Le Women’s Forum Mauritius a pris fin hier soir au Sugar Beach Hotel avec une réception offerte par Turkish Airways. Clôturant les deux jours de conférence, la Présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, a estimé que le succès rencontré par cet événement constitue une démonstration que Maurice n’est pas uniquement une destination touristique. L’importance de la solidarité dans la lutte contre le réchauffement climatique a également été soulignée.
Des représentants de 41 pays ont fait le déplacement à Maurice à l’occasion du Women’s Forum Mauritius. La conférence a été marquée par des interventions de personnalités internationales, dont Laurence Tubiana, ambassadeur français responsable des négociations internationales en matière de climat, Nicolas Hulot, fondateur et président de la Fondation Nicolas Hulot, et Patrick Poivre d’Arvor, journaliste et écrivain.
« Maurice n’est pas uniquement le soleil et la mer. Nous voulons jouer pleinement le rôle de la clé et de l’étoile de l’océan Indien », a déclaré Ameenah Gurib-Fakim dans un dialogue avec la journaliste Crystal Anderson, qui faisait office de discours de clôture. La présidente a insisté sur l’importance de concevoir une stratégie cohérente par rapport à l’agriculture, la santé, l’efficience énergétique, l’eau et la sécurité alimentaire, qui, a-t-elle souligné, « sont au centre des préoccupations mauriciennes devant la menace de réchauffement climatique ».
Toujours au chapitre du réchauffement climatique, Ameenah Gurib-Fakim a observé que la priorité est de s’assurer qu’il y ait un maximum de pays qui ratifient l’accord de Paris. « Le nombre est encore insignifiant en ce moment », a-t-elle constaté, « après la COP 21 il est surtout question de la voie à suivre pour la COP 22 prévue à Marrakech en décembre de cette année ».
Ameenah Gurib-Fakim a plaidé pour le développement d’un esprit de solidarité sur le plan local, régional et international. S’agissant des SIDS, la Présidente de la République a souhaité un plus grand partage des meilleures pratiques dans les différentes îles. Ameenah Gurib-Fakim devait par la suite estimer qu’il ne faut pas tout mettre sur le dos des politiciens. « Les femmes se doivent d’avoir confiance en elles afin de devenir des “doers” », a-t-elle ajouté.
Intervenant en fin de matinée hier sur le thème “Coming together around SDG 6 water and sanitation”, la présidente de la République, qui est également coprésidente du High Level Panel of the United Nations on Water, a lancé un appel au secteur privé pour financer des projets visant à récolter de l’eau de pluie dans les écoles. « Maurice et le Mexique, qui coprésident ce comité, ont deux ans pour se pencher sur la question de l’eau », a-t-elle déclaré. Elle est d’avis qu’il faut identifier les lacunes, s’appuyer sur les meilleures pratiques et partager les connaissances pour pouvoir faire face aux effets du changement climatique sur l’eau. Il est important, a affirmé Ameenah Gurib-Fakim, de savoir si l’eau sera traitée comme « une commodité ou un droit humain ».
D’autre part, la Présidente a mis l’accent sur l’importance de l’éducation des jeunes sur la gestion de cette ressource. Dans ce sillage, elle indique qu’un projet de récolte d’eau de pluie sera lancé dans les écoles. Un appel en ce sens a été lancé au secteur privé pour son soutien. Ce projet de récolte d’eau de pluie constituera d’ailleurs un des points qui sera présenté à Budapest. Ameenah Gurib-Fakim précise que Rodrigues est aussi engagée dans ce genre de projet.
Malgré « la bonne image que dégage Maurice concernant l’accès à l’eau », la présidente dit constater que « les prévisions ne sont pas bonnes ». Le pays aura à faire face à ce “global stress” pour lequel on a besoin d’une “global solution”. Maurice, dit-elle, a déjà été confrontée à des inondations meurtrières et destructrices. « Il y a déjà un bouleversement à cause des intempéries », souligne la Présidente de la République.