Reshmi Ramdhony et Roselyne-Aseema Lanfray se connaissent depuis 12 ans et ont eu un parcours commun dans la méditation. La première a vécu 9 ans en Inde et y a effectué 21 voyages depuis 1975, surtout pour des raisons professionnelles liées au Mahatma Gandhi Institute (MGI) de Moka ; également pour des initiations à l’Ayurveda, à la naturopathie, au Vaastu Shastra, à l’archéologie, la culture et la civilisation de l’Inde antique, ainsi que pour y suivre le Buddhist trail. La seconde, ex-journaliste, fondatrice et animatrice d’Osho Arunachala Ashram, à Moka, a foulé le sol de l’Inde pour la première fois en 1991 et en est actuellement à son 11e séjour, d’abord à l’ashram de Sri Ramana Maharshi, au pied de la montagne de Shiva à Tiruvanamalai (Tamil Nadu), puis à la Kumbh Mela d’Allahabad (Uttar Pradesh), dans la sangha internationale de Sri Prem Baba, satguru d’origine brésilienne. Profondément touchées par cette terre de paradoxes qui les a marquées, toutes deux ne sont pas revenues les mêmes après leurs pérégrinations dans le sous-continent. Reshmi et Roselyne-Aseema nous livrent, ici, un témoignage poignant de leur rencontre avec l’Inde.
Le rayonnement de l’Inde à travers le globe n’est pas seulement dû à Bollywood ou au fait que le sous-continent soit un géant économique en marche, mais aussi à la civilisation de l’Indus — Saraswati où ont fleuri l’ancienne culture védique, l’Inde savante – qui a notamment offert au monde le Zéro, l’astrologie, le Sa Re Ga Ma Pa Dha Ni Sa et le Kama Sutra —, l’héritage moghol ainsi que les philosophies spirituelles les plus diverses de grands Maîtres.
Dans ce pays multicolore, multilingue et multireligieux, je deviens UN parce que mon âme se connecte à l’Inde ancienne et à la conscience éveillée des grands chercheurs de Vérité et des Sages. Mon identité n’est pas édictée par ma naissance, mon âge, mon éducation ou mes appartenances ; elle trouve sa réelle dimension dans cette source qui coule depuis la nuit des temps. C’est une fontaine de jouvence intarissable.
Aujourd’hui, le monde court après les plaisirs sensuels, la consommation effrénée et la satisfaction immédiate du désir, même si le prix à payer consiste à sacrifier son âme et de belles relations humaines. Ayant été élevée à l’occidentale, je suis, certes, influencée par ce train de vie. Cependant, ma conscience étant liée à l’Inde et à certaines de ses valeurs fondamentales — telle celle du karma que l’on retrouve dans la Bhagavad Gita, celles de l’amour et de la non-violence prêchées par Gandhi, ainsi que celle de l’observation du Soi, cette vigilance constante prônée par la méditation —, j’aspire au sens de la vie et à la réalisation spirituelle.