Cela faisait une quinzaine d’années que les sélections de jeunes n’avaient pas connu de frottements continentaux. Cette fois, l’Association mauricienne de volley-ball (AMVB) a décidé de changer son fusil d’épaule et de solliciter une sélection féminine en vue de la Coupe d’Afrique des Nations U17. Une compétition qualificative pour la Coupe du Monde U18 qui se déroulera à Madagascar du 18 au 22 courant.
Selon les renseignements obtenus jusqu’ici, cette échéance ne devrait regrouper que trois équipes, lesquelles sont : Madagascar, Maurice et l’Égypte. Afin d’aborder la compétition dans les meilleures conditions, une présélection a été établie et la confiance a été placée en Martine Bistoquet et Prisca Seerungen, soit respectivement le capitaine des Tranquebar Black Rangers et l’entraîneur du Quatre-Bornes VBC, pour mener à bien les projets de la sélection. C’est donc une délégation mauricienne 100% féminine, qui mettra le cap sur la Grande-Île avec Chantalle Vieillesse comme team-manager. Cette dernière est la remplaçante de Shirley Meritt qui s’est désistée pour raisons personnelles. Chantalle Vieillesse se voit ainsi récompensée après plus de 25 années en tant que sécrétaire puis sécrétaire administrative au sein de l’AMVB.
Les 21 joueuses présélectionnées se sont entraînées à un rythme régulier, avant que la sélection ne soit finalisée au début de ce mois. Au sein de cette sélection figurent trois éléments venus de Rodrigues détectés lors des Youth National Games. Il s’agit de Manuella Cupidon, Anne-Jelisa Perrine et Dorina Nanette. Quant à la capitaine Alexei Elmire (Azur SC), et aux joueuses du Tranquebar Black Rangers Darla André et Serena Chavry, elles tenteront de faire valoir leur expérience acquise lors des rencontres du championnat national. À une semaine du déplacement, Martine Bistoquet ne cache pas sa satisfaction du travail accompli en une si courte période. « Cela a été une tâche colossale, car il nous a fallu travailler la base. Ce n’était guère évident d’assimiler tout le travail technique et tactique en seulement deux mois».
Il est à souligner que la sélection s’est entraînée régulièrement et dans de bonnes conditions récemment. Les joueuses ont même été dispensées de leurs tâches scolaires cette semaine, pour se dédier à des séances d’entraînement en matinée. Qui plus est, à ce stade, elles ont déjà disputé deux rencontres. « Nous avons voulu leur mettre la pression et forger leur caractère au cours des séances d’entraînement. L’objectif étant qu’elles évoluent libérées à Madagascar», souligne Martine Bistoquet. Même si la tâche s’annonce délicate dans la Grande-Île, il n’en demeure pas moins que l’expérience méritera d’être vécue. «À travers de pareilles compétitions, les joueuses ne pourront que gagner en expérience. Nous avons créé une base, et il s’agira de ne pas perdre ces joueuses. Un suivi devra être envisagé en vue des Jeux des îles de 2019», insiste la responsable du groupe.
Ces propos de Martine Bistoquet sont corroborés par Fayzal Bundhun, président de l’AMVB. «Il nous faut des frottements comme ceux-là, si nous aspirons à ce que nos sélections nationales soient à la hauteur. Ces joueuses ne doivent pas être dispersées dans la nature, et c’est ainsi qu’à leur retour, elles intégreront le Centre de Formation qui sera bientôt relancé. Il nous faudra créer un environnement propice afin de les aider à progresser».
Pour en revenir à la compétition, il est un fait inexorable que la sélection égyptienne partira avec la faveur des pronostics. Néanmoins, les Malgaches qui se sont entraînées au rythme soutenu de deux fois par jour tenteront de briller devant leur public. « Certaines de nos joueuses évoluent en D1, d’autres au niveau des régions. Nous avons corrigé les mouvements et mis en place des tactiques, car elles sont encore perfectibles », avance le Directeur Technique National, Eric Saramba. Quoi qu’il en soit, les trois forces en présence aborderont cette échéance avec toute la motivation voulue, la mission étant de décrocher un très convoité visa pour les Mondiaux.