier a d’ailleurs rencontré le Senior Advisor du ministre, Hansley Jules, qui a été selon ses dires « très à l’écoute. Je lui ai fait part de la situation et il m’a donné la garantie qu’il allait revenir vers moi et qu’il en fera part à son ministre. C’était une rencontre positive ».
Mario Lepois a d’ailleurs donné un avant-goût de ce qui lui était arrivé, évoquant la disqualification de son club, l’Union 79 qui était alors présidée par Kaysee Teeroovengadum. « J’ai été entraîneur de la sélection nationale féminine lors des JIOI de 2003 à Maurice et aussi le club de l’Union 79 pendant 8 ans. Mais mon parcours a connu un dénouement précipité avec la venue à la présidence de Kaysee (Teeroovengadum) qui a disqualifié mon équipe de l’Union par rapport à un problème de Registrar sur une année. En voulant être trop honnête, j’ai apporté la copie du nouvel enregistrement. Lorsqu’ils ont constaté que j’avais perdu l’ancienne copie, ils m’ont alors fait part que malheureusement mon équipe était disqualifiée. Une jeune équipe prometteuse, qui faisait partie des meilleures a ainsi été dissoute. Je me suis alors mis en retrait et depuis que Bharun Teeroovengadum lutte contre les irrégularités de l’AMVB, je me suis joint à sa cause car il faut maintenant modifier les chses pour que le monde du volley-ball se réveille »,  a-t-il souligné.
Bharun Teeroovengadum a d’ailleurs fait un parralèle avec le club de Camp Ithier Volley-Ball Club, champion de Maurice. « Le comité directeur de l’AMVB qui contient presque les mêmes dirigeants qui sont là aujourd’hui avaient sanctionné l’Union 79. C’est la même histoire qui s’est produit avec Camp Ithier. Et quand j’en ai fait part au comité concernant l’équipe de l’Est de l’île, ils m’ont tout simplement balancé, Camp Ithier , c’est NOU DIMOUNE. FODÉ PAS TOUSS LI. J’ai d’ailleurs fait comprendre que j’étais à la présidence pour le bien-être de tous les clubs, non pas pour une équipe uniquement ou une catégorie de personnes », a précisé Bharun Teeroovengadum. Ce dernier ajoute, « Suite à ce problème, j’ai donné une déposition à la CCID (255/15) en présence de mon avocat il y a de cela 6 mois. Mais le plus troublant dans cette affaire est que le club flacquois joue toujours en championnat, continue de recevoir de l’argent des sponsors et je vais le redire haut et fort; Ce club a commis pleins de choses illégales avec la bénédiction de l’AMVB ». C’est dans cette optique que Bharun Teeroovengadum ira voir le commissaire de police pour enclencher la machine.
L’affaire Goodlands Youngstars VBC, jamais 2 sans 3
L’ancien président de l’AMVB est aussi revenu sur le cas de Goodlands Youngstars VBC. « Une équipe de 2e division masculine décide de mettre sur pied une formation féminine en prenant 7 meilleures joueuses du Curepipe Starlight SC (championne de Maurice de la saison dernière). C’est illégal. Certains ne connaissent peut-être pas ce qu’on appelle les procédures de transferts. Une loi qui gère les clubs stipule qu’il y a une période définie, une date limite quand les transferts peuvent avoir lieu. Un club n’a pas le droit de perdre plus de 2 joueurs. Aujourd’hui, nous trouvons que Goodlands a pris 7 joueurs venant d’un seul club. Je me suis rendu au Registrar of Associations (RoA) et j’ai appris que le club n’avait pas été enregistré. Au fait, je voulais prendre des renseignements sur l’Entente Sportive de Goodlands également. Les deux ne sont pas enregistrées. J’en ai d’ailleurs informé les clubs. Si moi, qui suis en dehors de la fédération, a eu vent de cette information, et que Guito Lepoigneur, entraîneur de l’équipe féminine d’Azur SC a protesté lors du premier match, l’AMVB se devait alors de réagir mais pourquoi ne l’ont-il pas fait ? », s’est-il interrogé avant de poursuivre encore une fois que l’équipe nordiste bénéficie du soutien indéfectible de la fédération. « Fayzal Bundhun, président l’AMVB, Kaysee Teeroovengadum (secrétaire) et Jean-Michel Dedans (trésorier) ont toléré ses méfaits », a précisé Bharun Teeroovengadum.
Il soutient, « Avec ce régime qui existe, aucun club n’est à l’abri d’être dissous et si la fédération a envie de former un club, elle se donnera les pleins pouvoirs. C’est ainsi qu’une lettre de protestation a été écrite par la joueuse Cristelle Parsooramen, du Quatre-Bornes VBC à l’AMVB pour protester contre Goodlands Young Stars après avoir eu confirmation du RoA que le club n’était pas enregistré. C’est suite à cela  que j’ai appris que l’AMVB a sollicité un avis légal avant de confirmer la sanction. »
African Dream Project : Des promesses pas respectées
Bharun Teeroovengadum est aussi revenu sur le fait que l’actuel comité directeur de l’AMVB est illégal. « D’après les règlements, 5 membres doivent faire partie du Quorum et 11 doivent être élus au sein du comité directeur, non 13 ou 15. Mon élection en tant que président en 2012 était illégale mais celle de Fayzal Bundhun l’est aussi. L’Assemblée générale annuelle ayant eu lieu au mois de mars est tout aussi illégale puisque l’AG avait été convoquée à l’hôtel Gold Crest, à Quatre-Bornes mais qui devait initialement se tenir au siège de la fédération à Vacoas. On m’avait empêché d’y participer. Je me demande s’il y avait un quorum ce jour-là », a-t-il spécifié.
African Dream Project fait d’ailleurs partie des promesses non-respectées selon Bharun Teeroovengadum. « C’est Fayzal Bundhun qui a été nommé directeur de ce projet et l’AMVB a reçu Rs 1 M par an pour mettre en oeuvre ce projet mais, je constate que jusqu’à présent, les quatre centres de formation et le centre d’excellence qui devaient être mis en place n’ont toujours pas vu le jour. Fayzal Bundhun devra répondre de ces actes et je compte écrire à la Confédération africaine (CAVB) et à la Fédération internationale (FIVB) pour les mettre au courant de la situation », a-t-il poursuivi. « Nous parlons de plus en plus de bonne gouvernance, alors comment est-ce que Fayzal Bundhun, instructeur FIVB, peut-il autant ternir son image et s’associer à ces maldonnes. Le président de l’AMVB est également un haut gradé de la Mauritius Revenue Authority et qu’il le veuille ou non, c’est l’image de son institution qu’il ternit au même titre que Jean-Michel Dedans, membre de la force policière. S’ils ne sont pas d’accord avec moi, qu’ils viennent me prouver que j’ai tort. Car je tiens à faire ressortir que si je n’obtiens pas satisfaction auprès du MJS et RoA, j’entamerai une action en cour ».
À noter que Bharun Teeroovengadum entamera à partir de la semaine prochaine une campagne de sensibilisation à travers les 12 régions de l’île ainsi que Rodrigues. « J’invite toutes les personnes de bonne volonté à me rejoindre dans mon combat. Il en va du bien-être du volley-ball », a-t-il conclu.