Wendy Simiette, c’est une voix qui se balade à travers la Chine pour y amener chaleur et ambiance. À ce jour, la chanteuse professionnelle a animé des spectacles de différentes envergures dans seize cités et villes. Anciennement engagée dans le circuit hôtelier mauricien, elle mène une carrière sous les cieux chinois. De là-bas, elle nous parle de son parcours et annonce la sortie, le 13 décembre, de son single, Un autre univers.

En ce moment, Wendy Simiette est à Hubei, au cœur de la République populaire de Chine. Cela fait un mois qu’elle a posé ses bagages dans cette province. La Mauricienne vit une brève période de transition, en attendant un nouveau projet musical. Les notes et son feeling soul la garderont ici ou la mèneront ailleurs en Chine. Dans une des grandes cités modernes semblables à celles qu’elle a déjà connues. Ou dans une ville comme Kangding, où la chanteuse avait suscité la curiosité par son talent et la couleur de sa peau, qui y avait été rarement vue.

En concert pour le gouvernement chinois pour le Projet One Road One Belt

Wendy Simiette saura s’adapter à cet univers. De grandes cités et de petites provinces, elle en a connu seize depuis qu’elle s’est laissé tenter par l’aventure chinoise en 2010. Avec de multiples allers-retours entre Maurice et la Chine, la chanteuse professionnelle y mène désormais carrière, après avoir longtemps participé à l’animation dans les hôtels mauriciens. À Hubei, avant de reprendre le chemin de la scène, elle se prépare pour la sortie prochaine de son single, Un autre univers. Une de ses compositions enregistrée à Maurice et mixée en Chine et qui annoncera son album. L’année prochaine, sa voix figurera sur l’album du reggaeman jamaïcain IKong, qui a remonté vers ses sources en Chine pour enregistrer aux côtés de l’orchestre Jahwahzooo. Wendy Simiette y était présente en tant que choriste.

De Rodrigues jusqu’en Chine.

Ce rôle, elle l’a aussi tenu pour Fusional Mind, sur le premier album du groupe de Steeve Laridain. C’était quelque temps avant sa participation comme chanteuse dans la comédie musicale en kreol Porgy ek Bess, au moment de son retour au pays. À Rodrigues, où elle a vécu pendant presque une année, elle est montée sur scène pour accompagner Aubain, Ras Poldo, Ras Natty Baby, entre autres. En Chine, le reggae est l’un des registres où elle se distingue, en studio comme en live. Les préférences de la chanteuse penchent vers la black music. Son style de prédilection étant la soul, elle y puise son répertoire. En Chine, tout comme ce fut aussi le cas dans les hôtels mauriciens, elle étoffe sa playlist avec du pop et d’autres styles populaires. Des interprétations qui ont su convaincre les différents orchestres qui l’ont sollicitée, ainsi que le public, qui en redemande.

Bien qu’elle soit née dans une famille où la musique a été présente, Wendy Simiette s’est construite par elle-même. “J’ai toujours été attirée par la musique. Mais, à l’époque, on voyait mal comment faire carrière dans ce domaine”, se rappelle-t-elle. Un proche qui l’entendait souvent chanter la contacte un jour pour lui proposer de venir faire un remplacement à l’hôtel. Wendy Simiette a alors 18 ans. Née à Rodrigues de parents mauriciens, elle y a vécu deux ans avant de revenir à Maurice, où elle a grandi à Cluny. Cette athlète pratiquant la marche s’est tournée vers la musique suite à une blessure pour ne pas céder à l’oisiveté. C’est ainsi que l’occasion de faire carrière lui a été donnée. “Une fois que mon père m’a donné l’autorisation, j’ai tenté le coup à l’hôtel. Après quelques remplacements, j’ai compris que c’est ce que je voulais faire.”

La vie d’artiste.

