Shakespeare a disparu physiquement à l’âge de 52 ans à Stratford-upon-Avon, le 23 avril 1616. Son oeuvre a traversé les siècles pour devenir un monument de la littérature universelle. Mais l’histoire de William Shakespeare semble condamnée à être écrite au conditionnel tant elle est sujette à controverse. Les hypothèses fourmillent sur cet acteur devenu dramaturge, et auteur fulgurant d’autant de chefs-d’oeuvre. On sait peu de chose sur Shakespeare, dramaturge et poète d’une érudition étourdissante. Une énigme absolue depuis 400 ans.
À la fin des années 1580, un jeune Anglais originaire du comté de Warwick, sans fortune, ni relations familiales ni éducation universitaire, arrive à Londres. En l’espace de quelques années seulement, il y devient le plus grand dramaturge de son temps, voire de tous les temps. Il se passe de drôles de choses en Angleterre, à cette époque. Luttes féroces entre protestants et catholiques, supplices et décapitations en public, têtes exhibées au bout de piques sur le pont de Londres, complots, diatribes échevelées, sermons puritains, bordels.
William Shakespeare est le fils d’un tanneur du village de Stratford-upon-Avon, fabricant de gants, devenu notable. Ce jeune homme dissimulé possède une mémoire infaillible des moindres situations : le monde est pour lui un théâtre et il peut jouer tous les rôles. Il rêve d’aristocratie, mais son père est ruiné.
William se marie en 1582, à 18 ans, avec Anne Hathaway, une femme de 26 ans, déjà enceinte de lui. Elle lui donnera une fille, Susanna, à qui il léguera plus tard tous ses biens, et des jumeaux, Judith et Hamnet (tout indique que la mort de son fils à 11 ans sera le grand choc de sa vie, et la source du très étrange Hamlet, le jeune prince du Danemark). Il quittera femme et enfants pour se jeter dans la fournaise de Londres. Il est d’abord méprisé par les poètes locaux, parce qu’il n’est pas allé à l’université.