Une mise en demeure a été servie à la Wastewater Management Authority (WMA) par la Shan E Islam Association. Cette association qui gère deux mosquées dans la capitale craint de devoir fermer ses portes si elle est forcée à régler ses arriérés à la WMA. En effet, cette dernière a envoyé une correspondance à cette association lui demandant de payer ses dettes.
La mise en demeure soutient qu’en réclamant des frais aux institutions socioculturelles pour l’eau et le système de tout-à-l’égout, la WMA commet une infraction à la loi. « (…) The attempt to impose such charges on the mosques and other religious societies and other associations is a breach of their constitutional rights under Section 13 of the Constitution of Mauritius… », peut-on lire dans le document présenté à la presse jeudi après-midi par Me Nawaz Dookhee. L’association va plus loin en soutenant qu’elle ne pourra pas gérer les deux mosquées et que de ce fait, les deux seront fermées. La mise en demeure estime que les frais exigés par la WMA sont à l’encontre des droits dont bénéficient les centres religieux et autres associations socioculturelles. Or, selon l’association, les mosquées ont une fourniture d’eau gratuite qui remonte à l’Indépendance. Elle estime que la décision d’appliquer une charge pour le traitement des eaux usées par les centres religieux et pour ces deux mosquées est « unfair, irrational, unreasonable, badly thought and cause of unwarranted harrasments ».
La Shan E Islam Association soutient que des amendements apportés en 2016 ne font pas mention des charges qui doivent être imposées aux centres religieux. Elle estime que la décision de la WMA qui lui demande de payer ses dettes et arriérés va à l’encontre du droit des fidèles qui viennent prier. Selon les rituels, les fidèles sont appelés à se laver avant la prière.
La WMA avait donné un délai jusqu’au 17 septembre aux associations religieuses pour régler leurs comptes. Elle avait même évoqué des actions légales en cas de non-paiement. Le montant des dettes de l’ensemble des associations s’élève à Rs 26,3 millions. Plusieurs d’entre elles ont déjà reçu une correspondance de cet organisme. De plus, elles devront également payer les arriérés. Mais au niveau de la WMA, on souligne que la décision remonte à août 2002, soit un an après l’entrée en opération de l’organisme. Sulaiman Hansrod, président de la WMA, soutient au Mauricien que « c’est un manque à gagner pour nous car nous investissons beaucoup dans de nouveaux projets ». Le raccordement au réseau de tout-à-l’égout, dit-il, se fait gratuitement pour ces institutions. « Après les procédures de raccordement — qui sont un investissement massif pour nous — c’est tout à fait normal que ces institutions commencent à payer leurs redevances à la Wastewater Management Authority », dit-il. Selon les chiffres de la WMA, 195 institutions sont concernées par ce paiement sur un total de 259 raccordées à la WMA. Seules 64 payent leurs factures régulièrement.