Le réveil du géant. Cette description de la Chine prend tout son sens lorsqu’on voit le développement effréné à Shanghai. Deuxième plus grande ville de Chine et première ville de ce pays en termes de population (24 millions d’habitants), Shanghai est le centre financier de l’Empire du Milieu. D’où cette appellation commune : La Perle de l’Orient. Couplée à ses influences internationales, cette capitale économique est souvent aussi décrite comme le New York chinois. Une ville qui, avec ses 3 400 imposants gratte-ciel, nous donne la pleine mesure de l’ambition de la Chine… Incursion dans cette ville moderne dans le cadre d’un voyage de presse organisé par Air Mauritius.
Shanghai. En chinois, Shang signifie “sur” et Hai “mer”. Littéralement donc, c’est la ville sur la mer. Ancien port de pêche, aujourd’hui premier port mondial, le paysage de la ville se reconnaît aujourd’hui à une floraison de tours. Tracy, notre guide, originaire de la ville, nous explique que le développement économique à Shanghai, notamment à Pudong (l’est de la rivière du Huang Pu qui traverse Shanghai), a débuté dans les années 1980. « À cette époque, le gouvernement chinois accordait beaucoup d’importance au développement de la région de Pudong. Cela s’est accentué avec l’arrivée de Deng Xiaoping. Avant 1990, il y avait à Pudong des terres agricoles. Deng Xiaoping a trouvé que la ville était bien située, avec son port… »
La première fois que vous visitez le centre ville de Shanghai, ce qui impressionne, outre les imposantes tours, ce sont aussi les autoroutes surélevées de six voies qui se croisent et qui traversent tout le centre ville. Vous retrouvez d’ailleurs sur divers produits souvenirs cette image associée à la Shanghai moderne. Et, selon notre guide, le gouvernement prévoit, d’ici 2020, d’ajouter 16 tunnels routiers en vue de contourner l’intense trafic routier.
Le plus haut des 3 400 gratte-ciel de la ville et le troisième plus haut au monde est à ce jour le Shanghai World Financial Centre, mesurant 492 mètres de haut et prenant la forme d’un ouvre-bouteilles. Tracy nous relève un fait intéressant : « Il y a actuellement une autre tour en construction qui fera 632 mètres de haut et comprendra 121 étages ! L’achèvement des travaux est prévu pour 2014. The land in Pudong is sinking but still the Shanghai Tower is under construction… Le gouvernement chinois ne veut probablement pas que le bâtiment japonais (NdlR : le Shanghai World Financial Tower qui a comme investisseurs des Japonais) soit le plus élevé. »
La guide nous partage par ailleurs cette anecdote non moins révélatrice : « Avant, le bâtiment devait avoir pour architecture un trou au sommet qui devait renvoyer au drapeau japonais. Mais, l’architecture devait par la suite changer pour prendre la forme d’un ouvre-bouteilles ! » Pour avoir une idée de la hauteur des plus hautes tours à Shanghai, la Jin Mao Tower mesure 420 mètres, soit 110 mètres de plus que la Tour Eiffel ! C’est la troisième plus haute tour à ce jour alors que la deuxième plus haute est la Oriental Pearl TV Tower, mesurant elle, 468 mètres de haut.
Une visite à la Oriental Pearl TV Tower est un must. À 342 mètres du sol, au sightseeing floor, une vue panoramique… Vous êtes soudainement happé par cette floraison de gratte-ciel le long de la Huang Pu River. Époustouflant ! Les superlatifs qui vous viennent à l’esprit ne relèvent pas de l’exagération. Vous vous dites alors qu’en comparaison, l’Europe est plutôt banale. Que la vue, disons, sur Paris de la Tour Eiffel, est assez insignifiante à côté de ce que vous avez devant vous. Des monstres de bétons se dressent en face de vous. Vous prenez alors la pleine mesure de l’ambition de la capitale qui, malgré tous ces développements, est encore en devenir…
Selon Tracy, « il y a beaucoup de Chinois, issus d’autres villes, qui y viennent car les opportunités professionnelles y sont meilleures. L’an dernier, on comptait 22 millions d’habitants, cette année 24 millions, mais selon les experts, Shanghai ne peut accommoder plus de 28 millions de personnes ».
