Le ministre des Finances et du Développement économique, Vishnu Lutchmeenaraidoo, en mission à Washington, a recherché l’appui technique du Fonds monétaire international (FMI) pour la mise en marche du processus de modernisation de l’économie mauricienne et du développement de nouveaux pôles de croissance et de création d’emplois.
Accompagné du secrétaire financier Dev Manraj, du gouverneur de la Banque de Maurice Ramesh Basant Roi et de l’ambassadeur de Maurice aux États-Unis Sooroojdev Phokeer, le ministre des Finances a eu jeudi une session de travail avec la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Les discussions, indique-t-on au ministère des Finances, ont porté sur « la nouvelle stratégie économique de Maurice, qui émane de la vision “High Investment – High Employment” énoncée dans le Budget 2015-16 ».
Le ministère des Finances précise que le projet de transformation du port de Port-Louis en un « maritime hub » régional, le développement de la nouvelle économie bleue, le rapprochement économique avec l’Afrique et la mise en place des Smart Cities étaient parmi les sujets évoqués lors de cette rencontre. Une communication du ministère ajoute : « Il y a aussi eu des discussions importantes sur la situation budgétaire et la dette publique. »
On sait qu’une mission du FMI, dirigée par le Dr Mauro Mecagni, était à Maurice en décembre dernier dans le cadre des consultations sous l’Article IV du FMI, laquelle mission avait constaté que l’économie mauricienne est restée résiliente en 2015 en dépit de certains « difficult domestic developments » et de la volatilité des marchés émergents. Le taux de croissance de l’économie mauricienne s’est maintenu « at a respectable rate of over 3% in per capita terms » alors que le taux d’inflation, en progression annuelle, a été plutôt bas. La mission avait également relevé que le déficit budgétaire pour le premier semestre 2015 a été en dessous du niveau projeté, malgré le fait que la dette publique avait grimpé dans le sillage des injections de capitaux de la part de l’État dans deux banques et l’impact de la dépréciation de la roupie sur la dette extérieure.
Lors d’une conférence de presse à l’issue de la mission, le Dr Mauro Mecagni avait annoncé que le taux de croissance économique attendu pour 2016 serait proche de 4%. Dans une « mission statement » publiée sur le site internet du FMI, le Dr Mecagni fait ressortir que les principaux défis que Maurice doit relever en 2016 concernent la réduction de la dette publique par le truchement d’une consolidation de l’effort budgétaire sur le moyen terme, l’augmentation de la résilience du secteur financier, la mise en place de réformes pour assurer la transition vers une économie à hauts revenus, ainsi que l’amélioration de la productivité et de la compétitivité de l’économie mauricienne. « Addressing infrastructure bottlenecks, skill mismatches and gender inequality in the labour market will also be important », souligne-t-il. Le chef de mission ajoute que la politique monétaire suivie par la Banque de Maurice est « plus ou moins appropriée », considérant que la situation concernant l’inflation est plutôt favorable.
Le rapport final des officiels du FMI ayant fait partie de la mission Mecagni doit être publié dans le courant de ce mois après son examen par le conseil d’administration du FMI. Les points saillants de ce document ont sans doute fait l’objet de discussions entre le Grand argentier et la direction du Fonds.
Les milieux officiels indiquent que la délégation menée par le ministre des Finances a également eu des sessions de travail au siège de la Banque mondiale. Les discussions ont porté sur une assistance de la BM pour l’amélioration du cadre de facilitation des affaires, Maurice voulant améliorer son classement dans le rapport “Ease of Doing Business” et se retrouver parmi les 15 premiers. L’aide technique des institutions de Bretton Woods a aussi été recherchée pour une révision du cadre légal régissant les partenariats entre les secteurs public et privé.
On annonce en outre que le ministre des Finances a eu des pourparlers sur la mise en place d’un Institute of Ocean Research and Development avec le concours de l’University of California San Diego. Un Projet qui cadre avec la stratégie de développement de l’économie bleue. Par ailleurs, le ministre des Finances a assisté durant la matinée du jeudi 4 février à la 64e édition du “National Prayer Breakfast”, présidée par le président des États-Unis, Barack Obama. Le président américain et le président de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, étaient parmi les intervenants de ce rendez-vous annuel de dignitaires mondiaux. La cérémonie s’est déroulée à l’hôtel Hilton, Washington.