Appelée à être débattue devant la Cour suprême ce matin, la motion de Bail Review d’Arun Mossuddee, soupçonné d’être le cerveau dans l’affaire Whitedot, a été renvoyée au 16 juillet. Seul un juge sur deux était présent suite à un malentendu survenu au niveau du secrétariat. Me Roshi Badhain, avocat de l’accusé qui est en détention à la prison de Beau-Bassin, demande à la cour de revoir le ruling de la Bail and Remand Court qui a refusé d’accorder à son client la liberté provisoire.
En règle générale, dans le cas d’une motion de Bail Review, deux juges doivent entendre l’affaire. Étant la seule présente ce matin, la juge Nalinee Matadeen a ainsi décidé de renvoyer les débats afin que le secrétariat de la Cour suprême fasse le nécessaire pour qu’un deuxième juge soit présent dans le cadre de cette affaire. Elle sera entendue le 16 juillet. Me Roshi Badhain demande à la cour de revoir le ruling du magistrat Roshan Santokee siégeant à la Bail and Remand Court de ne pas accorder la liberté provisoire à Arun Mossuddee.
La police avait présenté trois points pour objecter à la remise en liberté d’Arun Mossuddee, soupçonné d’être à l’origine de la fraude à grande échelle dans l’affaire Whitedot. Elle a ainsi mis en avant le fait que (1) le risk of absconding ; le suspect pourrait fuir une fois libéré ou qu’il ait d’autres comptes bancaires à l’étranger qui n’ont pas été révélés ; (2) sa remise en liberté pourrait compromettre le déroulement de l’enquête en cours et (3) sa liberté pourrait être une menace à sa sécurité.
Dans son ruling, le magistrat Roshan Santokee, siégeant à la Bail and Remand Court, a déclaré n’avoir pas tenu compte du premier point avancé par la police car en apprenant qu’il était recherché, Arun Mossuddee était tout de suite rentré de Grande-Bretagne. Il s’est cependant dit satisfait des deux autres points, d’où sa décision de rejeter la bail motion.
Dans cette demande de Bail Review, l’avocat d’Arun Mossuddee, Me Roshi Badhain, a souligné que son client avait pris l’initiative de rentrer au pays au plus vite afin de collaborer dans l’enquête sur l’affaire Whitedot. L’homme de loi a aussi soutenu que son client a dès le début fourni à la police tous les renseignements sur ses comptes bancaires. Il a aussi donné accès à tous ses comptes à Maurice comme à l’étranger et a indiqué qu’il n’est pas nécessaire qu’il soit tenu en détention pour ne pas avoir accès à ses comptes bancaires et faire des transactions.
Pour ce qui est de sa sécurité, l’avocat a soutenu qu’une charge avait aussi été logée contre la mère du suspect mais que celle-ci se montre en public sans problème. Me Roshi Badhain maintient que la liberté est un droit fondamental et que son client ne peut se retrouver en détention en attendant que la police mène son enquête.
Rappelons qu’Arun Mossuddee, 23 ans, a été arrêté le 29 mars dernier et placé au centre de détention de Moka. Une charge de « conspiracy » sous l’article 109 du Criminal Code pèse sur lui. Il est soupçonné d’être à l’origine de la fraude à grande échelle qui aurait fait plusieurs centaines de victimes et abouti à un transfert de fonds de Rs 700 millions vers une banque suisse.
Arun Mossuddee se trouvait en Grande-Bretagne quand il a appris que des allégations pesaient sur lui. Il a tout de suite pris l’avion pour rentrer à Maurice alors qu’il devait rentrer un mois plus tard. Il a soutenu aux enquêteurs avoir vendu toutes les sociétés qui opéraient sous Whitedot Intl Consultancy Ltd et les portefeuilles de ses nombreux clients.