Ils ont tenu parole et défilé dans les rues de Port-Louis, dénonçant corruption, fraudes, scandales, communalisme, injustices, favoritisme, drogue, inégalité des chances, politique de « peti kopin, gro kokin »… « Tout ce qui pourrit notre pays depuis des années, avec un système politique tout aussi dépassé et archaïque ! », pour reprendre les mots de Nilen Vencadsamy, avocat, et un des principaux animateurs de la plate-forme civile Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir, initiée via le réseau social Facebook.
Dans l’ordre et la discipline, jeunes et moins jeunes ont scandé des slogans, parcouru les artères principales de la capitale, avant d’écouter les animateurs du mouvement leur donner rendez-vous dans un mois pour une prochaine action. Entretemps, « le mouvement va se structurer et élaborer son plan d’action, en descendant sur le terrain et aller vers les Mauriciens, dans les quatre coins de l’île, pour rallier tout le peuple », soutient Nilen Vencadsamy.
« Kinouete ? Ruz, Ble, Zonn, Ver ! Kinouete ? Morisien ! » « Frod ! Koripsion ! Inzistis ! Kominalis ! Are nou ? Non ! » « Ti kopin, gro kokin ! » « Seki nou le ? Legalite pu tou. »
Fist in the air, à la manière des révolutionnaires, Shimanda Mungur, jeune femme menue mais mue d’une immense envie d’« améliorer les choses », selon ses propres mots, est l’un des principaux “porte-voix” de Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir. Ceux qui ont adhéré au mouvement via le net en savent quelque chose…
Dès le départ de la marche, de la rue St Georges, de l’enceinte du Centre Social Marie Reine de la Paix, aux alentours de 12 h 10, Shimanda Mungur n’a eu de cesse de relancer la foule qui foulait derrière elle l’asphalte brûlant de la capitale, ce samedi 10 septembre sous le soleil de plomb de midi. Une foule qui a ostensiblement grandi au gré de son trajet dans les rues de Port-Louis — St Georges, Jemmapes, Kennedy, Place d’Armes, sir William Newton, Desforges, Pope Henessy… — pour diminuer, toutefois, quand la procession a atteint sa destination finale, à la Place La Cathédrale.
De part et d’autre, Nilen Vencadsamy, avocat et l’un des animateurs de la plate-forme civile, a épaulé la jeune femme, réitérant les points forts du manifeste du mouvement et rappelant leur message direct aux politiques : « Avek nou, pena briani ! Pena bis ! Pena tempo ! » Les autres animateurs de la plate-forme, Jameel Peerally, Havish Gokool et Sandrine Casquette, s’y sont aussi relayés.