Le texte de loi portant sur le renouvellement de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) pour une période de dix ans (2015-2025) a été approuvé hier par la Chambre des Représentants du Congrès américain. Ce vote est intervenu un mois après celui du Sénat. Il reste maintenant à un comité conjoint de réconcilier les deux versions du texte de loi avant qu’un vote final ne soit pris.
C’est par une large majorité des députés (397 voix contre 32) que le H. R. 1295, appellation du texte de loi sur le renouvellement de l’AGOA, a été adopté par la Chambre des Représentants. Selon Paul Ryberg, dirigeant de l’African Coalition for Trade (ACT) et lobbyiste du secteur privé mauricien à Washington, on peut s’attendre à ce que le comité conjoint Chambre des Représentants-Sénat se réunisse dans le courant de la semaine prochaine avant de rendre public son rapport dans les jours suivants. Ce rapport, indique Paul Ryberg, va être présenté à nouveau devant la Chambre des Représentants et le Sénat pour un vote définitif qui pourrait intervenir avant le 4 juillet 2015, date à laquelle le Congrès entrera en vacances.
On ne sait pour le moment si le H. R. 1295 est profondément différent de la Trade Preferences Extension Act of 2015 adoptée par le Sénat à la mi-mai et qui inclut le renouvellement de l’AGOA pour une période de dix ans. La version du texte de loi voté par le Sénat fait provision pour le maintien des dispositions légales concernant le « Third Country Fabric », dispositions qui permettent à un pays éligible d’utiliser des matières premières importées de pays tiers pour fabriquer des vêtements et d’exporter les produits finis en franchise de douane vers les États-Unis. « The Senate’s new reauthorization bill provides exactly the type of stability and predictability required for beneficiary countries to utilize AGOA more effectively and for companies to make long-term investment decisions in the continent », avait souligné Witney Schneidman, ancien assistant secrétaire d’État adjoint pour les affaires africaines dans l’administration américaine et spécialiste des questions concernant l’investissement et le commerce en Afrique subsaharienne.
Witney Schneidman avait également relevé que le texte de loi approuvé par le Sénat offrait plus de flexibilité dans la gestion de l’AGOA par les autorités américaines, notamment pour ce qui est des critères d’éligibilité. Le texte fait provision pour le retrait voire la suspension des privilèges fiscaux à des pays qui ne respectent pas ces critères. La version de l’AGOA adopté par le Sénat accorde également une plus grande importance à l’agriculture et propose des mesures de soutien aux femmes qui sont engagées dans le secteur agricole et dans l’entrepreneuriat en général. Par ailleurs, il reste à savoir si les textes de loi votés par les sénateurs et les députés contiennent des dispositions semblables concernant les exportations de poulet par les États-Unis vers l’Afrique du Sud. Les discussions entourant ce volet des relations commerciales entre les Américains et les Sud-Africains ont grandement retardé le renouvellement de l’AGOA.
Par ailleurs, prenant la parole lors de la manifestation commerciale « Source Africa 2015 » à Cape Town, cette semaine, Gail Strickler, Assistant US Trade Representative pour le secteur du textile et de l’habillement, a déclaré que la valeur des exportations africaines des produits d’habillement vers les États-Unis pourrait quadrupler au cours des dix prochaines années pour atteindre 4 milliards de dollars. Le renouvellement de l’AGOA va, selon lui, donner une impulsion à ces exportations tout en aidant à la création de quelque 500 000 nouveaux emplois.