Rama Sithanen, ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances, considéré comme un des proches conseillers du Premier ministre Navin Ramgoolam en matière de réforme électorale, fait état de ses cinq satisfactions après la publication du White Paper on Electoral Reform, hier soir. Les propositions, dit-il, constituent un « véritable socle pour des consultations, des discussions et des négociations » en vue d’obtenir la majorité des trois-quarts à l’Assemblée nationale pour les traduire dans la Constitution. Il a tenu à saluer les efforts sans relâche déployés par Rezistans & Alternativ dans son combat contre le communalisme institutionnalisé dans le système électoral tout en reconnaissant la contribution de Navin Ramgoolam et de Paul Bérenger dans les avancées sur le plan démocratique et du processus de Nation-Building, qui sont actuellement à la table de discussions.
« Ma plus grande satisfaction demeure l’élimination du communalisme institutionnalisé dans la Constitution. Les Mauriciens réaliseront que c’est un progrès considérable qui est en passe d’être accompli. À ce chapitre, je dois saluer très bas et féliciter Rezistans & Alternativ pour ce combat contre le communalisme dans le système électoral. Un combat mené dans des conditions extrêmement difficiles. Il y a également la contribution de Navin Ramgoolam et de Paul Bérenger dans cette grande conquête démocratique », affirme Rama Sithanen, qui ajoute que dorénavant, aucun candidat à des élections générales n’aura à déclarer son appartenance communale.
Le deuxième point de satisfaction concerne la décision unanime de Navin Ramgoolam et de Paul Bérenger de ne pas avoir recours à des recensements communaux. « Pa pou bizin kategoriz bann Morisyin », dit-il.?« Les propositions du Livre Blanc viennent rétablir un véritable désavantage pour les femmes datant de 1959. Une injustice sur le plan électoral a été corrigée avec un minimum de 1/3 genderwise que ce soit pour le First Past the Post ou la Proportional Representation. Depuis le rapport Sachs, je me bats contre cette injustice et je ne peux que me réjouir devant les propositions », poursuit Rama Sithanen.
Les deux autres points concernent le respect des obligations internationales du pays avec la publication du livre blanc, même si cela a accumulé des délais et un début de solution au problème du transfugisme. « L’élu sur la liste proportionnelle qui changera de camp sera disqualifié en tant que membre de l’Assemblée nationale », ajoute-t-il en concédant que pour le First Past the Post (FPTP), la situation est plus complexe.
Dans son analyse des propositions du White Paper, Rama Sithanen revient sur les critères de base de toute réforme électorale, dont la stabilité, un système juste entre le pourcentage de vote et la représentation en termes de députés ou encore la transparence, l’Accountability et le choix du peuple. «Dans cet exercice, il faut un trade-off et un balancing act. Un camp avance qu’une élection doit fournir davantage un vainqueur aux dépens que le système soit juste. Un autre privilégie un système juste aux dépens d’un vainqueur. Des exemples de ces deux formules existent au monde : la première est retenue en Angleterre, aux États-Unis, en France, en Inde ou en Australie, l’autre en Nouvelle-Zélande, en Allemagne ou encore en Suède. Le balancing act doit assurer la stabilité et le fairness tout en assurant la socio-demographic representation, notamment des femmes », dit-il.
« D’un point de vue général, je dois reconnaître que le White Paper constitue un socle solide pour des consultations, des discussions et des négociations pour arriver à un accord en vue de faire voter des amendements à la Constitution », fait comprendre Rama Sithanen, qui met en exergue la décision de Navin Ramgoolam pour avoir « cracked the nut of Proportional Representation and the Best Loser System ».
« Il faut reconnaître la charge émotionnelle du Best Loser System et retenir le fait que Navin Ramgoolam est non seulement le leader du Parti travailliste mais le Sitting Prime Minister. Je dois le féliciter pour cette nouvelle démarche sur le plan démocratique dans la conjoncture politique », a-t-il conclu.