C’est ce jeudi que sera déposé, auprès du ministère de l’Agro-industrie, le rapport des travaux de la Commission d’enquête instituée l’année dernière pour faire la lumière sur les circonstances entourant les décès de Britney Joomun et Dylan Dennemont, survenus respectivement en septembre et octobre 2013 au Waterpark. Ces derniers participaient à une sortie scolaire ayant viré au drame. La responsabilité de plusieurs personnes, à tous les niveaux, est mise en cause dans le cadre des conclusions de l’enquête judiciaire.
À ce stade, bien que le rapport de la Commission d’enquête n’ait pas été rendu public, il en ressort que la responsabilité des différentes parties est sérieusement mise en cause, de même que la « négligence » des responsables du parc aquatique de Belle-Mare et celle des parents et accompagnateurs des jeunes victimes. D’abord, le Waterpark, pour le manque de matériels de sauvetage et de mesures de sécurité, mais aussi pour son manque de personnel en ce qui concerne la surveillance des activités aquatiques. Il y aurait aussi la responsabilité des écoles, qui avaient organisé les sorties scolaires. Dans le cas de la petite Britney Joomun, qui était âgée de huit ans et était handicapée, les conclusions de l’enquête est que la CEDEM aurait dû être plus aux aguets puisqu’il s’agissait d’une sortie avec des enfants souffrant d’un handicap. Vient ensuite le rôle des parents et des accompagnateurs…
Le rapport de la Commission d’enquête – qui est techniquement prêt depuis la dernière semaine de décembre – sera remis au ministre de l’Agro-industrie et Attorney General Satish Faugoo. Le Waterpark est géré, pour rappel, par la SIT Leisure Ltd, un holding du Sugar Investment Trust (SIT), qui tombe sous la tutelle du ministère de Satish Faugoo. Le ministre devra par la suite prendre la décision de rendre public ou pas le rapport de la Commission d’enquête, présidée par la magistrate Shameen Humuth-Laulloo, avec pour assesseurs le Dr Swagath Poorun, Acting Director au SAMU, et Leckram Chineea, Chief Occupational Safety & Health Officer au ministère du Travail. Quant à la décision de suspendre de manière définitive les activités du parc aquatique de loisirs, fermé temporairement depuis la survenue de ces incidents tragiques, le flou demeure toujours.
Trois semaines d’audience
Outre le but de situer les responsabilités et de faire la lumière sur les drames ayant coûté la vie à Britney Joomun et de Dylan Dennemont, les conclusions du rapport serviront à établir des recommandations pour éviter que d’autres drames humains ne se reproduisent à l’avenir et également autour des mesures de sécurité entourant le parc de loisirs.
Un calendrier de travail avait été établi avec, en premier lieu, une visite déterminante sur les lieux du drame, avec les explications des différents protagonistes employés au Waterpark afin de mieux comprendre les circonstances des deux drames, et aussi des audiences durant trois semaines consécutives, où plusieurs personnes avaient été assignées en tant que témoins, notamment les responsables du Waterpark, secouristes, sauveteurs, parents et proches des jeunes victimes, ainsi que les reponsables des écoles, mais aussi les témoignanges de différents professionnels et d’autres victimes d’accidents survenus dans le parc aquatique. Les travaux s’étaient achevés fin novembre avec une visite au centre nerveux du SAMU, qui se trouve à l’hôpital Victoria, Candos, en vue de retracer l’historique des nombreux appels de détresse et délai d’intervention de chaque maillon de la chaîne de mission de secours dans les deux cas. Ce après quoi les membres de la Commission ont rédigé leurs conclusions.
La mort de ces jeunes victimes avait, pour rappel, créé un profond malaise l’année dernière ainsi que des sentiments de colère vis-à-vis du manque de sécurité au sein du Waterpark. Le premier cas remonte au 29 septembre 2013. Ce jour-là, Britney Joomun participait à une sortie scolaire organisée par la CEDEM, accompagnée de sa mère et du concubin de cette dernière. Son corps a été retrouvé inerte dans la piscine pour enfants. La petite fille avait eu une crise d’épilepsie. L’autopsie pratiquée par le médecin légiste avaient attribué la mort de Britney Joomun à une asphyxie résultant d’une noyade.
Le cas de Dylan Dennemont (14 ans), remonte, lui, au 10 octobre 2013. Le rapport médico-légal a attribué son décès à une asphyxie due à la régurgitation du contenu de son estomac. L’adolescent avait accompagné une amie à une sortie scolaire de l’école maternelle Le Petit Marin. Après avoir consommé une importante quantité de spaghettis, ce dernier avait effectué une série de glissades sur le “multi-slides” avant d’être pris d’un malaise et de s’effondrer sur le rebord de la piscine. Les tentatives pour ramener à la vie les victimes, dans les deux cas, ont été vaines.