Ce que vous tenez entre les mains est le 15e Week-End Hit Parade des Fédérations. C’est un peu notre cadeau de Noël, avant l’heure, aux fédérations sportives qui ont opéré durant l’année 2013, leurs joies, leurs peines de même que leurs incompétences dans certains cas. Cette année, le vote pour désigner le leader du notre Hit-Parade a été un exercice plus au moins facile, même s’il faut se rappeler que les trois éléments essentiels qui ont été pris en considération dans ce classement ont été respectés scrupuleusement. A savoir le calendrier d’activités, les résultats et la gestion des affaires de la fédération. Trois points qui caractérisent la quintessence de la bonne santé d’une fédération. Le classement de 2013 laisse transparaître la montée en puissance de la FMKB et la chute vertigineuse de l’Association mauricienne de Boxe.
De manière générale, très peu sinon aucune fédération qui figure dans notre classement peut se gargariser d’avoir obtenu un maximum sur les 10 points sur lesquels nous nous basons pour juger sur les trois sphères. Même le leader de notre classement 2013 et ce pour la 2e année consécutive, ne peut se vanter d’avoir eu plus que la moyenne dans ces trois conditions à respecter.
En effet, la Fédération mauricienne de Kick-Boxing et Disciplines Assimilées (FMKBDA) reste le leader du Week-End Hit Parade des Fédérations avec un total de 9 points. Certes, c’est pas encore le maximum jamais obtenu par une autre fédération qui a déjà occupé cette place, en l’occurrence la Fédération mauricienne de Boxe (AMB) avec 9.5 points en 2011, mais il va sans dire que 2013, c’est l’année du kick boxing.
Mais que les dirigeants de la FMKBDA se le disent, si cette dernière occupe la première place de ce classement, c’est avant tout  grâce aux deux titres de Champion du Monde, obtenu respectivement par Fabrice Bauluck (-54 kg) et James Agathe (-81 kg) en octobre dernier au Brésil. Dans la foulée de cette double performance qui a fait grimper les points de cette fédération dans la colonne réservée aux résultats, il faut aussi ajouter les deux titres de vice-champions du Monde à mettre à l’actif de Burtlan Simiss (-51 kg) et Facson Perrine ( -63.5 kg).
Dans la balance,  les résultats de ces kick boxeurs ont pesé de tous leur poids dans la balance pour que la FMKBDA se retrouve avec 1.5 points additionnels par rapport à l’année 2012. Car si les résultats sportifs pour cette fédération sont plus que satisfaisants et à faire pâlir bien des fédérations dites olympiques et qui bénéficient des largesses de l’État au niveau des finances,les performances de ces quatre mousquetaires à Sao Paulo — qui n’ont que leurs poings et leurs gants pour faire honneur à la République de Maurice —, ils les ont obtenues à la sueur de leur front. Mais aussi en raison de l’engagement personnel d’un homme, leur entraîneur, Judex Jeannot, qui a trouvé en Jérémie Rousseau un homme qui comprend les objectifs à atteindre. Ce dernier, pour sa part, a su trouver les moyens, surtout financiers, pour permettre aux kick-boxeurs d’atteindre ces objectifs.
Clean à la surface
A la surface, il faut dire que tout marche comme sur des roulettes au sein de la FMKBDA, par contre dans le fond, cette fédération n’échappe pas aux guerres intestines qui ont fini par pourrir certaines fédérations sportives. Le ratage à l’allumage dans le dossier de la participation mauricienne aux Championnats du Monde est la preuve, si besoin est, que les bise-bise et les coups bas ont pris de la place au sein de cette fédération.
Si ces dirigeants ne réagissent pas très vite, ou mieux ne se ressaisissent pas très vite, la chute risque fort bien d’être très lourd. Car comme le dit l’adage, très lourd sera la chute dans le monde sportif et ce n’est certainement pas les boxeurs qui nous diront le contraire aujourd’hui. Eux qui avaient l’habitude d’occuper le haut du tableau se retrouvent, dans le classement 2013, qu’à la 9e place. Soit une chute de 7 places dans ce classement. La faute à qui? Des  dirigeantes irresponsables menés par un président, Pascal Telvar qui avait décidé de commencer son mandat en mars dernier sur une très mauvaise note: une bagarre rangée contre la presse sportive.
Aujourd’hui la triste vérité est que cette même presse sportive a tourné le dos à cette discipline qui dans la foulée a connu la pire des saisons. Une participation en dents de scie sur la scène internationale et une motivation quasiment absente ont fait que les meilleurs ont presque jeté les armes. D’autant plus que le duo Pascal Telvar-Roméo Caliste a décidé de mener une véritable chasse aux sorcières à l’intérieur même de la fédération.
