Bernard Fayd’Herbe n’a pas raté le coche pour son retour au Champ-de-Mars. Le Sud-Africain se signala en la faveur d’un triplé pour le compte de Gilbert Rousset qui aurait réalisé une meilleure moisson, n’était-ce une monte plus judicieuse de Rama sur Gharbee qui visait une septième victoire consécutive. Cette épreuve fut remportée par Bold Inspiration, qui hérita d’un parcours de rêve, n’étant jamais défié à l’avant. Une victoire qui permet à Donovan Mansour de rejoindre Rye Joorawon au niveau des 19 victoires. C’est également le score de Swapneal Rama, qui s’est offert un doublé chez Perdrau. Cette journée était aussi celle qui vit les grandes premières de Simon Jones en tant qu’entraîneur grâce à Parker, et de l’apprenti Allyhosein sur Van Der Scaler.
En l’absence de Vettel, qui avait été retiré pour cause de boiterie, Rameshwar Gujadhur et son équipe tentèrent le coup tactique avec Bold Inspiration dans The Winter Stakes, disputée sur 1850m. Ce dernier surmonta le handicap de sa ligne extérieure sans grand effort malgré la présence à son intérieur sur le premier furlong d’Assegai, Gharbee et Diamond Light, tous aussi rapides. Ses adversaires ne lui offrirent toutefois pas de grosse résistance, ce qui lui permit de s’emparer de la position tête et corde après 350m de course. Si Rama choisit de suivre en deuxième position, il est clair qu’en la faveur de son poids plume et de son meilleur couloir, il aurait pu faire courir celui qui était présenté comme son principal adversaire et qui portait 5kg de plus que lui. Nous ne comprenons pas pourquoi Rama reprend son cheval après 200m de course alors qu’il a la ligne sur Bold Inspiration. N’était-ce cette démarche, Gharbee aurait pu trouver les barres, donc parcouru moins de terrain dans les tournants et aurait, surtout, forcé son adversaire à faire un effort supplémentaire avant de s’emparer de la tête. Par la suite, la course fut réglée comme du papier à musique.
Nullement inquiété, le représentant de Rameshwar Gujadhur imprima une allure modérée. À titre de comparaison, Bold Inspiration boucla les premiers 650m en 40.79 contre 36.73 pour Dark Avenger sur la partie correspondante de la troisième épreuve. Vu le manque de rythme, le peloton se regroupa dans la descente où la plupart des adversaires de Bold Inspiration se mirent à tirer. On fut surpris du manque d’initiative des jockeys concernés qui reprenaient leurs montures respectives. Rama en premier puisqu’il aurait pu se permettre d’attaquer de loin avec son léger handicap et surtout qu’il n’aurait pas eu de gros efforts à fournir vu qu’il suivait sur l’arrière-main du meneur. En jetant un coup d’oeil à nouveau au chronomètre, nous savions que Bold Inspiration serait difficile à rattraper dans l’emballage final. Mansour ne laissa pas passer l’aubaine et accéléra le pas à partir de la route. Skippyjon Jones et Tube Wave furent timidement lancés en épaisseur, tandis que les autres attendaient la ligne droite finale pour un semblant de réplique. À l’entrée de la ligne droite, l’espoir était permis pour les partisans de Gharbee connaissant son accélération qui lui avait permis d’enregistrer six victoires consécutives, mais Bold Inspiration continua sur son rythme pour contrer son assaut et permettre à Mansour, qui retrouvait la compétition après une semaine de suspension, de reprendre sa série victorieuse.
La belle série continue pour Swapneal Rama. Après son récent doublé pour le compte d’Alain Perdrau, le jockey mauricien récidiva hier. Rama se signala une première fois sur Sunset Breeze qui paraissait encore enrobé et portait ses poils d’hiver pour ses débuts sur notre turf. S’il tira avantage de sa première ligne pour se positionner dans le sillage du favori Evergreen, qui profita du départ moyen de Lietuva pour se retrouver seul en tête, en revanche, ses chances n’étaient pas aussi évidentes à la rue du Gouvernement où, ayant probablement perdu son mors, il était déjà sollicité pour suivre le rythme. Dans la dernière courbe, il concédait environ 3L de retard sur Lietuva qui était sur l’arrière-main du favori. À ce moment de la course, il faut avouer qu’on pensait que la victoire allait se disputer entre ces deux chevaux, mais Sunset Breeze n’avait pas encore dit son dernier mot. Bien accompagné par Swapneal Rama, il rongea du terrain à vue d’oeil. Evergreen laissa sur place Lietuva, mais le danger vint de la nouvelle unité d’Alain Perdrau qui se faufila à la corde pour le coiffer dans les dernières foulées. Andrews n’insista pas sur Papa Joe, qui était déjà au bout du rouleau à 400m de l’arrivée. Un examen du cheval révéla la présence de mucus dans sa trachée.
