Maurice accueillera d’ici l’année prochaine un festival de films réalisés par les handicapés pour les handicapés, cela avec la collaboration du ministère de la Sécurité sociale et de la Mauritius Film Development Corporation. C’est ce qu’a annoncé hier Satish Kapoor, le directeur de We Care Filmfest, un festival itinérant de films éducatifs sur les handicapés en Inde.
« Pendant ces huit dernières années, grâce au We Care Filmfest nous avons pu sensibiliser l’opinion publique indienne sur les droits des personnes handicapées », a expliqué Satish Kapoor au Mauricien. « Cette année, à l’occasion de la neuvième édition de ce festival, nous sommes sortis pour la première fois hors du territoire indien pour venir animer un festival de films sur les personnes handicapées à l’île Maurice », se félicite-t-il.
Au siège du ministère de la Sécurité sociale à Port-Louis, Satish Kapoor était entouré entre autres de Srilatha Juvva, Associate Professor et présidente du Centre for Disability Studies and Action de la School of Social Work de l’Inde, de N. Soobratty, Principal Assistant Secretary au ministère de la Sécurité sociale et de la Solidarité nationale et président du National Council for the Rehabilitation of Disabled Persons, et de A. Bankur, responsable de la Disability Unit du ministère.
Selon Satish Kapoor, We Care Filmfest dispose de plus de 400 films sur les handicapés, dont une soixantaine ont obtenu des prix au niveau national indien et au niveau international. Il explique que les spectateurs sont appelés à noter les films, puis un jury indépendant donne son verdict en s’appuyant sur des critères très stricts. Il y a quatre catégories de films en fonction de leur durée : ceux qui durent jusqu’à une minute ; ceux de cinq minutes ; ceux de 30 minutes et ceux de 60 minutes. « En Inde, nous organisons ce festival dans 74 endroits avec une moyenne de 300 séances par endroit. Imaginez donc le nombre de personnes que nous touchons depuis que nous existons », lance-t-il.
« Nous montrons dans nos films des personnes handicapées parce que nous voulons démontrer à l’opinion publique qu’elles aussi ont des talents dont nous pouvons tous en être fiers », s’enthousiasme le directeur de We Care Filmfest.
Ainsi, poursuit-il, on voit dans ces films un médecin aveugle ou sans jambes soigner des malades ; un écrivain handicapé qui écrit avec sa bouche, un autre avec ses pieds ; un unijambiste et un manchot nager, chacun réalisant un exploit. « Un handicapé, comme tout être humain, a droit à l’éducation, à un emploi, il doit pouvoir se déplacer librement », affirme Satish Kapoor. « Or, ces barrières, physiques et mentales, peuvent aussi prendre la forme d’attitude offensante de la part des autres, et plus grave encore, elles peuvent être sous la forme d’une absence d’information sur le monde des personnes handicapées, d’où l’importance de notre festival de films qui a pour principal objectif de sensibiliser l’opinion publique sur les droits des personnes handicapées », insiste-t-il.
C’est en commentant le Festival de Films sur les personnes handicapées que We Care Filmfest anime depuis le début de la semaine en collaboration avec le ministère de la Sécurité sociale et l’ONG Global Rainbow Foundation (Mauritius), de l’ancien ministre de l’Éducation et haut cadre de l’Unesco Armoogum Parsuramen, que Satish Kapoor a annoncé son ambition de solliciter l’aide du ministère et de la Mauritius Film Development Corporation (MFDC) pour que les handicapés mauriciens puissent réaliser des films sur les handicapés pour les handicapés. « Ce sera une occasion de promouvoir le secteur des handicapés à Maurice et nous pouvons même envisager l’année prochaine de présenter ces films au New York Disability Films Festival et au London Disability Films Festival », s’enthousiasme-t-il. Il a ajouté que ces films pourront même être mis en ligne sur Internet où ils pourront être téléchargés contre un paiement minime.
Srilatha Juvva s’est félicitée pour sa part du récent lancement d’une base de données et d’un site Internet dédiés aux personnes handicapées par le ministère de la Sécurité sociale. « Ces outils devraient permettre de faire des recherches visant à des actions ciblées pour les handicapés et même une évaluation de leurs besoins », a-t-elle expliqué. « Mais le principe fondamental à ne jamais oublier c’est que si nous n’impliquons pas les personnes handicapées dans ce que nous voulons faire pour elles, nous n’allons jamais réussir », prévient-elle.