Les travaux de la commission d’enquête, présidée par Shameen Banon Hamuth-Laulloo, présidente de la Cour intermédiaire, ont débuté hier après-midi. Cette instance a été instituée en vue de faire la lumière sur les circonstances qui ont entraîné le décès de Britney Jummun, 8 ans, et du collégien Dylan Dennement, 14 ans. Les deux premiers témoins ont été les deux policiers qui mènent l’enquête sur ces tristes incidents, notamment les sergents Jeetendra Pem et Mahesh Munglyhidoo.
La présidente Hamuh-Laulloo a deux assesseurs : le Dr Swagath Poorun, responsable du Service d’aide médicale d’urgence (SAMU), et Leckram Chineea, Chief Officer du département Occupational Health and Safety du ministère du Travail. Les audiences se tiennent au 3e étage de la New Court House.
Le sergent Pem, qui est affecté au poste de police de Belle-Mare, a déclaré à la commission qu’il s’est rendu le dimanche 29 septembre à Waterpark aussitôt après avoir été notifié d’un cas de noyade survenu dans le parc aquatique. Il s’agissait de celui de la fillette Briteney Jummun. Le témoin a indiqué que c’est la mère qui a vu le cadavre de sa fille flottant dans le Kids Pool. Il était 12 h 30 environ, a indiqué le policier. La petite Briteney avait été accompagnée par sa mère et le compagnon de celle-ci.
Le sergent Pem a fait ressortir qu’il y avait environ 200 personnes au Waterpark ce dimanche 29 septembre, qu’il n’y avait qu’un seul sauveteur sur place pour parer à tout incident à la piscine des adultes aussi bien qu’à celle des enfants. Selon les indications que le témoin a confirmées, au moment du drame, le sauveteur se trouvait dans la partie des adultes et à son retour à la kids Pool, l’irréparable s’était déjà produit.
Le second témoin, affecté lui aussi au poste de police de Belle-Mare, est directement mêlé à l’enquête sur la mort de Dylan Dennement, qui a eu lieu le 11 octobre. Lors de sa déposition devant la commission, il a indiqué qu’avant d’effectuer des glissades sur le toboggan, Dylan Dennement avait consommé des spaghettis. S’étant senti mal, l’adolescent s’est assis sur le bord de la piscine et aurait confié à un ami qui l’avait accompagné qu’il avait mal à la tête et qu’il pouvait difficilement respirer. Son ami a immédiatement informé un sauveteur de la situation, mais ce dernier n’a rien pu faire en voyant le malheureux adolescent s’écrouler au bord de la piscine.
Le témoin a attiré l’attention de la commission sur ce qu’il considère être un manque de sécurité dans le parc de jeux aquatiques. Il a notamment évoqué qu’il n’y avait aucune ambulance sur place et que la salle de soins est située à 75 mètres de la piscine où Dylan Dennement s’est noyé.
Selon le calendrier établi, les témoins attendus lors de l’audience du jour sont les médecins légistes qui ont autopsié les deux cadavres.
Soulignons que les tristes événements ont soulevé un certain désarroi dans le public. Ainsi, en l’espace de dix jours, le Waterpark & Leisure Village a été dans la tourmente à deux reprises avec deux drames ayant deux mineurs comme victimes.
Rappelons que la petite Briteney Jummun, 8 ans, fréquentait le Centre d’éducation et de développement pour les enfants mauriciens (CEDEM). Elle a été repêchée de la piscine pour enfants après avoir été victime d’une crise d’épilepsie. La fillette, qui était accompagnée, comme indiquée plus haut, de sa mère et de son beau-père, s’était rendue au parc à l’occasion d’une sortie scolaire. L’autopsie pratiquée par le Police Medical Officer, le Dr Jankee, devait conclure que Briteney Jummun, atteinte de paralysie cérébrale depuis la naissance, est décédée des suites d’« asphyxia due to drowning ».
Alors que le choc et le traumatisme du premier drame se faisaient toujours ressentir dans certains milieux, un cruel et brutal coup du sort devait frapper à nouveau le Waterpark une dizaine de jours après. La victime : Dylan Dennemont, 14 ans, habitant Baie-du-Tombeau et fréquentant le Collège International à Triolet. Le défunt avait accompagné des amis lors de cette sortie organisée par l’école préprimaire Le Petit Marin.