Chaque année, entre fin juin et octobre, les baleines du pôle sud migrent vers les eaux tièdes des Mascareignes pour s’accoupler et donner naissance à des petits. Gambades, batifolage ponctuent les manifestations de la galanterie chez ces grands mammifères marins. Ce qui ne manque pas d’attireret d’émerveiller des observateurs respectueux de ce cétacé. Étant un habitué des grands prédateurs et mammifères marins, le chasseur d’images Hugues Vitry immortalise à chaque saison hivernale des instants de sa rencontre avec ce plus grand des mammifères marins de la Terre, par ailleurs en danger d’extinction. Un spectacle qu’il nous propose de contempler à travers ces images.
Il est possible d’entendre à plusieurs kilomètres le chant d’amour des mâles. Et lorsqu’ils bondissent de l’eau, ce ballet aquatique peut, si l’on a de la chance, se percevoir depuis la côte Nord. Mais rien ne vaut d’être tout près des baleines et baleineaux. Et Hugues Vitry, photographe sous-marin émérite et moniteur de plongée, aime à observer ces mammifères et sait interpréter leur comportement. Pour lui, «les baleines sont le contraire de nos monstres de cauchemars et croquemitaines dans le subconscient collectif».  À 20km des côtes Nord et Est de Maurice, des baleines surgissent hors de l’eau pour réaliser de magnifiques sauts.
La période de juin à octobre, c’est la grande rencontre entre mâle et femelle, la saison des amours qui ne peur avoir lieu que dans des eaux tempérées.
Ainsi, on peut y voir un mâle tentant l’approche d’une femelle, un autre s’ébattant en surface. Pour les amateurs de whale-watching, le spectacle est unique. Surtout quand la mère va met au monde son petit, elle se place à la verticale, queue en surface et repliée à l’horizontale et tête en bas, perpendiculaire à la surface. Là, elle attend le moment de la sortie du petit. «Les mères sont très protectrices. J’ai même vu un baleineau se faire prendre une fessée par sa mère tandis qu’il tentait de s’approcher d’un plongeur», dit Hugues Vitry.
Quel que soit le spectacle qu’il lui est donné d’apprécier, Hugues Vitry propose une manière douce d’appréhender la découverte des baleines. Ne pas s’approcher de trop près, interrompre le moteur du bateau, restreindre le groupe de plongeurs ou observateurs à un minimum de personnes, tout ceci fait partie de la ligne de conduite de cet amoureux des animaux marins. Un code de conduite qui est scrupuleusement respecté par l’équipe de son centre de plongée, le Blue Water Diving Center. «L’approche des baleines doit se faire dans le respect de l’animal. Ne jamais s’approcher de trop près, le bruit des moteurs les stressent et les fait fuir. Il faut garder une distance de 10m entre les animaux et les observateurs. Dans la zone des 300 mètres, les bateaux doivent réduire leur vitesse pour faire une approche lente en évitant les grands changements de régime.»
Les déranger le moins possible dans leurs activités, c’est la priorité du photographe sous-marin lors du whale watching. Il sait aussi anticiper leurs réactions : «Il faut toujours garder une distance d’environ 50 mètres en parallèle avec l’animal sans arriver par l’arrière ni jamais couper sa route », dit-il.
Son centre de plongée, le Blue Water Diving Center, organise en cette période de l’année des sorties d’observations des baleines avec, au préalabre, un briefing sur l’approche, le respect et le danger qui guettent ces géants des mers. «Ce qui protège les baleines à Maurice, c’est qu’ils sont loin de nos côtes.»
Le Coin de Mire, l’île Ronde (au nord), Poste Lafayette et Roches-Noires (à l’est) sont le rendez-vous annuel de quelques baleines qui viennent mettre bas, chercher un compagnon ou s’accoupler. La mère et le petit ne se quitteront pas pendant au moins deux ans.
La baleine à bosse aussi appelée mégaptère ou jubarte ou encore rorqual à bosse est une espèce de baleine à fanons. Les adultes atteignent habituellement 13 à 14 mètres de long et pèsent en moyenne 25 tonnes. La baleine à bosse effectue des sauts spectaculaires hors de l’eau, possède de longues nageoires pectorales et son chant est très élaboré. Elle vit dans les océans et les mers du monde entier.
Durant leur séjour dans les mers froides, au cours de l’été austral, les baleines à bosse se gavent de krill et de petits poissons pendant ces 6 mois et s’engraissent.Puis, à l’arrivée de l’hiver, comme d’autres baleines de l’Antarctique, elles commencent leurs migrations vers le nord, vers les eaux plus chaudes !
Celles qui arrivent dans les eaux de l’archipel sud des Mascareignes (Maurice, Réunion et Rodrigues)  vers le mois de juin vont y rester jusqu’au mois d’octobre et parfois même jusqu’au début du mois de décembre pour les mères qui ont des petits.