En 2004 et 2006, Fabrice Bauluck avait montré la voie. Douze ans après, Warren Robertson l’a rejoint au palmarès des championnats du monde juniors de kick-boxing. Sur le ring 1 du Jesolo Lido à Venise en Italie samedi, ce jeune de 18 ans a confirmé l’adage qu’un bonheur ne vient jamais seul, lui qui s’était retrouvé sur la plus haute marche du podium à la Coupe du Monde en Hongrie en juin. Cette fois, il a disposé du Turc Fevzi Kurt en finale de la catégorie -54 kg à l’unanimité des juges (3-0) pour devenir le seul tireur africain à décrocher une médaille d’or au cours de cette compétition.

Alors qu’il se trouve encore sur son petit nuage, Warren Robertson ne peut cacher son bonheur d’avoir réussi son pari. « C’est un immense bonheur, car je pense avoir réalisé quelque chose de grand. Mon rêve s’est réalisé », nous a-t-il déclaré ce matin. D’autant qu’il s’est dévoué corps et âme aux séances d’entraînement, quitte à sacrifier ses études. « Ma satisfaction est encore plus grande, dans le sens où j’ai pu rejoindre Fabrice au palmarès. C’était ma dernière chance chez les juniors et il me fallait la saisir à fond. » Reste que la course vers la plus haute marche du podium n’a guère été une partie de plaisir. « Les deux combats ont été très durs. Il me fallait demeurer concentré, mais j’avais une telle envie de gagner. Lors de la finale, j’ai pu marquer et esquiver par la suite », fait ressortir Warren Robertson, qui s’attend à un accueil chaleureux à son retour au pays demain matin.

En attendant, il a une pensée spéciale pour ceux qui l’ont encouragé et soutenu vers l’accomplissement de son rêve. En particulier ses parents, et ses entraîneurs Fabrice Bauluck et Judex Jeannot. Ce dernier dit d’ailleurs pouvoir pousser un ouf de soulagement, après toutes ces années d’attente. « Nous avons cru en lui. Warren s’est beaucoup investi et il mérite cette consécration », soutient l’entraîneur national. Ce dernier avance toutefois que son poulain, sans doute sous pression, n’a pas réellement donné la pleine mesure de son talent.

« La finale a été assez compliquée tactiquement et je pense que Warren a eu des difficultés à gérer le stress et la pression. J’ai dû donc faire montre d’un coaching agressif en le bousculant après chaque round. » C’est ainsi que deux des trois juges étaient en faveur du tireur mauricien à l’issue du deuxième round, et que le Turc pouvait encore croire en ses chances. Toutefois, Warren Robertson devait accentuer la pression au cours de cette dernière reprise pour signer un succès sans contestation. « Il a su compenser son manque d’expérience internationale de par ses qualités naturelles que sont entre autres la vitesse et la précision », fait ressortir Judex Jeannot. Soulagement, mais également le bonheur d’avoir réussi dans cette entreprise. « Warren a été le seul Africain à avoir obtenu l’or. Même l’Afrique du Sud, qui avait présenté 64 tireurs, ne s’en est sortie qu’avec deux médailles d’argent », ajoute-t-il.

Désormais, le nouveau champion du monde se retrouvera chez les seniors, mais dans la même catégorie que Fabrice Bauluck. « Il est possible de présenter deux tireurs dans la même catégorie lors de la Coupe du Monde, mais Fabrice aura à défendre son titre chez les seniors. Donc, avec Warren, il nous faudra procéder étape par étape », précise Judex Jeannot. Ce dernier maintient qu’il devra observer une bonne hygiène de vie afin de briller dans le haut niveau, et aussi continuer à faire montre de discipline et de sérieux.