Un abandon pour naufrage dans la Volvo Ocean Race Boat entre Alicante (Espagne) et Cape Town (Afrique du Sud). Depuis samedi en début de soirée, le skipper du Vestas Wind, l’Australien Chris Nicholson, dont le yacht était en cinquième position dans la course, a dû se retirer car son bateau s’était drossé sur des récifs dans l’archipel de Saint-Brandon. Les neuf membres d’équipage, qui ont passé l’une des nuits les plus difficiles de leur carrière de gens de la mer, ont été secourus aux petites heures dimanche matin par des éléments de la National Coast Guard (NCG) avec le Dornier survolant les lieux du naufrage pour une évaluation globale de la situation. En principe, suite aux démarches effectuées par les organisateurs de la Volvo Ocean Race, les naufragés, qui sont sains et saufs, devront regagner Maurice au plus tôt mercredi.
Le skipper australien, fort de sa longue expérience, ne pouvait croire à ce qu’il a vécu à 19 h 10, samedi, quand il a levé l’alerte sur le naufrage. « The Vestas Wind is extensively damaged. It took a massive, massive pounding. I was amazed with what was getting thrown at it and somehow it managed to keep us all in one piece. I was absolutely amazed at what happened », fait-il comprendre dans un échange de communications avec le contrôle de la course. Il se trouve depuis dimanche matin sur l’île du Sud à Saint-Brandon.
Toutefois, Chris Nicholson devait confier aux organisateurs de la course que la décision la plus difficile était de se retirer alors que le Vestas Wind était en cinquième position. « The decision to tell crew to abandon their Volvo Ocean Race yacht was the toughest of my life », fait-il comprendre.
L’Australien n’avait pas de choix devant les dégâts importants au yacht. Les membres d’équipage du Vestas Wind ont passé environ sept heures dans la nuit de samedi à dimanche, agrippés à leur bateau, croyant que la situation s’améliorerait. Mais c’était en vain. « I just did not want to do it and that was the intention right from the start — but unfortunately when we hit the reef it was just dark so we had to spend 7-8 hours trying to hang on till daylight and we probably would have run, I dunno, 15 or 20 drills how we were going to do it. We practised it throughout the night, always with the intention of never needing to do it, and had to make the call one and a half or two hours before daylight, when we got off », ajoute-t-il dans cet entretien accessible sur le site web de l’équipage du Vestas Wind.
Le coup de grâce allait intervenir peu avant le lever du jour dimanche. « And then towards daylight, like two hours just before daylight, the bulb broke off and the boat leaned over heavily. While that was happening we probably lost the back of the boat, it was gone, missing, and the deck started to fold and the boat was heeling over more so I made the decision that we were getting off », ajoute-t-il.
Presque à ce même moment, des éléments de la NCG, basés à Saint-Brandon, étaient engagés dans une opération de sauvetage vu que la nuit les conditions en mer étaient extrêmement difficiles pour des sorties. Les membres d’équipage, de diverses nationalités dont australienne, danoise, irlandaise, italienne, hollandaise et néo-zélandaise, ont été évacués sur l’île du Sud. Une première évaluation de la NCG sur les lieux du naufrage indique qu’aucun risque à l’environnement ne se pose. « There is no damage to the marine life or threat to the flora and fauna from the incident. All 350 litres of fuel onboard has been removed to safety on the island », indique la NCG.
Avant leur départ de Saint-Brandon, probablement demain, les membres d’équipage du Vestas Wind procéderont à un nettoyage complet des objets susceptibles de polluer la région avant qu’une décision ne soit prise au sujet du sort à être réservé au yacht.