Rama ne laissa pas passer sa chance sur le favori Trackmaster, qui demeurait sur trois troisièmes places, dont la dernière sur le parcours du jour où il dut changer de trajectoire dans la ligne d’arrivée. Hier encore, le sujet d’Alain Perdrau fut incommodé, mais cette fois aux abords des 400m alors qu’il tenta de se rapprocher entre les deux chevaux de Patrick Merven, car au même moment Beacon Flare déboita. Cela lui coûta environ une demi-longueurs qu’il reprit toutefois dans l’emballage final. En quittant la corde peu avant cet incident, soit au 450m, Trackmaster incommoda New Star qui dut être repris par son cavalier. Rama plaida coupable sous le règlement 160 A (d) in that he failed to take every possible and necessary steps to ensure that his mount did not cross New Star. Il écopa d’une amende de Rs 25 000. Or pour la faute qu’il a commise, le règlement 160 A (e) parrait plus approprié, car en revisionnant le film de la course, on ne voit pas Trackmaster cross New Star puisqu’il s’est retrouvé sur la même ligne que lui lors de cet incident. Un éclaircissement serait souhaitable à ce sujet. Il serait aussi intéressant de savoir pourquoi Gray’s Champ n’essaya pas de s’installer à la corde aux abords du Tombeau Malartic lorsqu’un espace se créa entre Independence et Beacon Flare.
Fayd’Herbe ?démarre en fanfare
Un manque d’initiative qui permit à Beacon Flare se se rapprocher tranquillement sur les barres jusqu’au 400m où il fut déboîté pour contourner Dark Avenger qui faiblissait déjà. Trackmaster s’avéra toutefois le plus fort pour forcer la différence sur la fin. Fayd’Herbe démontra toute sa puissance au finish sur New Star, mais le but arriva trop tôt pour lui.
Bernard Fayd’Herbe n’aura pas attendu longtemps pour se signaler pour le compte de Gilbert Rousset. Après ses podiums sur Lietuva et New Star, le Sud-Africain fit mouche dans la quatrième épreuve où il n’y eut finalement que six partants suite au retrait du nouveau Merven Fortissimo, qui avait fait une chute à l’écurie où il était sellé. Les mises sur ce cheval furent remboursées, tandis que 20 sous par roupies furent déduits sur les gains du vainqueur chez les bookmakers. On pensait qu’il y aurait du rythme dans la course avec la présence des véloces Weiland et Lucky Valentine. Cependant, la course ne fut pas lancée sur des bases élevées puisque Mansour choisit de ne pas insister pour le commandement vu qu’il avait hérité d’un couloir extérieur. Ce n’est que lorsque Kimberly Al améliora sa position après qu’il se soit montré ardent, que le rythme s’endurcit dans la descente. Night In Seattle prit le dos de son compagnon d’écurie, ce qui lui assura de prendre le first run sur Pierneef qu’il garda enfermé jusqu’au poteau des 400m. Jeanot Bardottier joua de malchance dans la ligne droite puisqu’il dut d’abord être repris à l’intérieur de Kimberly Al afin d’éviter ses talons, puis à l’extérieur de Weiland pour trouver le passage. Le jockey mauricien trouva un adversaire de taille en Fayd’Herbe qui conserva l’avantage jusqu’au bout grâce à sa poigne. Forcé en épaisseur par Night In Seattle dans la dernière courbe, Burg conclut plus qu’honorablement, mais il se contenta de la troisième place.
Fayd’Herbe doubla la mise à l’issue d’un patient ride sur Recall To Life. Longtemps aperçu en avant-dernière position, le premier représentant de Gilbert Rousset se fit même déborder par Abington lorsque l’allure s’accentua à 600m de l’arrivée vu qu’il dut être repris dans le dos de Top Jet. Il fermait toujours le cortège à l’entrée de la ligne droite. Sa patience lui permit d’obtenir un passage à l’intérieur entre Rear Admiral et Ryder Cup pour dominer Roman Manner, qui avait hérité d’un parcours en or. En revanche, Mr Leyend eut une course difficile en troisième épaisseur à partir des 800m. Malgré sa légère charge, il ne fut pas en mesure de prolonger son effort jusqu’au bout. Top Jet courut également en dessous des prévisions. À sa décharge, il fut contraint de changer de trajectoire à environ 75m de l’arrivée.