Le désir de puissance mondiale de la Chine se voit aussi dans la fabrication, dans les années 2000, du Maglev – Shanghai est la première ville au monde à en posséder – un type de train magnétique le plus rapide du monde. Pouvant atteindre une vitesse de 430 km/h, le Maglev de Shanghai assure le trajet entre l’aéroport de Pudong et la gare, une distance de 30 km, en 7-8 minutes. « Les frais sont très coûteux, ce qui explique que le train dessert seulement l’aéroport de Pudong. Les Chinois l’ont quand même fait, juste pour se dire qu’ils ont le Maglev. Nous avons demandé aux Allemands de le concevoir pour nous. Eux-mêmes n’en ont pas car c’est trop coûteux », nous explique Tracy.
Après cette digression, retour à la Oriental Pearl TV Tower où le skywalk est un autre lieu à ne pas manquer. Comme l’indique le nom, vous marchez au-dessus de toute cette vue panoramique, soutenu par une vitre circulaire. C’est un observatoire transparent de 360°. Et, vous vous trouvez à 259 mètres du sol… Le vertige est assuré !
Shopping
Shanghai, c’est aussi la capitale de la mode et du shopping. Sur le Bund (le front de mer), trois sites de shopping sont très populaires. D’abord, la Nanjing Road, une avenue de magasins de marques internationales longue de plus de 5 km. Les produits de telles marques étant importés, ils y sont par conséquent plutôt coûteux. Il y a ensuite la Huaihai Road où les plus nantis y trouvent leur bonheur avec des produits importés haut de gamme.
Il y a d’autre part le quartier plus typique, le marché chinois, près du Yuyuan Garden où vous pouvez casser les prix jusqu’à 50 %, voire plus. Vous y trouvez là des petites échoppes proposant des produits aussi variés allant de vêtements en soie à des perles en passant par des friandises chinoises…
Autre site touristique à visiter, le très connu Yuyuan Garden, dans le vieux quartier de Shanghai, à l’architecture très typique, avec ses pavillons, ses étangs, ses ponts, ses cloîtres et ses jolis arbres. Selon notre guide, la construction de ce jardin classique débuta en 1559 et c’est un officier de la dynastie Ming, nommé Pan Yunduan, qui termina la construction. En chinois, Yu signifie plaisant et satisfaisant. D’après l’histoire, Pan Yunduan voulut construire un lieu de quiétude et de bonheur pour ses parents lorsque ceux-ci allaient vieillir. Le jardin fut très endommagé durant la guerre de l’Opium au XIXe siècle. Aujourd’hui, le jardin a retrouvé sa splendeur grâce aux travaux de restauration de cinq ans entrepris en 1956.
Comme le Yuyuan Garden, Zhu Jia Jiao, petite Venise version chinoise, avec ses ruelles et canaux, comprend un marché chinois typique. Là aussi, le visiteur friand de petits souvenirs – vêtements en soie, jouets, alimentation typique, sacs en tissus – pourra trouver des objets très divers tout en cassant les prix jusqu’à parfois 60 %. On peut aussi y admirer le savoir-faire artistique chinois tel la calligraphie et la peinture chinoises.
Shanghai est divisée en trois parties. Il y a le quartier chinois, le quartier international et le quartier français. La ville ayant autrefois été colonisée par les occidentaux pour vendre de la soie, du thé et de l’opium, elle garde aujourd’hui encore des traces de cette influence européenne. Un exemple est le quartier français Xintiandi, signifiant un nouveau monde. Ce quartier anciennement résidentiel qui comptait des maisons traditionnelles s’est converti en quartier chic avec environ 200 boutiques de luxe et des restaurants. Vous y trouverez même une boulangerie française !
Notre guide rappelle que la concession française, qui comprend une partie de Shanghai, a été sous administration française de 1849 à 1946 après la guerre de l’Opium et la défaite des Chinois. Cette concession comprenait alors des restaurants, des bars et autres clubs. Cette Shanghai, que nous avons souvent vue dans des films incarnait alors la corruption et de dépravation avec ses bordels, ses fumeries d’opium… Une ville riche en histoire et aux influences cosmopolites qui offre par ailleurs le plaisir visuel des architectures très contrastées entre la Shanghai antique, authentique et profonde et celle, plus moderne du centre ville… Un itinéraire déroutant qui vaut le détour. Toutefois, la ville étant très vaste et très peu de Chinois parlant anglais, il est conseillé de bien organiser son voyage et de visiter la ville avec l’aide d’un guide touristique.