Le manque de professionnalisme à tous les niveaux, notamment dans la gestion et le roulement des activités du Waterpark, est pointé du doigt dans le rapport de la Commission d’enquête, instituée peu après deux drames en 2013 qui ont coûté la vie à Dylan Dennemont (14 ans) et Britney Joomun (8 ans) dans des circonstances déjà connues. C’est ce que Le Mauricien a appris auprès de plusieurs sources concordantes, après la soumission du rapport la semaine dernière à l’Agro-industrie. Le parc aquatique n’opérerait pas selon les normes internationales, voire même nationales au niveau de la qualité de l’eau, d’où la recommandation de la Commission d’enquête de le faire aligner sur les normes établies.
Si la mort des deux jeunes est qualifiée en quelque sorte de fatidique, avec Dylan Dennemont ayant ingurgité une importante quantité de nourriture avant d’effectuer à plusieurs reprises des glissades sur le multi-slides et la fillette de huit ans ayant eu une crise d’épilepsie alors qu’elle se trouvait dans l’eau, la responsabilité des parents et accompagnateurs est mise en cause dans le rapport, de même que celle du Waterpark pour une série de manquements. Selon nos informations, les premiers auraient dû redoubler de vigilance, surtout dans le cas de Britney Joomun, une enfant handicapée et épileptique. Le 29 septembre, la fillette de 8 ans participait à une sortie scolaire organisée par le CEDEM. Une exception avait été faite pour deux enfants (dont Britney) qui étaient venus en chaise roulante, pour qu’ils soient accompagnés par deux adultes. La petite Britney était accompagnée de sa mère et du compagnon de cette dernière. Le corps de la fillette, après qu’elle a eu une crise d’épilepsie, a été retrouvé inerte dans la piscine pour enfant par sa mère, qui s’est retournée alors qu’elle se rendait aux toilettes et avait donc initialement le dos tourné.
Au-delà des circonstances tragiques ayant causé la perte des vies de ces deux enfants, la manière de gérer les activités du parc aquatique et à bien d’autres niveaux (management, prise de décisions, entre autres) est remise en cause dans les conclusions du rapport de la Commission d’enquête soumis mercredi dernier au ministère de l’Agro-industrie. Le parc aquatique tombe sous la tutelle de ce ministère, celui-ci étant géré par la SIT Leisure Ltd, un holding du Sugar Investment Trust (SIT). La commission d’enquête avait été instituée pour faire la lumière sur les circonstances des drames ayant coûté la vie à Britney Joomun et Dylan Dennemont, respectivement en septembre et octobre 2013, alors qu’ils participaient à une sortie scolaire. Elle avait été placée sous la présidence de la magistrate Shameen Humuth-Laulloo avec pour assesseurs le Dr Swagath Poorun, acting director du SAMU et Leckram Chineea, Chief Occupational Safety & Health Officer au ministère du Travail. Ce comité d’enquête était également chargé de faire des recommandations pour éviter d’autres incidents et accidents à l’avenir. Il avait siégé pendant trois semaines à la New Court House pour auditionner les différents protagonistes impliqués dans la gestion du Waterpark, des professionnels, les familles et proches des victimes et ceux présents le jour des drames.