Il aura fallu l’institution d’une commission d’enquête après le décès de deux enfants pour que le parc aquatique de Belle-Mare ferme ses portes. Une fermeture qui avait satisfait la famille Racktoo de Trou-d’Eau-Douce après l’accident d’un des leurs. C’est après avoir été projeté dans la piscine à vagues (wave pool), suite à une défaillance technique, que Sarvesh Racktoo, aujourd’hui âgé de 21 ans, est devenu handicapé. Depuis lors, il est obligé de garder le lit. Aujourd’hui, alors que le Sugar Investment Trust compte réinjecter de l’argent pour la réouverture du parc, Pravin Racktoo, le père de Sarvesh, précise qu’il fera opposition si les normes internationales ne sont pas respectées.
Aujourd’hui malgré les meilleurs soins qui lui ont été prodigués — 97 jours dans un établissement privé —, Sarvesh n’a pu retrouver l’usage de ses jambes sans compter qu’il a eu plusieurs ennuis de santé depuis l’accident. Le jeune homme, qui n’a pu poursuivre sa scolarité — il aurait entamé la Form IV cette année — reste jour et nuit dans son lit. Un lit qui, selon sa mère Sandhya, 50 ans, l’a vu grandir et devenir le jeune adulte qu’il est aujourd’hui. À son chevet, sa mère et sa soeur Roopal, 20 ans, se relaient jour et nuit. Un traumatisme vécu par la victime, mais aussi par son proche entourage. Sa mère a dû abandonner le snack familial qu’elle gérait, son frère aîné ayant lui aussi abandonné ses études secondaires pour prendre de l’emploi comme serveur afin d’aider Pravin et payer les frais médicaux.
Pourtant, la famille Racktoo est convaincue que Sarvesh aurait pu ne pas perdre l’usage de ses jambes si seulement le Waterpark était équipé comme il faut. Lors de la commission d’enquête instituée en 2013 après la noyade de Britney Joomun et Dylan Dennemont, il avait été constaté que le parc aquatique avait été conçu en faisant fi des normes internationales, que les maîtres nageurs et sauveteurs n’étaient pas qualifiés et que le parc ne disposait pas d’une salle des premiers soins.
Selon les conclusions de l’enquête, le maître nageur s’est éloigné de son poste parce qu’il avait constaté un dysfonctionnement dans la piscine à vagues. Le mécanisme s’est remis en marche quand Sarvesh sortait de l’eau. Il a été de nouveau projeté dans la piscine avant d’être retrouvé inconscient dans l’eau. C’est son cousin qui l’en a extirpé. « J’ai longtemps attendu l’arrivée du SAMU », raconte-t-il. Pour Pravin, si le SMU était arrivé plus tôt, son fils ne serait peut-être pas devenu infirme.
Pravin garde tout de même une lueur d’espoir que Sarvesh puisse remarcher un jour. Ainsi, il se voit dans l’obligation de vendre une de ses propriétés pour tenter une dernière chirurgie à l’étranger, car depuis 18 mois, il est en attente du jugement de la Cour pour une réclamation de dommage et intérêts de Rs 52 millions logée contre le Waterpark au civil.
Loin d’être contre la réouverture du parc aquatique qui est un loisir pour les Mauriciens, Pravin souhaite que le SIC prenne en compte les conclusions de l’enquête judiciaire. Au cas contraire, il envisage des actions, voire une grève de la faim.