En Italie, il y a Venise. Et aux Pays-Bas… Amsterdam. Une agglomération composée d’une centaine d’îlots soudés ensemble par un millier de ponts, d’où transpirent sérénité et un certain art du “bon vivre”. Entre la place Dam et la maison d’Anne Frank, dépaysement garanti.
Dans le port d’Amsterdam, il y a des marins… mais pas seulement, et ce quoi qu’en ait pensé Jacques Brel ! Car si la cité est dominée par l’eau, c’est surtout du fait de ses innombrables canaux, qui lui valent l’appellation non galvaudée de “Venise du Nord” (partagée toutefois avec la ville de Bruges, en Belgique). Aussi, si ce n’est la transformation de gondoles en péniches ou en canots à moteur, d’aucuns aiment d’ailleurs voir planer l’ombre de la ville italienne sur les contours de sa comparse du nord. Car comme à Venise, mieux vaut davantage retenir le nom des canaux que ceux des rues. Surtout si l’on y a laissé sa voiture. Et comme Venise aussi, Amsterdam invite autant les passionnés de culture que les amoureux de la nature. L’espace d’une page ouverte sur une anachronique poésie urbaine.
Au fil des siècles, Amsterdam aura réussi à tirer parti de sa situation géographique unique, proférant à la cité un cachet emprunt à la fois de modernité et d’authenticité. À l’instar de ses voies d’eau bordées de ruelles, elles-mêmes jalonnées d’arbres desservant de splendides maisons à pignon. Vus de la terre, les contours des immeubles semblent se refléter au soleil couchant dans les 20 km de canaux que compte la ville. Vu du ciel, le labyrinthe aquatique du centre d’Amsterdam – aidé en cela par Dame Chance – projette l’image d’un étrange fer à cheval. Enfin, plus à l’extérieur encore, une ceinture fortifiée appelée “Singel” (en fait, encore un canal), qui abrite aussi la maison la plus étroite de la ville, à peine plus large que sa porte.
De l’Herengracht au Keizersgracht
Aux visiteurs d’un jour ou d’un week-end, un seul conseil s’impose : faire un petit tour en péniche. Aux détours de cette toile d’araignée fluviale, se trouvent en effet des trésors venus du passé. Par exemple, le Herengracht, qui fut la frontière d’Amsterdam au 17e siècle, mais aussi le canal “à la mode”, celui des riches marchands. Ses façades, d’ailleurs, sont parmi les plus belles de la ville. Si les habitations du Keizersgracht sont moins somptueuses, elles n’en valent pourtant pas moins le détour. D’autant que l’endroit doit son nom à l’empereur Maximilien 1er. Quant aux férus de shopping, ils trouveront leur bonheur dans un autre grand canal : le Prinsengracht. Là foisonnent les petites boutiques, dont la plupart n’ont pas changé depuis… le 17e siècle. Au vu des devantures, certains se demanderont bien sûr pourquoi les façades sont aussi étroites. Ce à quoi leur guide leur répondra que, jadis, les impôts y étaient calculés en mètre de façade donnant sur le canal.
Il faut dire qu’Amsterdam regorge de quartiers historiques. Mieux : Amsterdam a aussi “façonné” l’histoire, tout en nous en rappelant certaines tranches dont quelques-unes “pas très glorieuses”. Il faut en effet savoir que c’est à Amsterdam que se trouve la maison d’Anne Frank.
Quartier “rouge” et quartier “chaud”
Pour rappel, alors qu’elle s’y trouvait cachée pendant la Seconde Guerre mondiale avec le reste de sa famille, l’adolescente y tenait un journal, avant d’être finalement trouvée par les nazis peu avant la libération. Sa maison, depuis, sera devenue un véritable symbole, rappelant les heures sombres du nazisme. Et pour peu qu’ils y croient suffisamment, ceux qui y tendront l’oreille entendront chacune de ses briques entonner un hymne contre l’intolérance, l’antisémitisme et la bêtise humaine.
Restent à Amsterdam d’autres lieux moins attristants, bien que tout aussi chargés d’histoire. Au centre-ville, l’on trouvera ainsi l’ancien hôtel de ville, vieux de quatre siècles, lequel se sera cependant mué, depuis l’époque du roi Louis Bonaparte, en palais royal. Mais c’est également au centre que l’on trouvera le “quartier rouge” et le “quartier chaud”. Ce n’est qu’une fois sorti du centre que le visiteur pourra partir à la rencontre des musées, nombreux à Amsterdam, à l’instar du Rijksmuseum (où sont conservées les oeuvres de Rembrandt), du musée communal, du musée van Gogh ou du NEMO, un espace scientifique sur les bords de l’IJ.
Aux amoureux de la nature, Amsterdam offre enfin plusieurs espaces verts. À l’Est de la ville, le Vondelpark promet de jolies balades pédestres tandis qu’à l’autre extrémité, l’Oosterpark accueillera quelques visiteurs transis du musée des Tropiques. Enfin, non loin du jardin botanique, d’autres pourront admirer les animaux de l’Artis Parc Zoo avant de reprendre leur péniche sur le Nieuwe Keizergracht.
Assurément, Amsterdam n’est pas une “simple” ville du nord de l’Europe, comme il en existe tant. Un petit séjour dans la cité suffit pour s’en rendre compte. Et de repartir ensuite vers Plaisance avec, dans ses bagages, un délicieux mélange de quiétude et de sentiment de découverte. Et d’avoir, l’espace d’un moment, partagé la vie d’une capitale chargée d’histoire !