La dernière participation des équipes réunionnaises au CCZ7 remonte à novembre 2014

Cette saison encore, les équipes réunionnaises n’ont pas été invitées au championnat des clubs de la zone 7 de volley-ball. Pour rappel, l’édition 2018, initialement prévue en novembre de l’année dernière, se déroulera du 3 au 10 février à Madagascar. Cette absence de considération de la part des dirigeants de la zone 7 offusque au plus haut point Éric Tanguy, président de la fédération française de volley-ball (FFVB).

Dans un entretien accordé au Quotidien de La Réunion, il ne mâche pas ses mots à l’égard de Kaysee Teeroovengadum, président de cette zone, Jocelyn Randriamandimbisoa, président de la Fédération malgache de volley-ball (FMVB), et d’Amr Elwani, président de la Confédération africaine de volley-ball (CAVB).

D’emblée, il faut préciser que la dernière participation des équipes de l’île sœur à cette compétition remonte à novembre 2014 aux Seychelles. Vu que la situation n’a guère évolué depuis, malgré les promesses faites par Jocelyn Randriamandimbisoa et surtout Amr Elwani pour une éventuelle réintégration des équipes réunionnaises, Éric Tanguy ne cache pas sa colère. « Le président de la fédération malgache s’est engagé officiellement à inviter les clubs réunionnais. La pression a sans doute été trop forte à tenir pour lui. Je suis aussi déçu par la CAVB et son président qui ne respecte pas la parole donnée. Je l’ai rencontré au congrès de la fédération internationale au Mexique et il m’a donné son engagement et sa parole que les clubs réunionnais et mahorais pourront participer à cette compétition. »

Visiblement outré de par la tournure des événements, le président de la FFVB dit également son indignation de la gestion de la zone 7. « Je déplore ce traitement infligé aux clubs réunionnais. C’est indigne d’un sport comme le volley-ball. La zone 7 est une zone de non-droit. Un endroit où une personne en théorie exclue de toute institution sportive peut continuer à faire régler la loi comme bon lui semble et à exclure des gens et des clubs des compétitions. » Dans ce contexte, il tire à boulets rouges à l’encontre de Kaysee Teeroovengadum. « Il est indigne de ses fonctions, étant quelqu’un habitué à se défiler devant ses responsabilités.

Même devant la justice, il se défile. Quelque part, je ne suis pas surpris qu’il ne respecte pas les règlements. La moralité de cet homme est plus que douteuse. »

Dans la foulée, Éric Tanguy souligne ne pas comprendre la détérioration des relations entre Kaysee Teeroovengadum et Florence Avaby, présidente de la Ligue réunionnaise de volley-ball (LRVB). « Je ne sais pas ce qu’il a contre Florence Avaby, qui est une présidente investie et décorée de la Légion d’honneur. Teeroovengadum ferait bien de se regarder dans une glace ». Et d’enfoncer encore le clou. « Ce n’est pas un petit président de village mauricien qui mettra la France à genoux. Qu’il s’attende donc à ce qu’on réagisse. » Interrogé quant à une action de la Fédération internationale de volley-ball (FIVB), Éric Tanguy constate toutefois qu’elle ne peut s’ingérer dans les différentes zones, sinon de couper les financements, à l’opposé de la CAVB, qui détient à son avis les pleins pouvoirs décisionnaires.

Reste que des mesures peuvent être prises au niveau de la FFVB. « Vu que l’Afrique ne veut visiblement pas de la France, la première mesure sera de rétorsion, soit d’arrêter d’aider les pays africains au niveau du volley-ball », fait ressortir Éric Tanguy. Ce dernier affirme également qu’il s’adressera au ministère des Sports français pour un point de vue diplomatique « pour une possible pression encore supérieure. » De son côté, Florence Avaby juge la situation « rocambolesque ».

La présidente de la LRVB rappelle ainsi la signature de la Convention tripartite entre les fédérations française, malgache et réunionnaise en décembre 2017 faisant état d’une participation de deux voire quatre équipes de l’île sœur au CCZ7. « Le président de la fédération malgache a dû retourner sa veste, car nous n’avons pas eu de correspondance depuis », concède-t-elle.