II est de ces situations où l’on regrette qu’on ne laisse pas à un référendum populaire le soin de les trancher. Et pourtant ! Dieu seul sait si cela n’aurait pas grandement aidé à clarifier complètement les choses. Il en serait ainsi du Best Loser System et de la déclinaison de sa communauté à la candidature parlementaire.
Les politiciens, en raison de leurs intérêts divers, ont tout amené dans une impasse. Il n’est pas normal de voir des questions aussi vitales touchant à notre destinée électorale entre les seules mains de quelques protagonistes de la politique, si avisés soient-ils. On a l’impression que le personnel politique en l’état actuel des circonstances, tient tout en leurs seules mains, pour, en fait, ne pas pouvoir faire grand’chose.
Les ‘Law Lords’ au ‘Privy Council’ n’ont manifestement pas voulu trancher la question portée à leur agrément par Rezistans ek Alternativ, ayant eu la délicatesse de ne pas se substituer à notre communauté nationale qui, à leur sens, doit savoir mieux que personne ce qu’elle veut pour elle-même. D’où leur recommandation de recourir à des moyens politiques plus que légaux. Le temps est peut-être venu pour le pays de se voir s’ouvrir, grandement, sur des questions de grande portée nationale, la voie référendaire. II est temps aujourd’hui que l’on songe à pourvoir la population des voies d’initiatives populaires pour vitaliser la vie démocratique de notre pays et faire s’exprimer la voix du peuple avec l’autorité de la chose jugée. Bon nombre de sujets d’actualité justifieraient l’ouverture d’initiative populaire pour permettre au peuple de s’exprimer par des moyens de consultation nationale autre que les élections. Un peu, à saluer, à la manière, en modèle relativement réduit par rapport à un référendum national, de l’initiative récente émanant du Bureau de l’Attorney General au titre de Public Consultations on the Police and Criminal Evidence Bill pour solliciter l’opinion publique sur, entre autres, les procédures de justice et de police. II reste cependant, à cette procédure, de donner, à terme, dans les faits, la démonstration de son efficacité. II est nécessaire d’engager la consultation populaire sur de grandes questions nationales. La procédure référendaire en est une. Pareil exercice vitaliserait notre vie démocratique, et d’office rendrait des grandes affaires de la Cité, des affaires véritablement citoyennes.
Notre pays attend depuis un certain temps déjà son printemps légal. Comme ailleurs, l’on parle du printemps arabe. Avec ses excès en moins. Un printemps pour dépoussiérer notre Constitution. Nos dispositifs légaux, dont certains ne cadrent plus avec l’évolution des mentalités et des réalités mauriciennes. De nouveaux dispositifs pour consulter, à la manière de ces consultations publiques en cours sur la Police and Criminal Evidence. Pour rationaliser justice et police. II nous en faut d’autres. D’autres par exemple pour protéger les victimes d’accidents de la route et leur famille face à leurs besoins matériels et humains immédiats. D’autres encore pour protéger nos compatriotes et leurs enfants condamnés à « tale la main » sur la voie publique pour des soins médicaux urgents et coûteux à l’étranger. D’autres aussi qui videraient notre système éducatif de certaines de ses séquelles coloniales inhibitives, qui sont loin de rendre justice aux compétences propres de nos jeunes. D’autres enfin pour condamner l’irrespect à l’égard de notre environnement. Celui surtout affiché par certaines de nos administrations publiques elles-mêmes.
Jean-Jacques Rousseau, écrivain français de renom, trouvait, à tort ou à raison, que le peuple n’est souverain qu’à l’occasion des élections mais une fois celles-ci terminées, il est, dit-il, dans les “chaînes”. En matière d’expression de liberté populaire entre les élections, il n’a pas, en effet, tout à fait, tort. Ces “chaînes” là, sauteraient, quand, au peuple, sont consenties les voies d’expression publique de sa volonté. Le référendum populaire comme expression de la voix du peuple n’est pas des moindres, surtout par les temps qui courent chez nous.