Rajcoomar ignoré, Nagloo humilié
L’ex-président, Rajiv Rajcoomar malgré toute son expérience est ignoré alors que le mentor ou l’architecte des victoires mauriciennes en terre étrangères, dont la médaille de bronze olympique de Bruno Julie en 2008 a été à la fois évincé et humilié.L’Humiliation de Jean-Claude Nagloo fut telle qu’il fut accusé d’avoir «volé» l’argent destiné aux boxeurs alors que dans la foulée, Pascal Telvar décida de ne pas recommander le renouvellement du contrat du DTN.
Depuis mars, la chute de l’AMB était irréversible et cette fédération donne l’impression aujourd’hui d’avoir trop de capitaines à son bord. L’avenir ne tardera pas à nous dire à quel point ceux qui sont à la tête de l’AMB sont en train de tuer la poule aux oeufs d’or. Comme le veut la coutume dans cette circonstance, on les laisse à leur conscience.
La grosse satisfaction de cette année 2013 c’est sans aucun doute la remontée de l’Association mauricienne d’Athlétisme. L’après Buckland-Milazar a été difficile à gérer par Réduit qui a souffert par un manque de résultats chroniques sur la scène internationale. Le travail de fourmi qui a été fait par la fédération avec le soutien logistique et financier du Trust Fund For Excellence in Sports porte ses fruits.
L’athlétisme prend du galon
Les performances du sprinteur, Jonathan Permal (médaille de bronze au 200m des Jeux de la Francophonie,  médaille d’argent au 200m et 4x100m et médaille de bronze au 100m aux Championnats d’Afrique junior) ou encore celle de Jessika Rosun (médaillée de bronze au lancer du javelot), ou Orwin Emilien (médaille de bronze au 400m haies championnats d’Afrique) sont autant de performances qui rassurent au niveau de cette discipline.
L’athlétisme mauricien semble avoir trouvé — 13 ans après Dakar — en Kingston (Jamaïque) le nouveau centre de formation pour la crème de cette discipline. Certes, le court passage de Clyde Thomas à la tête de cette fédération, qui a été remplacé par Vivian Gungaram à la présidence 20 ans après, reste comme une tache dans le CV de cette fédération en 2013. Reste que celui qui a été derrière les rideaux durant toutes ces années a accepté d’être dans la ligne de mire et à deux ans des Jeux des Iles de La Réunion (2015) il n’y a rien de rassurant.
AMB: l’après Tarbadas?
Autre montée en puissance à noter cette année est celle de l’Association mauricienne de Badminton. Là encore, la patience a payé après des années de braise et une période de rigueur mise en place par Raj Gaya jusqu’à ce qu’il laisse la présidence à l’amorphe Bashir Mungroo, qui a déjà pris une décision qui pourrait être irréversible. A savoir, le limogeage du DTN, Nanda Kumar Tarbadas. Certes, cette discipline continue à bénéficier, voire à tirer profit des entraînements du Malaisien. Mais l’après Tarbadas risque fort bien d’être difficile à gérer. A commencer par la pépiniaire, notamment ces jeunes qui ont réussi la razzia à la compétition de la CJSOI aux Seychelles, qui se retrouvent orphelins de guide.
Dans le top 10, mis à part la chute de la boxe, on note une stabilisation. Cette situation donne l’impression que ces fédérations, telles que le cyclisme, le judo et le tennis entre autres jouent essentiellement sur leur acquis. Ce qui n’est pas forcement un bon signe en vue de 2014 qui reste plus que jamais l’année de la préparation finale avant les Jeux des Iles. Ces fédérations, notamment le judo et le cyclisme.
En particulier le cyclisme où semble régner une nonchalance, voire de l’inconscience et au sein duquel, on semble dire que tant que Yannick Lincoln va tout va. Mais que fait l’entraîneur national pour assurer la relève ou encore que fait la fédération pour  proposer un calendrier plus moderne et qui répond aux attentes des amateurs de la petite reine? Le judo a innonvé cette saison en venant de l’avant avec l’Africa Judo Open après le ratage du Grand Prix.
Mais derrière, très peu de fédérations veulent s’engager dans l’organisation des compétitions de haut niveau à Maurice. C’est une réalité, mais il existe aussi une autre triste réalité à l’effet que les infrastructures sportives de Maurice ne répondent plus aux normes internationales et modernes.
Mais il y aussi cette autre vérité où beaucoup de dirigeants de fédérations préfèrent prendre l’avion que de prendre la responsabilité d’organiser une compétition.
Notre classement refait aussi de la place aux fédérations de basket-ball, de lutte, de natation et d’haltérophilie. Ces fédérations ont pu se remettre à flots durant la saison qui s’écoule et espérons que ses dirigeants ont tiré les leçons des expériences du passé.
A bon entendeur