Serbia's Novak Djokovic (R) holds the winner's trophy and passes runner up Switzerland's Roger Federer (L) during the presentation at the end of the men's singles final on day thirteen of the 2019 Wimbledon Championships at The All England Lawn Tennis Club in Wimbledon, southwest London, on July 14, 2019. (Photo by Daniel LEAL-OLIVAS / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE

Époustouflant. Novak Djokovic, à l’issue d’une finale exceptionnelle, et après avoir sauvé deux balles de match face à Roger Federer, a remporté dimanche à Wimbledon son 16e Grand Chelem, et se rapproche du record du Suisse.

Un match titanesque, haletant, indécis jusqu’au bout et qui sacre un champion toujours aussi implacable. Ce 5e titre à Wimbledon permet à Djokovic, 32 ans, de rejoindre au palmarès le Suédois Björn Borg, et n’est plus qu’à quatre longueurs du record de victoires en Majeurs de Federer (20).

Le Suisse a lui frôlé son rêve, et celui de tous ses fans. A deux points près, deux balles de match à 8-7 dans le cinquième set qui vont inévitablement le poursuivre pendant des années.

 « Irréel »

« C’était la finale la plus tendue de ma carrière. Malheureusement, dans ces matches, un des joueurs doit perdre. C’est assez irréel de revenir de deux balles de match et de gagner », a résumé Novak Djokovic.

Cette finale, la première décidée au tie-break du 5e set, est aussi la plus longue de l’histoire de Wimbledon (4h57mn), 11 minutes de plus que son illustre devancière entre Federer et Nadal en 2008. Mais celle-ci fut encore plus cruelle pour Federer. Car il a touché du doigt ce 9e sacre à Wimbledon, ce 21e Grand Chelem qui aurait sans doute placé le Suisse à jamais et de façon incontestable comme le plus grand joueur de tous les temps. Mais voilà, le Maître aux huit couronnes à Londres a craqué face à celui qui contrarie ses plans depuis plusieurs années.

Djokovic avait remporté huit de leurs dix derniers duels. Il a rajouté dimanche une victoire de plus face au Suisse, la 3e lors d’une finale de Wimbledon après celle de 2014 et 2015. Le Serbe, qui n’a plus perdu une finale de Grand Chelem face à Federer depuis 12 ans, n’a du coup jamais perdu en finale contre le Suisse.

Ce n’est pas un hasard si seul un joueur est parvenu à battre Nadal et Djokovic dans un même tournoi du Grand Chelem. Stan Wawrinka, le seul donc à l’avoir fait en 2014 à l’Open d’Australie, va du coup garder ce label encore quelque temps.

Le N.1 mondial, qui disputait sa 6e finale à Londres, avait pourtant laissé quelques portes ouvertes, ce qu’il ne fait pas souvent. Il a parfois étonnamment semblé lâcher un peu, comme dans le 2e set, presque abandonné (6-1), ce qui ne lui ressemble guère. Une relative faiblesse que Federer n’est pas parvenu à exploiter au final.

Le Suisse n’a pas été bon dans les trois tie-breaks, mais c’est à peu près tout ce qu’il peut se reprocher. Mais le constat est sans appel: il n’a plus battu Djokovic depuis quatre ans (en 4 rencontres).

4e Grand Chelem en 13 mois

Le Serbe a lui raflé son 4e titre du Grand Chelem  sur les cinq mis en jeu ces treize derniers mois. Un cycle incroyable, et une domination implacable, vainqueur de trente-trois de ses trente-quatre derniers matches en Grand Chelem. Depuis Wimbledon l’année dernière, il n’a perdu qu’en demi-finale de Roland-Garros face à Dominic Thiem lors d’un match haché et perturbé par le vent et la pluie. Seuls les éléments semblent être capables de perturber Djokovic, qui n’a de cesse de répéter vouloir « marquer l’histoire ».

« Quand j’avais cinq ans et que je rêvais de devenir un joueur de tennis, je m’imaginais ici. C’est spécial. »

Pour Roger Federer, à bientôt 38 ans, l’histoire se raccourcit chaque année qui passe.

« J’espère que je donne une chance aux gens de penser qu’on n’est pas fini à 37 ans. Je me sens bien, enfin… je peux encore tenir debout », a-t-il déclaré. Il a démontré qu’il pouvait encore se hisser en finale d’un Majeur. Mais y arrivera-t-il encore?