Les rideaux sont définitivement tombés sur la saison sportive 2012. Les quelques compétitions qui se sont déroulées hier, notamment en natation, judo, haltérophilie entre autres, ont définitivement marqué une fin de saison  et nous rappellent dans la foulée que c’est l’heure du bilan. A tout Seigneur, tout honneur, nous abordons, dans cette présente édition, le bilan des sportifs. On ne dira jamais assez que sans ces centaines, voire ces milliers de sportifs qui mouillent leurs maillots, le sport mauricien ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Dans un certain nombre incroyable de cas, c’est contre vents et marées que ces sportifs partent défendre les couleurs de Maurice dans des compétitions internationales. Souvent au mépris, voire au dédain des dirigeants et de certains caciques qui sévissent au sein de certaines fédérations et qui, au fil des années, démontrent bien qu’une forme de «mafia» s’est  installée et ce de façon durable.
Saison ratée
S’il est vrai que l’adage dit qu’«il faut de tout pour faire un monde», mais au sein de la rédaction sportive de Week-End, nous croyons avant tout que la vérité(des athlètes mauriciens s’entend) se traduise  sur le terrain. La vérité sportive cette année; elle est à la fois triste et incompréhensible. 2012 devait être la grande année de la boxe mauricienne, quatre ans après la médaille de bronze de Bruno Julie à Beijing. Mais la vérité est celle d’une déconvenue des boxeurs, en particulier celle de Richarno Colin à Londres. Notre compatriote des moins de 64 kg n’est pas allé plus loin que les 8es de finale de ces JO. Alors que sur les autres scènes où il a été présent,  notamment en Hongrie (Bocksai Cup) et Algérie (Phase qualificative pour les JO 2012), le pugiliste mauricien est rentré bredouille.  Ce qui est au passage  synonyme d’une saison ratée à plus d’un titre poir Richarno Colin. Et dans la foulée, c’est tout l’espoir d’un peuple qui fond comme neige au soleil.
En contrepartie, Fabrice Bauluck avait, quant à lui, décidé d’abord de se refaire une santé. Ses problèmes à l’oeil gauche, ramenés de la Coupe du Monde de la Hongrie en mai  2010, l’avaient quelque peu éloigné du ring et mis brusquement fin à sa saison. Il devait revenir aux devants de la scène en 2011 et malgré un autre coup encaissé à l’entraînement, il participera victorieusement aux Championnats d’Afrique de Libreville au Gabon pour ramener à Maurice son 2e titre africain. Mais une fois encore, cette maudite blessure avait décidé de s’installer à un point que Fabrice Bauluck dut prendre encore du repos et faire l’impasse sur la Coupe du Monde (mai). Soigné, il remonte sur la scène internationale et en septembre 2011, il décroche la médaille d’argent des Championnats du Monde  chez les moins de 54 kg en Macédoine.
Lentement mais surement, Fabrice Bauluck, tenu d’ une poignée de fer par Judex Jeannot, s’engage sur la voie de la rédemption. Connu pour sa modestie, le tireur mauricien commence l’année 2012 sur des chapeaux de roue. Sans aucun doute, la Hongrie lui porte chance puisque en mai, il part pour y revenir avec le titre de champion de la Coupe du Monde. Il signe ainsi son retour parmi les meilleurs sportifs mauriciens et, dans la foulée, sa remise en forme. La confirmation des bonnes dispositions de Fabrice Bauluck viendra en septembre dernier lorsqu’il monta sur le toit de l’Afrique en devenant pour la 3e fois (2009, 2011 et 2012) Champion d’Afrique.
Tel le Phénix qui renaît de ses cendres, Fabrice Bauluck   connaît une année faste et  a su tirer profit du peu de performance enregistrée par les athlètes dits «olympique».
3e fois Champion de Week-End
Mis à part la 7e place de Christiane Legentil aux Jeux Olympiques de Londres, qui, soit dit en passant, est la meilleure performance mauricienne à ces Jeux, le Club Maurice avait la mine défaite au retour de la capitale anglaise. C’est un Fabrice Bauluck en POWERFUL MAN qui s’est installé dans le «driving seat» avec ses deux titres majeurs cette saison. C’est dans la logique des choses sportives que Fabrice Bauluck se retrouve dans le fauteuil des Champions de Week-End. Ce pour la 3e fois, après 2006 et 2009. Quatre années d’absence et le moins qu’on puisse dire, il fut éclipsé par la performance des boxeurs, tant par Richarno Colin que Bruno Julie.
