Photo illustration

Le travail à la maison a permis à de nombreuses entreprises de poursuivre leurs activités pendant le confinement, subissant ainsi moins les impacts. Bien que déjà pratiqué depuis quelques années dans certains domaines, le concept semble avoir bien fonctionné et se pose désormais comme une vraie option même pour l’après-confinement dans un mois.

À Maurice comme ailleurs, le télétravail a soulagé beaucoup d’entreprises pendant le confinement. Au lieu de fermer provisoirement leurs portes, elles ont pu poursuivre leurs activités en demandant à leurs employés de travailler depuis leur maison là où cela était possible. Les boîtes de telemarketing, des sociétés de gestions, certaines sociétés de distribution de produits, des universités, la presse entre autres s’y sont mis à certains niveaux.

Succès.

S’il est difficile de mesurer le succès du concept Work from home, des représentants de quelques compagnies louent cette option qu’ils ont pu essayer. « Notre travail a été rendu plus facile et plus ‘entertaining’. Nous avons pu nous adapter, proposer les catalogues de produits en ligne et faire la formation de nouveaux agents en ligne. Les gens ont pu commander en ligne au lieu de le faire directement auprès des agents. Utiliser les outils informatiques nous a même permis d’augmenter la vente de nos produits », confient Malini et Alain Capiron, agents agréés d’une société de distribution de compléments alimentaires, produits de soins et d’hygiène personnelle.

PHOTO ILLUSTRATION

Julien Hoareau, CEO de Navitas, cabinet d’experts-comptables, de management de compagnies et de secrétariat juridique, explique lui aussi que l’option du télétravail a été un succès au sein de son entreprise. « Toutes nos équipes ont été en télétravail, 90 % de nos effectifs étaient opérationnels. Ça nous a permis d’assurer le business continuity. » Quant à Dominique Arlanda, Associate Director à la Middlesex University, elle confie que le télétravail « a permis aux activités de l’université de ne jamais être interrompues. Nous avons pu faire des réunions virtuelles. Nous avons mis en place un Help Desk pour les étudiants, on a pu répondre aux queries online. Nous avons même pu organiser des ‘mock exams’en ligne pour les élèves afin de voir comment ça se passe. »

Option de secours.

Six semaines après le confinement et à un mois de la reprise force est de constater que le concept a séduit plus d’un. « Le ‘Work from home’a été une option de secours pendant le confinement. Depuis 4 à 5 ans, ça se faisait déjà dans certains groupes avec l’accord de l’employé où ce dernier travaillait de chez lui un jour dans la semaine. Le téléphone et l’ordinateur deviennent le bureau de ces derniers. C’est très utile lorsqu’on a un enfant à la maison qui ne peut être gardé par d’autres personnes. On peut permettre à l’employé de commencer un peu plus tard et finir un peu plus tard, afin de lui permettre de s’occuper de ses enfants », soutient Thierry Goder, CEO d’Alentaris, agence de recrutement et de Ressources humaines.

Un des avantages du télétravail est qu’il permet de diminuer ou d’éliminer certains frais. « C’est très intéressant sur le plan financier. Par exemple, il n’y a pas d’utilisation du climatiseur au bureau qui est en même temps bon pour l’environnement », fait ressortir Domique Arlanda. « Ça peut permettre à un employeur d’éviter d’avoir un bureau physique s’il n’a que 3 employés par exemple », renchérit Thierry Goder. Julien Hoareau ajoute, lui, que « ça nous permet de continuer à recruter sans forcément devoir louer ou faire construire un autre local. Ça a aussi l’intérêt de diminuer ou d’éliminer le coût de transport. »

Déclic.

Il a cependant fallu s’adapter très rapidement et faire les ajustements nécessaires pour rendre possible ce concept. « Il y a eu besoin d’une adaptation surtout au niveau humain. Il a fallu motiver le personnel puisque les deadlines sont restés les mêmes. Il leur a fallu gérer un gros volume de travail en parallèle avec les enfants », indique Julien Hoareau. « Nous avons appris à nous adapter puisque nous nous sommes retrouvés pendant le confinement à faire ce travail uniquement en ligne », dit Malini Capiron.

Beaucoup comptent profiter de cet essai qu’ils jugent concluant et avoir recours au télétravail au-delà du confinement. Alain Capiron pense que la reprise de leurs activités après le confinement, se fera d’avantage en ligne. « Beaucoup de personnes ont constaté que c’était beaucoup plus simple de passer les commandes de la maison et se les faire livrer. » Julien Hoareau confie que le sujet du télétravail sera abordé à la rentrée au sein de son entreprise. « On va certainement demander aux gens de travailler de chez eux 2 à 3 fois par mois pour keep in touch pour parer à une éventuelle nouvelle situation comme celle-ci. » Thierry Goder est convaincu que « Le déclic a eu lieu. C’est une vraie option. D’autant plus que, vraisemblablement, nous n’allons pas tous reprendre en même temps. Le télétravail sera une option très intéressante. »

Par contre, comme le fait ressortir Thierry Goder, certaines conditions s’imposent pour rendre possible le télétravail. Notamment la question de confiance. « Il y a des conditions sine qua non pour que le télétravail devienne possible notamment la relation de confiance entre l’employeur et l’employé. Les deux doivent jouer le jeu. C’est lié à la culture de l’entreprise. Il faut aussi que l’employé ait un débit d’internet suffisant et les équipements adéquats. »