Maurice est l’économie la plus compétitive en Afrique, indique l’édition 2016/2017 de The Africa Competitiveness Report, rendue publique hier à Durban, Afrique du Sud, par le World Economic Forum, qui y tient un sommet consacré aux enjeux du développement au niveau continental. Affichant un score de 4,49 points sur un maximum de 7, Maurice précède l’Afrique du Sud et le Rwanda. A l’échelle mondiale, Maurice se retrouve au 45e rang (sur 138 pays) alors que l’Afrique du Sud se classe 47e.
Publié sur une base semestrielle et tenant en compte des données et analyses provenant de la Banque mondiale, de la Banque africaine de Développement et des observations de différents experts, The Africa Competitiveness Report 2016/2017 indique que Maurice est le seul pays africain à faire la transition à une « innovation-driven stage » et qu’elle occupe le premier rang sous quatre des douze indicateurs considérés pour les besoins du classement : l’infrastructure, la santé/éducation primaire, l’enseignement universitaire/formation et l’efficacité du marché des biens. L’Afrique du Sud est également bien cotée, se plaçant en première position sous quatre indicateurs : développement du marché financier, technologie, sophistication du secteur des affaires et innovation.
« Although Mauritius ranks first among African countries, it is still only at No 45 in the global index, a sober nod towards Africa’s slowing productivity levels after a decade of sustained growth. If Mauritius consistently outperforms its continental peers, it’s because its leaders have removed the hurdles that prevent so many other countries from achieving prosperity ; in this case, streamlining its goods market, building solid infrastructure and promoting a healthy workforce », souligne Anna Bruce-Lockhart, rédactrice du World Economic Forum.
Le rapport du WEF fait voir que Maurice a gagné une place par rapport au classement mondial de 2015-2016 qui comprenait 140 pays. Le pays a réalisé son meilleur classement mondial (26e) sous l’indicateur “Efficience du marché des biens”. Maurice est parmi les 50 premiers à l’échelle mondiale sous cinq autres indicateurs : institutions (36e), infrastructure (41e), santé et éducation primaire (48e), développement du marché financier (44e) et sophistication du secteur des affaires (37e).
Se référant aux réponses obtenues des experts à un questionnaire sur les « problematic factors for doing business », le rapport du WEF révèle que dans le cas de Maurice c’est l’« inefficient government bureaucracy » qui représente l’entrave la plus importante. En deuxième position, les correspondants ont indiqué le facteur « insufficient capacity to innovate » et ont mentionné ensuite les problèmes suivants : « inadequately educated workforce », « corruption » et « indequate supply of infrastructure ».
On observe, par ailleurs, que Maurice est parmi les meilleurs performeurs mondiaux sous le sous-indice « Inflation » (1er), les tarifs douaniers (3e) et l’effet de la taxe sur les incitations à l’investissement (8e). Le plus mauvais classement mondial de Maurice a été noté au niveau du sous-indice « taille du marché domestique » (120e).
Par ailleurs, le WEF soutient que les gros défis concernant la compétitivité des économies africaines relevés dans le premier rapport publié il y a une dizaine d’années sont toujours présents. Le déficit infrastructurel, le déséquilibre entre les compétences de la main-d’oeuvre et les besoins du marché, l’adoption lente de nouvelles technologies, la faiblesse des institutions sont persistants. « These factors, in addition to weak financial sector development and low levels of regional trade and integration, emerge as the main bottlenecks that prevent African economies from offering an environment that facilitates better employment and entrepreneurship opportunities to its citizens as well », fait ressortir le WEF.