Après une trêve de plus d’une semaine, les forces vives de Cap-Malheureux relancent leur combat contre la construction d’un complexe commercial à proximité des wetlands de cette région. Cela fait suite à une lettre reçue hier du ministère du Logement et des Terres leur informant que le chantier serait à plus de 30 mètres de la Mare de la Cocoteraie. Le porte-parole des habitants s’oppose au relevé d’arpentage du gouvernement. Par ailleurs, Georges Ah-Yan déplore que ce permis de construction ait été délivré de manière précipitée.
Les forces vives de Cap-Malheureux s’opposent au rapport de l’arpenteur du gouvernement. « Le ministère du Logement et des Terres nous a envoyé une lettre pour nous faire comprendre qu’il ne pourra rien faire parce que la construction est à plus de 30 mètres des Wetlands », indique Georges Ah-Yan. Le porte-parole des habitants n’arrive pas à comprendre les relevés effectués par l’arpenteur du gouvernement et qui diffèrent de ceux de son arpenteur. Le rapport de Ravindranath Bhurtun, l’arpenteur des habitants, avait relevé que « Kirav and Co Ltd Commercial Complex is on a sensitive area… The building is less than 30 meters from the nearest water level of the Wetlands. The topographical position of the land is not in a safe position as hardcore fillings is being done by the promoter to level the site for parking ». Le rapport de l’arpenteur relevait également que le promoteur abattait des filaos et que la construction du complexe commercial allait mener à la destruction du cimetière historique de Cap-Malheureux, qui date de 1866.
La construction d’un complexe commercial en face du cimetière de Cap-Malheureux, à quelques dizaines de mètres des wetlands Mare de la Cocoteraie, préoccupe les habitants de cette région. Selon l’Outline Planning Scheme for Pamplemousses/Rivière-du-Rempart Council Area, aucun développement ne doit avoir lieu à moins de 30 mètres des wetlands. Après trois semaines accordées aux autorités pour agir, les forces vives poursuivent également leur série de meetings.
Par ailleurs, Georges Ah-Yan déplore que le permis de construction ait été accordé aux promoteurs en une semaine alors que cet exercice aurait dû prendre plus de temps. « Au Parlement, le ministre Hervé Aimée a indiqué que la compagnie Kirav & CO avait fait la demande de permis le 6 avril et le permis a été accordé le 15 avril », soutient-il.
À ce jour, le Front Commun a envoyé une lettre aux ministères de l’Environnent, du Logement et des Terres, de l’Agro-industrie, des Administrations régionales afin de protester contre le chantier aux abords de la Mare de la Cocoteraie — identifiée principale wetlands du nord de l’île Maurice selon la carte Descubes (1880) —, en se référant à la PNQ du 5 juin au Parlement. Georges Ah-Yan réclame aussi la publication du rapport de l’arpenteur du gouvernement. « Il doit y avoir de la transparence. »
Par ailleurs, les habitants disent attendre le rapport du ministère de l’Environnement ; si celui-ci aboutit à la même conclusion que celui du ministère du Logement et des Terres, ils saisiront alors la justice.