Comptant plus de 500 kilomètres de lignes, le Métro de Shanghai est le plus long réseau du genre au monde.  De la technologie moderne, avec guichets automatiques et escaliers roulants, à la sécurité omniprésente avec caméras et accès contrôlés au rayon X, en passant par la propreté et les facilités pour handicapés, tout participe au confort des passagers.
 De plus, les tarifs sont très accessibles. Il n’est pas surprenant que la fréquentation quotidienne soit estimée à 7 millions de passagers, toutes classes confondues, car Shanghai accueille 12 millions de touristes annuellement. Je suis de ces visiteurs conquis par ce mode de transport efficace qu’est le métro, rapide et pas cher.
 Ce matin-là, c’est à la plus vieille Église catholique de Shanghai que je me décide de me rendre. Inaugurée le jour de la Pentecôte en 1853 sous l’appellation St-François Xavier, elle se trouve à douze minutes de marche de la station Xionanmen.  Le trajet entre la station Lancun Road à Xionanmen dure environ 10 minutes avec correspondance et ne coûte que trois yuans. 
Une fois à Xionanmen, n’arrivant guère à me repérer, je me renseigne en vain. L’anglais n’est pas compris par la plupart des locaux, encore moins le français. C’est en ces moments-là que je réalise l’importance d’être polyglotte. Finalement, m’exprimant en signes, j’arrive à me faire déposer devant l’Église par un chauffeur de tricycle motorisé.
La façade baroque de l’édifice me fait vite oublier les petites difficultés rencontrées pour y parvenir.  Elle serait inspirée de celle de l’église du saint nom de Jésus, église mère des Jésuites, qui se trouve à Rome. Ce sanctuaire romain abrite d’ailleurs le bras droit de St-François Xavier, éminent Jésuite, mort en Chine en 1552 après un riche parcours de missionnaire en Extrême Orient. Son corps repose d’ailleurs en Inde, dans la basilique de Bon Jésus à Goa.
Ce n’est pas un hasard que le concepteur jésuite de cet édifice shanghaïen ait choisi de le mettre sous le parrainage de St-François Xavier. L’intérieur de l’église d’une blancheur immaculée, est caractérisé par des colonnes imposantes et épaisses relevant du style de la Renaissance. Elle dispose, à l’entrée, de deux chapelles latérales dont l’une est consacrée à la sainte famille. Près du narthex, se trouve, un baptistère en marbre et un confessionnal conçu dans le bois.
  La nef mène vers un choeur richement aménagé mais c’est surtout cette belle fresque absidiale de style byzantin qui caresse la vue et se dresse comme une fine voile entre ciel et terre. Richement décorée par les scènes de la vie du Christ, cette oeuvre d’art d’une rare beauté appelle à la méditation et au recueillement, qui avancent le rideau et permettent de contempler, de notre mortel radeau, le beau, l’éternel.
Les bas-côtés, eux, mènent vers des autels latéraux dont l’un a été transformé en crèche grandeur nature et l’autre surmonté d’une représentation du Christ à l’arrière de laquelle se trouve une belle fresque de la Madone et l’enfant.
Plusieurs tableaux relevant de l’art religieux ornent les lieux et je suis particulièrement interpellé par les traits caractérisés des personnages qui y figurent. Je trouve qu’il s’agit d’une bonne chose car les locaux peuvent ainsi mieux s’identifier aux représentations divines.
L’église St-François Xavier mérite d’avoir été élevée à la catégorie de relique culturelle de Shanghai. Hormis son attrait spirituel, cet édifice brasse plusieurs styles d’art et d’architecture qui font le bonheur des visiteurs avisés ou pas.