La Commission d’enquête chargée de situer les responsabilités sur les drames qui ont coûté la vie à deux mineurs récemment au Waterpark & Leisure Village, ont entendu hier après-midi Royco Nobin, qui a eu le nez fracturé lors d’une sortie au parc aquatique le 3 février 2013. Les victimes d’incidents ou d’accidents dans l’enceinte du parc sont entendus cette semaine.
« En pensant passer une bonne journée avec ma fille, j’ai finalement vécu un véritable cauchemar… Je subis encore les séquelles de ce traumatisme. Mes enfants m’ont vu ensanglanté. » C’est par ces paroles que Royco Nobin, tour-opérateur, a débuté son témoignage devant les membres de la Commission d’enquête. La Commission est présidée par la magistrate Shameen Humuth-Laulloo qui a pour assesseurs le Dr Swagath Porun du SAMU et Leckram Chineea, Chief Occupational Safety & Health Officer du ministère du Travail.
Cet habitant de Cap-Malheureux était venu passer une journée de détente en famille. Vers 14 h, sa fille de 4 ans et lui ont décidé de faire l’activité du tunnel noir (black hole) qui exige que l’on soit placés en binôme dans une bouée et qu’on effectue une glissade dans un tunnel complètement noir pour atterrir dans la piscine. « Il n’y avait pas de lifeguard à son poste à ce moment-là, ils étaient tous à bavarder et avaient l’air détendus », a-t-il relaté. Un groupe de jeunes effectuait la glissade dans le black hole, leurs vêtements encore sur eux et qui plus, sans bouée. Il n’y avait personne pour s’assurer que les règlements soient suivis à la lettre, a précisé Royco Nobin.
Sa fille s’était installée au-devant de la bouée et juste avant d’effectuer la glissade, cette dernière a échangé de place avec son père. Lorsqu’ils se sont lancés dans le tunnel noir, Royco Nobin s’est heurté à une personne issue du groupe de jeunes et qui serait restée « bloquée » dans le tunnel. Royco Nobin a décrit cette expérience, comme une des plus traumatisantes avec sa tête heurtant les parois du tunnel. « Je saignais beaucoup de la bouche et du nez. Mon visage était en sang. C’était l’horreur. Mes filles de 4 et 9 ans m’ont vu ensanglanté », devait-il préciser, la gorge nouée. Sa fille de 4 ans aurait reçu un coup à la tête. « Si je n’avais pas changé de place avec ma fille, que se serait-il passé ? Et elle n’a que 4 ans », s’est interrogé ce père de famille.
Le lifesaver du Waterpark lui a aussitôt prodigué les premiers soins et Royco Nobin devait saluer le professionnalisme de ce dernier devant les membres de la Commission d’enquête. Il a été transporté d’urgence à l’hôpital de Flacq dans un des véhicules du Waterpark. « À l’hôpital, je rendais des boules de sang », a-t-il expliqué. Le soir, en dépit des soins reçus à l’hôpital, il devait se rendre dans une clinique privée, se sentant encore plus mal. « Heureusement que je suis sain et sauf aujourd’hui mais je pense qu’on devrait prendre les consignes de sécurité un peu plus au sérieux », devait-il suggérer. Royco Nobin a ajouté par ailleurs avoir vu ce jour-là, des personnes consommer de l’alcool alors que les règlements à l’intérieur du parc aquatique l’interdisent. Étant un habitué du Waterpark puisqu’il est amené régulièrement à transporter des touristes lors des excursions, il a fait la comparaison avec les premiers débuts du parc de loisirs : « Au début, il y avait plus de surveillance à la porte. »
Les travaux de la Commission d’enquête se poursuivent cet après-midi avec d’autres témoignages de victimes d’incidents ou d’accidents dans l’enceinte du parc aquatique. La Commission entendra à nouveau les médecins du SAMU cette semaine et vendredi, les membres se déplaceront au QG du SAMU à l’hôpital de Candos pour vérifier l’historique des différents appels de détresse reçus dans les deux cas respectifs de Dylan Dennemont (14 ans) et Britney Joomum (8 ans), le temps de réaction pour relayer les appels à l’hôpital de Flacq et le temps qu’ont pris les ambulances pour arriver sur les lieux du drame.