L’engagement, le sens du volontariat et le dévouement de Clifford Arlandoo ont été récompensés et salués par plus plusieurs organisations, dont la Jeune Chambre de Maurice. Cet agent de sécurité à l’université de Maurice a récemment décroché le deuxième prix de l’Award for Voluntary Social Work au niveau national, décerné par le Mauritius Council of Youth Leaders. Il souhaite maintenant encourager les jeunes à s’engager dans le volontariat et le social. Rencontre…
« Se donner les moyens pour atteindre son but. » C’est la devise de Clifford Arlandoo, âgé de 40 ans et habitant Roches-Brunes. Depuis l’âge de 15 ans, cet agent de sécurité à l’université de Maurice (UoM) baigne dans le social et le bénévolat.
Clifford Arlandoo, méthodique et bien organisé, nous présente le dossier contenant, entre autres, ses certificats de participation et ses prix. Au fil des années, l’engagement social est devenu pour lui un mode de vie. Il a ainsi fait partie de plusieurs associations oeuvrant pour les jeunes et les personnes âgées.
Cet agent de sécurité de l’UoM met son énergie au service des autres. « J’aime aider les autres et trouver une solution pour les soutenir. Cela me donne du courage », explique-t-il. Clifford Arlandoo, qui a étudié jusqu’à la Form IV au collège New Devton, est la preuve qu’avec de la volonté on peut accomplir de belles choses. Le volontariat, pour lui, est un enrichissement personnel.
« En se mettant au services des autres, j’apporte une contribution concrète à un projet d’utilité collective », soutient-il. Et d’ajouter : « Si quelqu’un s’attend à gagner sa vie au sens financier du terme en faisant du volontariat il se trompe. »
Ce quadragénaire a fait ses premiers pas dans le monde du travail dans le textile avant de se joindre à l’Université de Maurice comme agent de sécurité. Issu d’une famille de huit enfants – cinq frères et trois soeurs –, Clifford Arlandoo occupe son temps libre en visitant des shelters ou en aidant des enfants défavorisés qui ne vont pas à l’école.
« Sans le volontariat, j’aurais sans doute pris un mauvais chemin », confie notre interlocuteur qui regrette que seuls certains jeunes s’y consacrent. Il se dit inquiet par les fléaux sociaux comme la drogue, la prostitution et l’alcool qui touchent de plus en plus de jeunes. Il veut ainsi les inciter à s’engager car « il s’agit d’une expérience formatrice ».
« Les gens attendent que les autres viennent les aident, mais on trouve peu de volontaires. Il y a tant de choses à faire ! Sa bann dimoun ki bizin led, souvan zot pas kone ki laport pou al taper », dit Clifford Arlandoo. « Venir en aide aux autres me procure une joie immense, surtout quand on voit un sourire sur leur visage. »
Son expérience la plus touchante aura été sa rencontre avec deux frères alors qu’il exerçait comme animateur de camp de vacances au SOS Village. Ces jeunes ont été confiés à l’association car leurs parents ne pouvaient plus s’en occuper. « D’ailleurs, ils étaient tellement attachés à moi qu’ils m’appelaient Papa ».
Se surpasser
Ses 20 années dans le social lui ont insufflé la volonté de se surpasser et d’être un leader. D’ailleurs, celui qui se décrit comme un fonceur explique que lorsqu’il se fixe un objectif, il se donne les moyens pour l’atteindre.
Clifford Arlandoo possède plusieurs cordes à son arc. Il a ainsi été guide animateur au ministère de la Jeunesse et des Sports, notamment au centre de jeunesse de Mont-Roches de 1990 à 2000. Il accompagnait les jeunes à escalader des montagnes, fort de son expérience dans le domaine. Il faut dire que le quadragénaire a été formé en Bushwalking and mountain Leadership, qui comprend l’escalade, la descente en rappel, le load packing and carrying, le compass work, le map reading et des techniques d’urgence comprenant la sécurité sur les montagnes et les premiers soins.
Clifford Arlandoo est membre volontaire du Disability Watch du ministère de la Sécurité sociale. Son rôle est de sonder les besoins des personnes handicapées afin de trouver une solution. Il est aussi membre du Rose-Hill District Probation Committee.
Outre des certificats de reconnaissance, le quadragénaire collectionne les certificats d’apprentissage. Apprendre de nouvelles choses est pour lui une nécessité. « Quand je n’ai rien à faire, je vais suivre des formations. J’ai soif de connaissance. Apran zame fini. »
Clifford Arlandoo est également un passionné de pêche, musique et cinéma. Parallèlement à ses activités de volontariat, il consacre du temps à sa pépinière où il cultive une grande variété de plantes décoratives : hibiscus, géraniums filants. Il a commencé à s’intéresser aux plantes alors qu’il était en poste à la Nursery de l’UoM. Ses sorties en montagne ont aussi nourri cette passion. « Il fallait connaître l’importance des plantes, particulièrement les endémiques, et sensibiliser les gens. »
C’est un projet pour la création d’une pépinière que l’habitant de Roches-Brunes a présenté pour le Fond insertion pour les Jeunes et qui lui a permis de décrocher le premier prix et les fonds nécessaires pour concrétiser son projet chez lui. Il a par ailleurs suivi une formation axée sur les plantes médicinales et la médecine traditionnelle.
Clifford Arlandoo espère transmettre l’amour des autres à ses deux enfants : Ryan, sept ans et Anoushka, six ans. « Sa pou ed zot », nous dit-il. Il initie actuellement sa femme au volontariat. La famille pour lui est également une des valeurs qu’il aime cultiver ; il a une pensée chaleureuse pour son père Jean-Gabriel et sa mère Thérèse : « C’est grâce à eux que je suis là, surtout mon père qui m’a fourni des conseils précieux durant ma vie. »
Le quadragénaire a remporté en décembre dernier le deuxième prix de l’Award for Voluntary Social Work au niveau national, décerné par le Mauritius Council of Youth Leaders. « Je dédie ce prix à tous ceux que j’ai aidés. C’est grâce à eux que j’ai obtenu cette récompense. » En 2009, il avait décroché le troisième prix. Son prochain objectif : remporter le premier prix lors l’édition 2013.