Les commissaires avaient vu juste en ouvrant une enquête à l’issue de la monte peu convaincante de Derreck David sur The Deacon à l’occasion des débuts sur ce cheval lors de la douzième journée. Nous fûmes surpris de l’absence de sanction à l’encontre de Derreck David et que les RS se soient contentées de noter les explications du jockey sud-africain et celles de Gilbert Rousset. Pour rappel, lors de l’enquête, Derreck David avait clamé que The Deacon était unone pacer. Hier, ce même cheval a sorti une belle pointe de vitesse dans la ligne droite finalement où il a littéralement laissé sur place ses adversaires, démontrant que David avait berné les commissaires lors de l’enquête. Pour revenir à la course d’hier, The Deacon avait surtout contre lui le handicap de sa ligne extérieure. Il fit un effort afin de contourner Avail et Billy Bonjangles avant de se placer sur les barres derrière Istiqraar qui tirait beaucoup. Par la suite, Fayd’Herbe attendit le poteau des 300m pour amorcer son attaque. À l’entrée de la ligne droite, l’issue ne faisait plus de doute tandis qu’à l’arrière, on ne luttait que pour les places. Hancock’s Dynasty dut changer de trajectoire vu que Billy Bojangles lui referma le passage à mi-ligne droite, mais le plus malheureux fut Viento Magico qui aurait pu s’adjuger la deuxième place s’il avait pu s’infiltrer entre Billy Bojangles et Istiqraar.
Les grandes ?premières
Simon Jones aura attendu son dix-septième partant pour ramener son premier vainqueur en tant qu’entraîneur. La délivrance vint de Parker qui réussit le bout en bout dans The Fanny Cup disputée sur 1600m. On se souvient qu’à sa dernière tentative, il n’avait pas été surclassé bien qu’il n’avait pas eu le loisir de dicter son rythme. De sa première ligne, Bhaugeerothee fit l’essentiel pour conserver l’avantage tête et corde sur Dawn Raid et Rebel’s Game qui n’insistèrent pas vraiment. Le danger vint de Cula, qui avait été condamné à suivre à l’extérieur de Carson City sur tout le trajet, mais après avoir pu souffler dans la descente, Parker sortit une deuxième accélération sous la conduite de Bhaugeerothee pour contrer cet assaut avec une certaine assurance. Dawn Raid obtint un parcours de rêve, mais il ne se montra pas assez percutant pour disputer la victoire. Quant à Carson City, qui termina sur une plaisante note, sans doute aurait-il pu jouer un rôle plus intéressant s’il avait pu se rapprocher dans la dernière courbe.
Certes, Van Der Scaler avait réussi plusieurs bons galops en compagnie des chevaux tels que Ryder Cup, Awesome Power ou encore Bulsara récemment, mais on craignait que les 1500m soient un peu longs pour ses réelles aptitudes vu qu’il n’avait jamais gagné au-delà des 1365m sur notre turf. Aussi, il était confié à l’apprenti Allyhosain qui n’avait jamais goûté à l’ivresse du succès. Ce dernier fut l’auteur d’une monte quasi-parfaite, profitant de sa première ligne pour conserver l’avantage de la corde, condamnant ainsi Captain Matthew, Leo’s Rush, Bright Shining et Young Royal en épaisseur sur le premier furlong. Le dernier nommé, qui avait hérité de la neuvième ligne, fut sollicité jusqu’au 1100m avant de pouvoir s’installer à la corde. Cet effort, Young Royal le paya dans la ligne d’arrivée. Dans le dernier virage déjà, pronostiquer en faveur de Van Der Scaler était possible vu la facilité avec laquelle il se rapprochait, tandis que ses rivaux étaient mis sous pression. Nous comprenons mal le choix de Bardottier de se rapprocher sur In The Frame dans la descente, alors qu’il savait qu’il aurait été forcé à faire les extérieurs. Interrogé à ce sujet, Bardottier dira qu’il s’était retrouvé plus en retrait que prévu durant le parcours et qu’en voulant se rapprocher en one off, il fut forcé en troisième épaisseur par Don’t Say Don’t qui déboita. Vu qu’il y avait eu lutte pour le commandement, il aurait probablement été plus judicieux pour lui de patienter jusqu’à la dernière courbe pour amorcer son attaque.