Wendy Simiette prend goût à ce monde et à cette manière de vivre. “La vie d’artiste est une vie fantastique, qu’il faut vivre pour comprendre.” Piaf, les succès d’hier et d’aujourd’hui intègrent son univers. Elle se fait connaître dans le domaine, tout en progressant vers des établissements de plus en plus prestigieux. Elle s’habitue au milieu et développe cette sensibilité qui fait la particularité des animateurs et des chanteurs d’hôtels. Plusieurs opportunités se présentent à elle. En 2008, elle accompagne les Famous 8 du St-Géran en Allemagne. Deux ans plus tard, elle se produit à La Pirogue lorsqu’elle décide de faire une pause. “J’y étais en permanence et ça commençait à devenir lassant de voir et faire les mêmes choses. J’ai décidé de recommencer en free-lance pour être plus disponible.”

C’est durant cette période qu’un de ses amis l’appelle de Chine pour lui proposer d’y venir travailler. Depuis quelque temps, elle voyait s’envoler plusieurs de ses collègues, et la possibilité de vivre l’expérience ailleurs l’avait séduite. “Peu de temps après ce coup de téléphone, tout était prêt pour que j’embarque dans cette nouvelle étape.”

Vivre en nomade.

La Chine qu’elle découvre n’a rien à voir avec ce que la télé et les préjugés lui avaient fait croire. “Je me suis retrouvée dans une ville moderne et cosmopolite. J’étais en compagnie de Colombiens, de Vénézuéliens, d’artistes du continent africain. Je me suis fait des amis sri-lankais, béninois, népalais. J’étais en Chine, mais c’est le monde que je découvrais.”

Même si l’absence de son enfant resté à Maurice chez ses parents se fait sentir, Wendy Simiette s’intègre et prend goût à cette nouvelle aventure. “L’avantage que nous avons en tant que Mauriciens, c’est que nous sommes ouverts sur le plan musical.” À Guangzhou, la première formation qu’elle rejoint est composée d’artistes de plusieurs nationalités. Le groupe se présente dans des clubs et des bars, où les artistes sont reçus avec respect et engouement. Une première expérience qui lui ouvrira les portes d’une chaîne d’hôtels japonais, où elle travaillera avant de rentrer.

Les voyages vers la maison seront réguliers. L’appel de la Chine le sera aussi. Wendy Simiette apprend à vivre en nomade, en fonction des contrats qu’elle reçoit. Elle participe aussi à des spectacles nationaux, comme le concert donné pour marquer les 70 ans de la République Populaire de Chine, et pour le grand spectacle marquant le projet baptisé One Road One Belt. Mariée au Chef Noam David, la naissance de son deuxième enfant lui impose une nouvelle pause, avant de reprendre la route.

Un album l’année prochaine.

Les bagages ne sont jamais entièrement défaits. Mais Wendy Simiette a voulu donner une autre dimension à sa carrière. D’où son single, une chanson française composée en 2013. D’autres textes et d’autres mélodies ont déjà été écrits, ce qui lui permet d’envisager un album pour l’année prochaine.

Encore quatre ou cinq mois à passer en Chine. Elle sera ensuite de retour à Maurice et se laissera porter par les opportunités. Quand elle pense aux conditions des artistes à Maurice, cela la renvoie à une certaine nostalgie de la Chine. “Il faut être réaliste et se dire qu’il est difficile de vivre de la musique à Maurice. Tu peux travailler aujourd’hui et ne plus avoir à manger en hiver quand la saison touristique est au plus bas. On accorde peu d’importance aux artistes d’hôtels. Zot konn nou pou fer touris danse. Kan touris fini danse, pena nanye ki reste pou nou.” En Chine, bien que le travail soit parfois difficile, le respect fait la différence. “Là-bas, quand nous arrivons, c’est le directeur d’hôtel qui vient nous saluer. À Maurice, on nous fait passer par les petites portes. Le respect n’y est pas.” Wendy Simiette garde espoir : “J’espère que ça va changer au plus vite. Les choses se dégradent rapidement dans les hôtels.”