C’est donc une douce revanche sur le sort pour celui qu’on considère comme l’homme tranquille du kick-boxing mauricien, surtout pour cette discipline qui chaque année produise son lot de résultats.  Comme premier dauphin de FabriceBauluck, la rédaction sportive de Week-End — dont la tâche a été très ardue cette année — a attribué ce rôle à la judokate Christiane Legentil. Nouveau fer de lance du judo mauricien, cette fille venue de Rodrigues et qui n’a que 20 ans, a montré aux yeux du monde aux JO de Londres, de quel bois elle se chauffe.
Sans tambour ni trompette, elle  défait ni plus ni moins que la Championne du monde junior 2009 et Championne d’Europe sénior 2010, Mendi Kelmendi de l’Albanie. Depuis les Jeux de Sydney en 2000, le judo mauricien ne s’était pas retrouvé si proche d’un podium olympique par l’entremise de cette fille à la fleur de l’âge et qui veut démontrer qu’elle peut aller encore plus loin dans sa quête du Graal. Dans cette logique, comment ne pas tirer une parenthèse sur l’investissement consenti par le Trust Fund for Excellence In Sports sur cette athlète qui certainement a un avenir tout désigné si d’aventure elle continue sur cette voie et continue également à garder sa confiance en soi.
Une séparation inattendue
A la troisième place du classement des Champions de Week-End, on retrouve la paire Elodie Li Yuk Lo et Natacha Rigobert. Ouvrons une autre parenthèse pour dire toute l’incompréhension et la tristesse de la rédaction sportive de Week-End devant la séparation inattendue de cette équipe il n’y a pas longtemps. Cependant, cette séparation  n’efface en rien la performance 2012 de cette équipe, qui a gagné leur qualification pour les Jeux Olympiques de Londres par les tripes. En effet, elles se sont beaucoup bataillées sur le continent pour gagner cette seconde place africaine pour Londres. Certes, leurs performances à Londres n’ont pas été ce que tout le monde espérait, mais la paire Li Yuk Lo-Rigobert a, tout au long de la saison 2012, fait rêver les Mauriciens. Dommage que ce rêve ne puisse pas continuer…
L’effet TFES
Cependant, dans la foulée de ces performances, on note aussi une bousculade au portillon. A ce niveau, nous constatons avec satisfaction le nombre de jeunes athlètes qui figurent dans cette liste. De Sébastien Tyack en passant par Brice Pierre-Louis, Lambert Leclézio, Hemanshu Tambojun, Mathieu Leblanc, Allan Arnachellum, Widaad Gukhool, Facson Perinne, Enzo Couacaud, de même qu’Anabelle Laprovidence, Didier Cornet, Arnaud Li Hing Fui, Matthieu Marion, Shekar Mohesh, Kate Foo Kune, Chrystabelle Clair et Julian Sévère entre autres..
Des jeunes talents qui sont, dans la grosse majorité, dans l’encadrement du TFES de Michael Glover. Il va sans dire que ce projet lancé en 2003, prend de plus en plus d’importance dans la performance des athlètes mauriciens dans son ensemble.
Sans risque de se tromper, on peut même parler désormais de l’effet TFES dans le paysage du sport mauricien. Grâce aux soutiens sportifs et éducatifs de cette Fondation, nous pouvons sans doute parler de pépinière qui se met en place et dans certaines disciplines, la relève assurée.
On ne peut que déplorer que le comportement indigne et anti-sportif de ceux qui se considèrent encore comme «les dirigeants de la Fédération mauricienne de Natation» met en péril les jeunes nageurs, absents dans tous les niveaux durant cette saison 2012. L’histoire du sport mauricien saura juger à leur juste valeur ces «profiteurs» qui, au nom de leur égo surdimensionné, ont stoppé net la progression d’une discipline. Par contre, quand il s’agit de prendre l’avion pour des voyages d’agréments et touristiques. Shame sur ces personnes qui se disent dirigeants, mais qui au final ne sont là que pour leur petites personnes…sans jeu de mot.