Il est deux fois plus difficile pour une femme d’être en politique qu’un homme. C’est ce qu’a soutenu la ministre de l’Égalité des Genres, Mireille Martin, hier, à environ 80 femmes suivant une formation en politique dispensée par le National Women’s Council et le ministère de tutelle. Malgré les difficultés et les nombreux défis à relever, la ministre a vivement encouragé les femmes à faire de la politique afin qu’elles participent aux prises de décisions pour leur pays.
Mireille Martin a dressé un tableau de ce qu’est la vie en politique mais surtout en tant que femme en partageant quelques passages de sa carrière politique et en évoquant ses débuts. La ministre intervenait hier matin à l’ouverture d’un atelier de formation de deux jours à la politique de base à l’intention de 80 femmes.
Il existe plusieurs barrières et contraintes empêchant une femme de faire de la politique. Celles-ci proviennent non seulement de la société mais de la femme elle-même, a expliqué Mireille Martin.
Il s’agit, à travers cette formation, de redonner confiance aux femmes, explique la ministre aux journalistes. Beaucoup de femmes ayant les compétences voulues hésitent à se joindre à la politique, concède la ministre, tout en affirmant qu’il faut bien du courage pour embrasser cette voie, qui ressemblerait presque à un sacerdoce. « C’est une vocation », soutient la ministre.
Les critères que l’on exige ne sont pas les mêmes pour un homme que pour une femme, selon la ministre. « On ne demande pas à un homme s’il aura assez de temps pour s’occuper de sa maison et de ses enfants. On ne lui demande pas s’il connaît son sujet. On ne lui demande pas ses compétences ou s’il s’habille bien, mais aux femmes si », soutient la ministre. Les femmes, poursuit-elle, doivent souvent se battre contre elles-mêmes et contre les perceptions qui peuvent les handicaper dans cette démarche. Et de souligner la dimension des sacrifices encore plus importante pour les femmes. Malgré les différents défis à relever au quotidien, la ministre encourage les femmes à se joindre à la politique qui, rappelle-t-elle, est une des instances de prise de décisions et « kot zot kapav fer zot lavwa tande ». « Il n’y a pas d’âge pour entrer dans la politique, ce qu’il faut c’est la conviction et la capacité », lance-t-elle.
La persuasion
Il existe plusieurs niveaux dans la politique. Les femmes peuvent oeuvrer en tant qu’activistes, représentantes au sein des autorités locales ou comme ministres et députées. « Il existe plusieurs étapes en politique et chaque étape a sa bataille : celle de convaincre la population que vous êtes digne de la représenter ou de la convaincre d’élire le représentant politique pour lequel vous vous êtes engagée comme activiste », dit Mireille Martin.
La ministre plaide en faveur d’un changement de mentalités qui relève d’un gros travail de persuasion de la capacité des femmes à exceller en politique et par l’éducation des votants, résume la ministre, qui a également fait mention de l’amendement apporté à la Local Government Act par le ministre des Collectivités locales pour une meilleure représentativité féminine parmi les élus. Le gouvernement, indique la ministre, s’est donné pour objectif de former 300 femmes en politique cette année. Une première formation avait eu lieu en juillet dernier et cette fois-ci, l’initiative a été réitérée avec l’intention de quelque 80 participantes à travers un appel à candidatures.
Dans un autre ordre d’idée, Mireille Martin a annoncé un projet actuellement en préparation pour former les élus féminins sur la manière de s’exprimer et sur les standing orders du Parlement, des conseils municipaux, de district et de villages.