Dans une semaine débuteront les championnats d’Afrique de VTT, le rendez-vous tant attendu. L’occasion pour certains, en nombre assez conséquent d’ailleurs, d’aller à la pêche aux points pour les JO de Londres. Dans le camp mauricien, l’ambiance est on ne peut plus relax. Quelques coureurs parlent de cette expérience qu’ils vivront dans quelques jours.
Sébastien Tyack, 18 ans, est relaxe. Non pas qu’il n’a pas peur. Mais il estime s’être bien préparé pour ce rendez-vous. Il y a de quoi : les championnats se déroulent ici. Et ça, c’est une sacrée motivation. « Forcément, ça aide. Mais surtout, il s’agira de bien se positionner. » Car face à lui, on retrouve trois Sud-Africains. « Je les connais plus ou moins », avance-t-il. Sur les trois, un l’avait précédé l’année dernière. Il s’agit de Patrick Belton, alors que Sébastien Tyack avait fini 11e.
Cette année, pas question pour lui de servir de faire-valoir. Il se voit plutôt dans le rôle du poil à gratter. « Avec mon entraîneur, Yannick Lincoln, on a tout fait pour être prêts. Le reste, c’est le jour de la course que ça va se jouer. » Mais il compte sur un atout : la connaissance du parcours. « J’ai pu m’entraîner, je crois que je connais suffisamment la piste pour espérer faire quelque chose. » Et terminer sur le podium ? « Pourquoi pas ? Au départ, on visera l’or ou l’argent. Après, tout dépendra de la course, puisque le VTT est une discipline assez individuelle et que les Sud-Africains ne pourront pas forcément mettre une tactique en place », avoue-t-il.
Si le jeune Tyack se veut optimiste, par contre, Matthieu Le Blanc, deux championnats d’Afrique au compteur, se veut plus prudent. Il doit l’être, en tout cas. Son princial concurrent, James Reid, vient de finir quatrième de la Coupe du Monde à Pietermaritzburg. Rien que ça. « Forcément, en face, c’est du costaud. Je dirais même que c’est du niveau mondial », lâche-t-il.
Pourtant, lui aussi table sur la connaissance du parcours pour espérer briller. D’ailleurs, il vient de passer la semaine à travailler des exercices spécifiques sur des portions de la piste. « C’est pour mettre les chances de mon côté. Croyez-moi, ça va pas rigoler ce jour-là. »
Et comment voit-il ses chances de monter sur le podium ? « Minces. On dira que c’est difficile. Mais bon, j’aurai un maillot de Maurice sur le dos. Et il s’agira de le défendre comme il se doit », précise le coureur.
De son côté, Arnaud Li, spécialiste de la descente, voit les choses d’un autre oeil. En théorie, lui aussi peut espérer. Les organisateurs ont avoué qu’il n’y avait pas beaucoup de coureurs étrangers inscrits pour la DH. Ce qui laisse le champ libre aux Mauriciens.
« Vous savez, avec les autres, on est potes. Mais ça ne veut pas dire qu’on va s’envoyer des fleurs. Chacun fera sa course. Et le reste se décidera au chrono », lance Arnaud Li.
D’ailleurs, il voit en Matthieu Marion son principal challenger. « Depuis qu’il est retourné des Mondiaux, il a un sacré niveau. » Si à ce soir, minuit, aucun étranger n’est inscrit, alors, la médaille d’or de la DH sera dans le camp mauricien. « On se battra au coude à coude, ça c’est sûr. »
Sur la piste de descente aménagée par l’association MTB Freeride, les coureurs promettent de s’engager. Reste à savoir qui sera le plus rapide au terme des 1500 de descente.
Par contre, tout le monde se battra. Sébastien Tyack, Matthieu Le Blanc et Arnaud Li ont le même objectif : donner le meilleur d’eux-mêmes. L’objectif de tous les Mauriciens, en somme. « Je crois que c’est ce dont nous avons besoin : une motivation. Et quoi de mieux que de faire les championnats d’Afrique à Maurice ? », confient-ils.