L’enthousiasme des quelque 3,000 manifestants qui étaient à Port-Louis samedi encourage les instigateurs du mouvement Wanted 15 000 Jeunes à apporter une suite à cette première étape. D’autres actions sont annoncées sur le terrain pour mobiliser les citoyens mauriciens contre le communalisme, la corruption, les injustices et les défaillances soutenues par un système politique jugé en déphasage. Appel est lancé à la solidarité pour permettre l’émergence d’une société plus équitable selon un désir exprimé par une masse jusqu’ici silencieuse.
Ce n’est plus exclusivement sur Facebook que se poursuivront les discussions lancées dans le cadre du projet Wanted 15 000 jeunes. Elles devraient désormais s’étendre sur le terrain. Des rencontres dans différentes parties du pays – dont les régions vulnérables – avec les ONG, les syndicats, et avec “tous les citoyens qui croient en une autre île Maurice” sont annoncées, “dans un esprit d’ouverture et d’écoute”, disent les inspirateurs du mouvement. Face à un système qui soutient le communalisme, la corruption et les injustices, le peuple est appelé à s’exprimer et à faire bloc pour appeler au vrai changement.
Suite et…
“Nou pe al de lavan ver enn nouvo lespwar !”, affirme Jameel Peerally. Pour ce dernier, il est temps d’en finir avec une classe politique classique qu’il dit “coupée de la réalité du peuple et qui prend des décisions dans des tours d’ivoire”.
Satisfaits de l’enthousiasme affiché par les quelque 3,000 manifestants de samedi, les organisateurs saisissent la balle au bond. À l’heure d’un premier bilan, ils gardent un ton ferme et déterminé pour confirmer qu’il y aura une suite. “L’heure est à l’action”, dit Nilen Vencadsamy. Un commentaire qui répond à la principale interrogation posée depuis le 10 septembre.
Plusieurs personnes étaient surtout curieuses de savoir si l’appel lancé via Facebook aurait eu l’effet escompté. “Nous n’avons peut-être pas eu 15,000 manifestants, mais nous avons eu une foule déterminée. Et c’était une foule quadricolore”, confie Jameel Peerally. Entre analyses, critiques, suggestions, messages de soutien, le mouvement continue à susciter des réactions (parfois même passionnées) sur les réseaux sociaux, dans la presse et sur le terrain. Chacun ayant sa lecture des événements selon son expérience ou sa sensibilité.
Réveil.
Du centre Marie Reine de La Paix à la Cathédrale de St Louis, c’est une foule déterminée à se faire entendre qui a traversé le centre de la capitale pour réclamer de vive voix les changements souhaités. “Le réveil du citoyen s’est fait. Dimoun inn deside vinn lor koltar. C’est un message clair que nous avons envoyé à la population pour lui dire de prendre son destin en main. Nous avons aussi fait comprendre aux politiciens que, désormais, nous serons là pour les surveiller et nous faire entendre”, estime Nilen Vencadsamy.
Ce mouvement, précise l’homme de loi militant, n’appartient à aucun de ceux qui se sont mis de l’avant jusqu’ici. “Nous ne sommes pas des leaders politiques. Nous sommes des patriotes qui aimons notre pays. Nous avons décidé de venir de l’avant pour dénoncer une situation. Nous le faisons parce que nous croyons en une autre île Maurice. Le combat contre le communalisme concerne tout le monde. Ce mouvement ne nous appartient pas, il est celui de chaque Mauricien.” Membre du Blok 104, Nilen Vencadsamy a précisé que Wanted 15 000 Jeunes attendra la décision du Privy Council avant de décider de la forme que prendra sa prochaine action.
Structurer.
Entre-temps, le mouvement est appelé à se structurer. Jusqu’ici, expliquent Nilen Vencadsamy et Jameel Peerally, les choses se sont faites de manière spontanée. “Cette spontanéité était nécessaire pour que les participants puissent exprimer leur indignation.” Le mouvement prendra forme selon les besoins et les désirs qui se feront ressentir dans l’avenir, tout en demeurant fixé pas ses objectifs.
“Nou pa virtuel, nou lor koltar”, scandaient les manifestants, samedi. “Nou inn sorti du virtuel pou vinn bien reel”, confirment les organisateurs. Pour Jameel Peerally, “ena enn gro travay a fer, se aster ki li bizin koumanse”. Un appel particulier est lancé aux jeunes : “Zot bizin pran zot destin dan zot lame.”