Le photographe Vincent Montocchio partage ses « Errances singulières » à la galerie Imaaya, du 15 au 29 octobre, à Pointe-aux-Canonniers. Ces images ont été glanées au cours de voyages que l’auteur s’attache… à ne pas organiser ! Une trentaine de carnets de voyage peuvent être feuilletés sur place, tandis que quelques unes de leurs bonnes feuilles sont reproduites en grands formats.
Vincent Montocchio essaie, lors de ses voyages, de se rendre le plus disponible possible à ce qui s’offre au regard partout où il passe. Son secret pour cela est « d’essayer de se désorganiser » le plus possible, pour ne pas passer son temps à organiser son séjour, plutôt qu’à le vivre. Les visiteurs de l’exposition qu’il présente chez Imaaya verront des images de Rodrigues, de Maurice, et aussi de Croatie où il est allé voir un ami, d’Algérie où il a participé au Panaf, le Festival Panafricain d’Alger, ou encore dans différents États d’Inde, où il se rend une fois par an au moment des fêtes de fin d’année.
Muni de son Hasselblatt en format 6X6, il passe alors le plus clair de son temps à photographier ou… à dessiner. Vincent Montocchio réalise aussi des carnets de voyage à base de textes, de collages et d’aquarelles, qu’il met à la disposition des visiteurs, et dont il a extrait quelques morceaux choisis, des pages qu’il a scannées, puis agrandies et imprimées sur du beau papier.
Cet homme qui travaille sinon dans le secteur publicitaire, fait dans ces pérégrinations oeuvre de déconditionnement, veillant à s’éloigner des clichés et à saisir des moments particuliers. Ici, il n’y a pas d’impact à rechercher ou de message à faire passer. L’oeil et l’esprit ne se préoccupent que de créer une belle image et de favoriser l’évasion. Souvent, l’auteur s’attarde sur des environnements porteurs de graphismes, établissant un lien entre les gens et ce que les murs racontent.
Travaillant la prise de vue dans son format carré suivant la méthode traditionnelle, il scanne ensuite ses images en gardant le grain propre à la pellicule, il ne fera alors rien qu’il n’aurait pu faire de manière traditionnelle, se contentant parfois de retravailler les contrastes, et n’ajoutant surtout rien à l’image ou à la couleur. Dans le même esprit, ses carnets sont dessinés directement à l’encre, sans qu’il puisse gommer ou effacer.