Le volley-ball mauricien a coulé à pic au cours des derniers Jeux des îles aux Seychelles. Le scénario de l’édition 2007 tenue à Madagascar s’est donc reproduit. Soit l’absence du podium des deux sélections nationales au cours de l’échéance la plus importante de la région. Le volley-ball mauricien présente donc un triste bilan, surtout si on tient en considération le manque évident de compétitions sur le plan local et les remous qui ont secoué la fédération. Avec en point d’orgue la démission de Naz Teeroovengadum du comité directeur, et ses révélations à peine voilées au cours d’une conférence de presse marathon.
Même si la préparation des présélections nationales en vue des JIOI n’avait débuté que fin janvier, il n’en demeure pas moins que les atouts avaient été mis de leur côté afin qu’elles puissent réaliser une prestation honorable dans l’archipel. Notamment, la venue d’un entraîneur chinois, des stages en Inde pour les volleyeurs et en Algérie pour les volleyeuses. Toutefois, la désillusion sera au diapason des espérances. Les deux sélections étant incapables de se retrouver en demi-finales, et la seule et unique victoire était enregistrée par la sélection masculine aux dépens de celle de Mayotte. Qui plus est, le rapport accablant émis par les entraîneurs de la sélection féminine n’a fait que mettre de l’huile sur le feu.
Au niveau organisationnel, l’AMVB Cup, les Masters et les compétitions pour les plus jeunes n’ont toujours pas fait leur réapparition au calendrier. Tant et si bien qu’on ne peut que se poser des questions quant à la relève surtout au niveau féminin. Du côté fédéral, la situation n’est guère plus reluisante. Naz Teeroovengadum, dont le club a pris la bonne initiative d’organiser un tournoi pour les non-présélectionnés, est aujourd’hui en guerre contre son frère Kaysee et les autres membres du comité directeur. Certains membres de ce comité directeur ont disparu de la circulation, tandis que d’autres, bien qu’occupant des postes de responsabilité, ne représentent aucun club.
Reste que sur un plan plus positif, un des moments forts de la saison dernière aura été incontestablement la visite de quatre jours du président de la fédération internationale de volley-ball (FIVB) à Maurice. Le Chinois Jizhong Wei, tout en étonnant de par sa simplicité et un certain sens de la diplomatie, est ainsi devenu le deuxième président de cette instance, après son prédécesseur Ruben Acosta, à effectuer une tournée dans notre île. Suite à cette visite, les démarches se sont multipliées pour une levée de suspension de Guito Lepoigneur, entraîneur de l’équipe féminine d’Azur SC. Ce dernier avait été suspendu à vie en 2006, au même titre que Roland David et Sunil Gowreesungkur, suite à un rapport pour le moins douteux et suspect réalisé par les Sud-Africains Samuels et Tubby Reddy.
Après de longues négociations, Guito Lepoigneur voyait sa suspension levée, alors que son équipe retrouvait le chemin de la compétition en évoluant directement   dans le championnat de première division. Un retour qui aurait pu être spectaculaire, n’était-ce cette défaite face au Curepipe Starlight. Quoiqu’il en soit, Azur SC terminait à la deuxième place derrière les Tranquebar Black Rangers qui alignaient ainsi un deuxième titre consécutif. De son côté, le Curepipe Starlight, vainqueur de la Republic Cup en mars dernier, s’inclinait lors de la rencontre finale qui l’opposait à la formation de Tranquebar et ne terminait qu’à la troisième place. Une prestation dure à avaler et qui résultait à la démission de l’entraîneur George Appadoo.
Reste que les Tranquebar Black Rangers ne parviendront de nouveau pas à leurs fins lors de la Coupe des clubs champions de la zone 7 tenue cette fois à Madagascar. Pour la troisième édition consécutive, la bande à José Bistoquet s’inclinait en finale, cette fois face aux Malgaches de Stef Auto. Quant à Azur SC, elle échouait dans sa quête d’atteindre les demi-finales de la compétition. Au niveau local, le championnat de deuxième division revenait à l’agenda et favorisait les desseins du Quatre Bornes VBC. Une équipe qui aura son mot à dire chez l’élite cette saison.
Du côté masculin, le Faucon Flacq Camp Ithier VBC a maintenu une certaine hégémonie. Après un revers dans la Charity Cup, l’équipe de l’Est a remis les pendules à l’heure en remportant la Republic Cup et le championnat national pour la troisième fois. Et ce, en ne concédant aucun set. Elle est également passée à deux doigts de la consécration lors de la Coupe des clubs champions de la zone 7, s’inclinant au tie-break face aux Malgaches de l’AS Voara, après avoir obtenue deux balles de match. De son côté, l’AS Baie du Cap survolait le championnat de deuxième division A, tandis que l’AS Petite Julie mettait à la raison ses trois adversaires dans le championnat de D2 B.
Reste que cette prestation de Faucon Flacq Camp Ithier VBC et des Tranquebar Black Rangers au niveau de l’Océan Indien ne peut être que l’arbre qui cache la forêt. Le niveau quelconque de la compétition au niveau local, avec des championnats de première division à deux vitesses, le nombre peu élevé de tournois organisés (rien que six la saison dernière) et l’absence de compétitions pour les jeunes donnent sans doute à réfléchir. A l’aube de cette nouvelle saison, on peut se demander si l’AMVB changera son fusil d’épaule et pourra soumettre un calendrier plus en conformité avec les aspirations de ses équipes affiliées. Un atelier de travail avec les dirigeants des différentes équipes prévu le 21 courant permettra sans doute de voir plus clair quant à l’orientation que l’AMVB comptera entreprendre cette saison. Toutefois, au sein de cette fédération, il existe un gouffre entre les intentions et les réalisations. D’autant que la communication est loin d’être le point fort des principaux dirigeants de cette instance……