Alison Labour, capitaine de Quatre Bornes, juge « anormal que le double tenant du titre ait à quémander pour aller défendre son titre !»

La compétition programmée du 15 au 22 février, au Palais des Sports de Mahamasima à Tana, avec un retour des équipes réunionnaises

Comme chaque année, à pareille époque, les clubs locaux participant au Championnat des clubs de la Zone 7 (CCZ7) se retrouvent avec le même casse-tête: Trouver les moyens financiers pour participer à cette compétition surtout si elle se déroule hors du territoire mauricien. 2020 ne fera pas exception à la règle, car comme en 2019, le CCZ7 se tiendra à Madagascar (15-22 février). Les premiers grincements de dents se sont d’ailleurs faits entendre, notamment du côté de Quatre Bornes Volley-Ball Club, championne de Maurice sortante, mais aussi et surtout double tenant du CCZ7.

2020 commence à peine que les dirigeants des clubs de volley-ball et indirectement, pour les sportifs eux mêmes, se retrouvent déjà avec un premier souci financier à régler. En effet, à un mois du CCZ7, le Quatre Bornes VBC n’a toujours aucune garantie de pouvoir participer à la compétition, faute de moyens financiers. Comment faire donc pour valider cette participation ? C’est la principale préoccupation des joueuses de cette formation, dont sa capitaine, Alison Labour.

Contactée par Week-End, l’internationale mauricienne n’a pas caché sa colère, voire son amertume face à la situation. « Nous faisons face à un gros problème d’ordre financier pour aller défendre notre titre à Madagascar. La compétition débute dans un mois et nous n’avons toujours pas les fonds nécessaires pour se déplacer. Pire. Les instances concernées ne réagissent pas et ça, c’est vraiment dommage », fustige Alison Labour.

Ce qui la révolte encore plus, c’est que chaque année, c’est la même rengaine. « Trouver un sponsor est désormais devenu un véritable parcours de combattant. Pourtant, Quatre Bornes a honorablement défendu le quadricolore en étant championne du CCZ7, deux fois de suite. Un exploit qu’aucune équipe féminine n’avait réalisé auparavant. Ce n’est définitivement pas normal qu’on ait à quémander pour aller défendre notre titre !»

Alison Labour a d’ailleurs tenu à lancer un appel à tous ceux concernés, notamment le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), l’Association mauricienne de Volley-Ball (AMVB), et aux mécènes qui sont disposés à les aider. « Sans sponsors, il sera impossible de faire ce déplacement. Ce qu’il est très important de retenir, c’est que les sportifs font beaucoup d’efforts et de sacrifices, pour faire honneur à la République de Maurice. Nous suons aux entraînements à la raison de quatre, voire cinq fois, par semaine. Tout cela, parce que nous aimons ce que nous faisons. Nous sommes des compétitrices qui participons à des compétitions pour la gagne. Est-ce donc mal de vouloir être reconnu à sa juste valeur ?», se demande la capitaine de Quatre Bornes VBC.

Fayzal Bundhun: pas de commentaires

La meilleure contreuse du CCCZ7 de l’édition 2018 s’insurge encore plus par rapport à la considération qui est accordée à l’équipe championne de Maurice. «Nous avons obtenu qu’une coupe souvenir et rien de plus. Je suppose que c’est tout ce qu’on méritait. » Week-End a contacté le président de l’AMVB, nommément Fayzal Bundhun, mais ce dernier n’a pas souhaité faire de commentaires pour l’heure.

Pour rappel, Quatre-Bornes VBC s’est forgé un palmarès impressionnant en l’espace de quatre ans seulement. Triple championne national (2016, 2017 et 2019) et cette équipe a aussi remporté le Charity Shield ou encore la Coupe de La République. En CCZ7, les Vanessa Chellumben, Valentine Paul et autres Labour ont été sacrées, en deux occasions (2018 et 2019).

Il n’empêche que la compétition sera encore plus féroce cette année, avec notamment le retour des équipes réunionnaises à la compétition et ce, depuis 2014. Saint-Denis Olympique s’était alors imposé chez les messieurs, alors que chez les dames, cette équipe avait été battue par les Seychelloises d’Anse Royale.

Espérons tout simplement que des solutions seront vite trouvées à ce problème, afin que les Quatre-bornaises puissent poursuivre leur préparation dans la sérénité. Il y a un titre à défendre, alors que ceux concernés les aident à le faire dignement pour le pays et non après, se manifester. Notamment pour la séance photo d’après-succès. À bon entendeur…