Érigés sur une distance de plus de quatre kilomètres, les 4 000 menhirs et autres Dolmen de Carnac, petite ville du Morbihan, suscitent l’intérêt des visiteurs de passage en Bretagne, France. La fascination entourant ce site, dont l’existence pourrait remonter à plus de 6 000 ans, réside dans le mystère de son origine. De nombreuses légendes y sont associées et les lieux présentent une belle balade pour ceux qui souhaitent s’y imprégner…
Situé à quelque 425 kilomètres de Paris, Carnac serait le lieu où, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’homme s’est fait bâtisseur, et ce 2 500 ans avant la construction des pyramides d’Égypte. Ces menhirs, dont la taille varierait entre soixante centimètres et six mètres de haut, pour le Géant du Manio, sont répartis sur trois grands alignements : le Menec, le Kermario et le Kerlascan.
Si en entrant dans la ville, vous pouvez être déçu par le petit site avec quelques menhirs pas très hauts faisant partie de Toul Chignan, avec un peu de patience, en empruntant la route menant vers Maison des mégalithiques de Carnac, qui se trouve à l’ouest, vous découvrirez très vite la distance que couvrent les alignements du Menec dans un environnement naturel.
Cet ensemble est constitué de 1 050 pierres couvrant une longueur de 950 mètres. Au passage, vous admirez les moutons des Landes qui broutent de l’herbe et croisez des touristes se hâtant pour découvrir le site, où se dresse le plus haut menhir, soit de 3 m 50. On dit qu’il serait antérieur à l’alignement lui-même.
Une escale à la Maison des mégalithiques permet d’avoir une idée de la dimension de tous les ensembles d’alignement et les passages à emprunter pour y accéder. Selon le service d’accueil, le site est fermé au grand public pendant l’été pour des raisons de préservation et de conservation des lieux, et ce depuis 1991. « Le libre accès provoquait surtout en période estivale de nombreuses dégradations des menhirs (chutes et déchaussement) et de la lande ». Seuls ceux qui souhaitent assister à des conférences sur le sujet y ont accès et il est recommandé de porter des chaussures fermées pour les visiter. La Bretagne étant réputée pour avoir un temps couvert et beaucoup de pluie même en été, il est conseillé de prévoir un anorak et un petit pull au risque de se faire surprendre par le climat changeant.
En longeant le site, vous pourrez admirer la végétation qui pousse sur le sol rocailleux, tout en profitant pour faire quelques photos. Le site en appelle à une balade. La marche jusqu’à Toul Chignan se présente comme un prolongement du groupe du Menec. Selon le responsable de service de la Maison des mégalithiques, elle peut se faire tout le long du mégalithique jusqu’à atteindre le Géant du Manio qui se trouve sur la partie est et poursuivre jusqu’au Petit Menec.
Selon une brochure informative, le deuxième ensemble le Kermario est le site ayant la plus forte fréquentation. La raison : les dimensions impressionnantes de ses monolithes. Ces lieux sont aussi réputés pour abriter un dolmen ou « table de pierre », qui est cependant dépourvu de son cairn (monument en pierre recouvrant des sépultures).
Le visiteur poursuit sa route jusqu’à atteindre le lieu appelé Dolmen. Il s’agit ici d’un tombeau collectif. Selon la brochure, ce type de sépulture était très courant au néolithique. Arrive ensuite l’ensemble connu comme le Manio. L’endroit présente « des files de Menhirs, qui enjambent un tertre funéraire antérieur à leur installation ». L’attraction la plus attendue est sans doute la vue du Géant du Manio. Isolé des autres menhirs, il s’érigent sur une hauteur de six mètres. Le quadrilatère du Manio, constitué de blocs de granite local d’un mètre de hauteur, a été quant à lui restauré au début du 20e siècle. Les deux autres ensembles à visiter sont Kerlescan, qui est composé des 13 fils de menhirs les mieux conservés, et le Petit Ménec, qui prolonge ces alignements. Il se trouve dans la commune de La Trinité-sur-Mer.
Depuis 1889, les mégalithiques de Carnac sont protégés au titre des monuments historiques par plusieurs listes et arrêtés successifs. Le site est géré par le Centre des monuments nationaux, établissement public sous tutelle du ministère de la Culture. Depuis 1996, il figure sur la liste indicative de l’UNESCO en vue d’une candidature d’inscription au Patrimoine mondial dans la catégorie culturelle. Il ne l’est toujours pas à ce jour…