Le volley-ball local se retrouve à nouveau au centre d’une controverse ! Cette fois, c’est l’équipe féminine du Quatre-Bornes Volley-Ball Club qui se retrouve au cœur de cette tourmente. Championne en titre du championnat des clubs de la zone 7 (CCZ7) tenu en mars dernier aux Seychelles, après une disette de 22 ans, la bande à Prisca Seerungen se retrouve dans une situation très compliquée à deux mois de la prochaine édition. Ayant un titre à défendre, les Alison Labour, Stacy Armoogum et autres Vanessa Chellumben devraient, selon toute vraisemblance, ne pas être du voyage à Madagascar. « Cela fait un mois que je ne vois plus mes joueuses pour les entraînements. Comment faire, alors, pour défendre notre titre de”championne” ? », s’interroge Prisca Seerungen, très remontée par cette situation.

En effet, ce n’est un secret pour personne que certains gymnases sont actuellement en rénovation en vue des Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI), sur nos terres, l’année prochaine. Le président de l’AMVB, Fayzal Bundhun, nous avait d’ailleurs indiqué qu’il n’y aurait pas de championnats cette saison, l’accent étant mis sur la préparation des sélections nationales en vue des JIOI. Il n’empêche que les équipes mauriciennes (masculines et féminines) qualifiées pour le CCZ7 en décembre, doivent être prêtes pour aborder cette compétition dans les meilleures conditions. N’est-ce pas logique de mettre les moyens à disposition de ces formations, qui défendront les couleurs mauriciennes dans ce tournoi ? Le CCZ7 n’est-il pas un tremplin dans la préparation pour les JIOI 2019 ?

Et pourtant, certaines formations se sentent lésées…et c’est le cas du QBVC, qui ne peut d’ailleurs plus s’entraîner au gymnase d’Ébène. « Il n’y a aucun respect pour le travail que j’ai accompli avec ces filles depuis maintenant 3 ans.  Nous avons été championnes de Maurice, et championnes de l’Océan Indien, mais, nous devons toujours nous battre pour faire valoir nos droits. Nous ne pouvons plus nous entraîner au gymnase d’Ébène et ce, suite à un courrier reçu de la municipalité de Quatre-Bornes, expliquant que la présélection de Maurice avait une priorité absolue pour l’utilisation du terrain pour les entraînements en vue des JIOI. Pourquoi ne pas avoir privilégié d’autres gymnases, comme le Quorum ou celui de Roche Bois ? Pourquoi nous priver de ce gymnase alors que nous avons une compétition à préparer ? », se demande la coach de l’équipe de la ville des Fleurs.

Des pressions exercées sur les joueuses

Avant de poursuivre : « J’étais même disposée à faire un compromis. Nous avons accepté que les filles s’entrainent avec la présélection les mercredis et les vendredis. Afin de mettre en place la stratégie collective de l’équipe, nous avons décidé de garder une session pour le club. Je tiens à préciser que six de mes joueuses évoluent dans la présélection. Mais, cela fait maintenant un mois qu’elles ne s’entraînent plus avec le club. Qui plus est, nous ne connaissons même pas la date exacte de la tenue de la compétition parce que la fédération joue aux abonnés absents. Plusieurs courriers ont été envoyés à ce jour et nous n’avons reçu qu’un retour de la fédération », a précisé Prisca Seerungen.

Cette dernière nous avoue qu’elle devait avoir une réunion avec les joueuses à 21h vendredi dernier, mais que les entraînements ont pris fin à 21h30. « Tout est fait pour nous mettre des bâtons dans les roues. C’est le monde à l’envers », a-t-elle soutenu. Apparemment, les joueuses du QBVC subiraient des pressions de la part de l’entraîneur national ainsi que du Directeur Technique National. « On leur a fait comprendre que si elles ne venaient pas aux entraînements de la présélection, elles ne feront pas partie de la sélection pour les JIOI. Je ne comprends pas. Cela va à l’encontre de tout ce qu’on aime dans le sport. Je suis très déçue », a-t-elle confié.

Contacté au téléphone, le président de l’AMVB, Fayzal Bundhun, a lui souligné n’avoir eu aucun contact avec la fédération malgache, et, de ce fait, n’est en présence d’aucune précision quant à la date exacte de la tenue du CCZ7. « Je vous assure que dès que nous aurons des informations, nous mettrons le QBVC et les autres équipes au courant. Madagascar se prépare actuellement à accueillir les élections présidentielles. »

En ce qu’il s’agit du problème de terrain auquel fait face le QBVC, l’homme fort du volley local a affirmé que : « le Quatre-Bornes VBC doit régler le problème  avec la municipalité de Quatre Bornes. De notre côté, nous avons fait une demande pour que les présélections nationales puissent s’entraîner au gymnase d’Ébène car Pandit Sahadeo est en rénovation. Vous savez, nous ne pouvons pas savoir quelle équipe s’entraîne tel ou tel jour », a-t-il conclu.